
Voilà Paul m'annonçant le décès de ce grand chef classique à souhait. Son restaurant Greuze, en d'autres mains maintenant, à Tournus, était un arrêt quasi-obligatoire pour tout amoureux gastronome. L'arrêt dans cette maison suivait l'arrêt précédent au Petit Truc de la belle Edith Remoissenet à Vignoles, près de Beaune, et avant l'arrêt suivant chez Bocuse ou Point : toute une époque !
Une image en hommage à ce grand Monsieur !
Pour traiter ce second volet des relations « propriété-négoce » à Bordeaux, notamment sous l'aspect du futur du négoce, nous avons eu deux entretiens : l'un avec avec Monsieur Pierre Antoine Castéja, co-propriétaire de la maison Joanne, l'autre avec Monsieur Bernard Guibert, directeur de la maison Sovex Woltner.
Si Joanne est clairement orientée vers les « grands crus », Sovex Woltner est l'exemple même d'une maison à trois étages : grands crus, haut milieu de gamme, et vins de base.
Joanne
Tout amateur de vin se doit de passer une journée à visiter un tonnelier. Suivre l'évolution d'un arbre de sa découpe en douelles à la finition d'une barrique ou d'une cuve est un moment de pur bonheur. C'est faisable, sur rendez-vous.
Qui sait qu'avec un seul arbre on ne peut réaliser que deux ou éventuellement trois barriques ? Qui sait à quel point le vieillissement des douelles fait la véritable richesse d'un tonnelier ? Qui sait à quel point des bois différents, d'origine différente (grain ± fin) peuvent largement influer sur le développement d'un cru, sachant que l'idéal est bien sûr que le bois neuf laisse une préséance au vin ?
Monsieur et Madame Perse Senior ont eu la bonne idée de mettre au monde, il y a juste 60 ans, un fils répondant au prénom de Gérard.
Cela fut fêté dignement ce jour plein de soleil sur St-Emilion où on a pu à la fois déguster Monbousquet et Pavie sur plusieurs millésimes (2003/2005 et 2000 à table), assister au début d'une vendange de la parcelle devant le château et constater l'impressionnante rapidité et surtout efficacité de la trieuse électronique. Les grappes se transforment à vitesse grand V en petits grains tout mimi style caviar ou perles noires.
Né en 1949, Gérard Perse nous rappelle que c'est l'année du premier magnétophone, du premier journal TV par Pierre Sabbagh (ortho ?), des premiers 45 tours, de la célébrissime Deusche qui vous renvoie à Neuilly tous les 4*4 incapables de survivre sur un champ de betteraves . Toute une époque…
Quelque part, l'individu est une bonne représentation de l'homme dans toute sa complexité. Capable durant toute une soirée de ne pas parler à sa voisine (pourtant belle fille) qui n'y connaît que couic en vins et tout aussi capable de petits gestes totalement inattendus, sobres, discrets, plein d'attention et d'affection.
Dans son amour du beau, il y a du japonais en lui. Ayant connu plusieurs de ses nombreuses résidences successives, j'y ai chaque fois remarqué un besoin très net de sobriété, de beaux produits simples et rares, sans sophistication inutile, ce besoin de créer une atmosphère zen, sans jamais tomber dans une simple copie ridicule d'une culture que nous ne faisons que d'effleurer.
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