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Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Les A et B du classement de Saint Emilion

Samedi 26 Novembre 2016, 14:03 GMT+2Par GjeCet article a été lu 2727 fois

Dieu sait combien de fois on peut faire la moue en lisant des commentaires de dégustation, que ce soit à la RVF ou ailleurs, tant les mots utilisés sont éloignés d'une approche hédoniste, manquent de sentiment réel et se veulent assez abscons pour faire bêtement sérieux.

Ce jour, en lisant (n° de décembre/janvier 2016/2017 de la RVF) page 168 et suivantes un article long et complet sur les Premiers, A & B, du classement des saint-émilions par Pierre Citerne, je suis totalement subjugué par ses mots. Non seulement il écrit avec intelligence et une véritable connaissance de ce que doit être un Très Grand Vin, mais derrière chaque mot, il y a un coeur, un sentiment, une dimension rare. Une écriture de référence.

Certes, c'est avant tout son point de vue, mais, un peu étrangement, on sent qu'il laisse une liberté d'opinions diverses à sa vision, à son appréciation des choses.

Voilà une signature de tout premier ordre dans laquelle on retrouve cette sensibilité que m'a apprise Michel Bettane. On est si loin des poncifs habituels !

Lisez ce qu'il dit sur Ausone, Troplong-Mondot, Cheval-Blanc et autres : de petites merveilles avec des mots justes, sans fioritures et sachant toucher l'amateur soucieux d'authenticité.

Pierre-Olivier Clouet, de Cheval-Blanc, a eu ce type d'impact lors de son atelier à Villa d'Este où il a simplement subjugué son auditoire par cette fusion réelle qui existe entre lui et la propriété. Comme Sandrine Garbay sur Yquem. Des pointures incontestables.

Il est clair que le monde étroit des Très Grands Vins exige un supplément d'âme que, finalement, peu de gens ont. On retrouve là l'esprit d'un Istvan Szepsy, d'un Helmut Dönnhoff, d'une Marie-Thérèse Chappaz, d'un Raphaël Coche-Dury, d'un Eric Rousseau (avec là un humour supplémentaire), d'un Frédéric Mugnier (toujours trop sérieux), d'un Anselme Selosse (deux coeurs sur chaque main) et bien sûr de quelques autres que les amateurs ont en tête.

Oui, oui : je sais ! J'eus dû ajouter le si redoutable Emmanuel Reynaud que je rapproche encore trop du fascinant Méfistophelès de Charles Gounod. Il me manque encore quelques moments de sa fréquentation hasardeuse.

:-)

Finalement, et les Producteurs venant à notre événement italien de novembre en sont une preuve éclatante, la création de Très Grands Vins exige de la part de leur initiateurs à la fois une modestie de référence qui n'a aucun besoin de s'afficher : - elle est naturelle -, et un orgueil intérieur résolument contenu.

Ce sont des seigneurs qui n'oublient jamais à quel point la terre qu'ils ont en location ou en charge reste une maîtresse exigeante, mais capable de leur donner avec une folle générosité, des exaltations rarissimes, des moments de pure émotion qu'ils aiment alors partager avec de vrais amateurs.

On ne remerciera jamais assez des hommes comme Aubert de Villaine, notre Maître à tous en la matière, qui ont cette folle passion de leurs vins au point de prendre le risque total d'affronter 94 amateurs, venus du monde entier, en leur offrant une leçon de vie où histoire et culture se marient, le temps d'une soirée, aux aléas de la création de ces Très Grands Vins.

Un grand merci à ces vignerons de l'exception, du plus que beau, qui se lèvent chaque matin avec l'exigence de la recherche de la perfection.

LE CLASSEMENT DE PIERRE CITERNE (© RVF et Pierre Citerne)

En n'oubliant jamais qu'il s'agit là du point de vue d'un grand amateur de premier rang, lequel, jamais, n'impose une opinion mais garde toujours en tête les impératifs de ce que doit être un Très Grand Vin (expression et respect d'un terroir, finesse et richesse, complexité et surtout capacité de vieillissement), voici donc son propre classement des 18 du classement de 2012 (toujours contesté, à ma connaissance, auprès de divers tribunaux) :

CHATEAU AUSONE : le seigneur incontesté de Saint-Emilion

CHEVAL BLANC : retrouve son rang auprès d'Ausone

FIGEAC : la singularité proverbiale de Figeac impressionne

BELAIR MONANGE : les riches et nouvelles heures

CLOS FOURTET : l'ascension captivante

LA MONDOTTE : vigueur et prestance innée

ANGELUS : un style qui sonne toujours aussi juste

CHATEAU LA GAFFELIERE : sur les sentiers de la gloire

TROTTE VIEILLE : le classicisme est indémodable

CANON : fait entendre sa différence

CHATEAU PAVIE : pour s'affirmer très grand, doit offrir du plaisir

CHATEAU PAVIE MACQUIN : pionnier de la biodynamie

BEAUSEJOUR HDL : le grand saint-émilion terrien

BEAU SEJOUR BECOT : séduit grâce à un élevage affiné

LARCIS DUCASSE : ou la capiteuse exubérance du merlot

VALANDRAUD : un trublion dans la cour des Premiers

Ce sont là les entêtes de Pierre Citerne, et l'amateur aura constaté en lisant ces pages à conserver à quel point un homme comme Stéphane Derenoncourt (GJE) a participé depuis des lustres à cette aventure des plus grands noms de cette appellation.

Encore merci à Pierre Citerne d'avoir trouvé les mots justes, les sensibilités d'écriture qu'exigent ces vins de référence.

IMAGE DU JOUR (©NYT)

ùiojoù^

Très difficile ne point sourire

:-)

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Mauss répond

Suite à un gentil message de circonstance que m'envoie notre ami piémontais Nicolas Herbin, je cite :

"Tu fais pas des blagues sur les communistes, aujourd'hui, François ?

;-)

Je peux lui dire que pour ce décès pour lequel je ne verserai point de pleurs, celui du sieur Castro, je me suis permis ce midi d'honorer la Famille Duboscq avec le Haut-Marbuzet, apprécié de ce dictateur, millésime 2010 de toute beauté.

Voilà ce que j'ai écrit à ces amis du nord médoc :

- Castro avait quand même un minimum de goût en appréciant Haut-Marbuzet.
- le 2010, bu à midi est simplement l’exemple majeur de ce qu’est un VRAI beau vin de Bordeaux. Le genre de vin qui ne pose aucune question, qui se boit avec le minimum de respect dû mais, en cachette, avec un plaisir quasi coquin ! On a le droit de le dire : une gourmandise :-)

Et comme Bach m'envahit avec la Messe en Si, tu comprends, Nicolas, à quel point les plus grands sont les plus modestes.

Samedi 26 Novembre 2016, 14:29 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

HORS SUJET… quoique…

… suite à un commentaire non publié, puisque venant d'un anonyme.

De Diderot, dans "Pensées philosophiques"

""[…] je compte sur peu de lecteurs, et n'aspire qu'à quelques suffrages. Si ces pensées ne plaisent à personne, elles pourront n'être que mauvaises; mais je les tiens pour détestables si elles plaisent à tout le monde."

Cité en première page d'un livre que m'a recommandé un mien ami :

"Le Regard du singe."

Vivement recommandé.

Samedi 26 Novembre 2016, 19:15 GMT+2 | Retour au début

Guire dit

"mais je les tiens pour detestables si elles plaisent à tout le monde"
Hier soir, en bonne compagnie, je sers un Clos Vougeot mature dont le propriétaire importe peu dans ce qui va suivre. En effet, comme souvent avec ce climat et quelque soit le vigneron, les avis sont partagés autour de la table. La discussion s'enflamme.
Les esprits s'échauffent.
Je sers alors un Echezeaux de la même année d'Emmanuel Rouget. Dès lors les interjections se calment. La connivence s'installe. Le plaisir se partage. Ce vin plait à tout le monde. Il apporte la paix et harmonie. Un peu comme le dernier concert d'Horowitz à Moscou .
Doit-on y trouver quelque chose de détestable?

Dimanche 27 Novembre 2016, 17:10 GMT+2 | Retour au début

Freewind33 dit

Bonjour, il semble que la distinction « A » soit bien dans les textes du JO, par contre la « B » n’existe pas. Autrement dit, officiellement, il y a les premiers grands crus classés, parmi lesquels 4 ont obtenu la distinction « A ». Le liens est ici www.legifrance.gouv.fr/af...

Dimanche 27 Novembre 2016, 18:17 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

@ Guire : vous avez raison : ce point de vue de Diderot que lui-même aurait restreint à l'expression d'idées ne peut s'appliquer à tous les domaines, notamment ceux, comme le vin, associées à l'individualité de palais ou la musique lorsqu'elle va au-delà des descriptions pour toucher le domaine de l'émotion.

@ Freewind33 : vous avez raison : on ne dit plus des "B". Mais gardons en tête que ce classement est toujours en attente de jugements juridiques suite aux plaintes déposées à son sujet. Vous aurez remarqué, sur des millésimes récents d'Ausone (dont le 2012 illustrant l'article RVF), que cette mention de classement n'est plus imprimée sur l'étiquette.

Et vu les complications de ce dernier classement, il n'est point sûr qu'il ne devienne, de fait ou en droit, définitif sans remise en cause dans dix ans.

Dimanche 27 Novembre 2016, 19:29 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

HORS SUJET POLITIQUE :

Jusqu'à quel point l'électorat de François Fillon acceptera qu'il adoucisse ses propositions afin d'être effectivement le futur Président ?

Ou, plus prosaïquement, jusqu'à quel point lui-même acceptera de mettre des bémols sur ses engagements de la campagne des primaires ?

On peut croire, là encore, que les médias type Barbier, continuant à se barboter dans les eaux parisiennes du méli-mélo politico-media, vont tout simplement louper une évolution profonde de la France hors quelques arrondissements parisiens qui pensent pouvoir toujours être propriétaires de la direction du pays.

Il suffit, pour le monde des vignerons, de lire l'édito de jean-Robert Pitte dans le n° de décembre de la RVF.

Va savoir, Charles ! :-)

Lundi 28 Novembre 2016, 18:41 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

POLITIQUE 2 :

Un raisonnement qui vaut ce qu'il vaut, c'est à dire pas grand chose aujourd'hui, mais :

Il est impératif que Le Pen n'arrive pas au second tour car, dans ce cas, si Fillon est de l'autre côté, la gauche dira qu'elle a voté "républicain" pour éviter que Le Pen passe et donc que l'élection de Fillon ne sera pas totalement légitime à défaut d'être majoritaire. Le réel pouvoir de Fillon serait alors réduit en peau de chagrin.

Il faut donc, pour éviter ce problème potentiellement majeur, que la gauche présente un super-candidat capable, au premier tour, d'arriver avant le Pen pour que le deuxième tour soit "républicain", à savoir Fillon contre ce représentant de la gauche.

… on n'est pas sorti de l'auberge vu les egos déments qui se développent à gauche !!

Mais il est évident que c'est bien Fillon qui est le plus capable de pomper des voix à Le Pen.

A suivre !

Mardi 29 Novembre 2016, 19:49 GMT+2 | Retour au début