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Le monde du grand vin

Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Deux journées en Loire (4)

Mercredi 11 Mai 2016, 18:11 GMT+2Par GjeCet article a été lu 1061 fois

C'est la saison des asperges, et là, elles sont royales au Domaine de la Charmoise de la Famille Marionnet. Clairement, une table valant le voyage, vins compris comme on s'en doute.

:-)

On l'a répété souvent sur ce blog, les gamay de cette propriété, particulièrement le Première Vendange, sont un must pour tout amateur de vins sur le fruit, sans soufre, avec en sus des blancs comme cette toute belle cuvée M, qui peut en redire à tant de vins qui sont bien plus chers.

ùkjù
Les Marionnet, Père & Fils
 
Ici aussi, un petit mâchon en apéritif, histoire de découvrir des crus récents. Belle discussion autour des vins pré-phylloxera, le Domaine ayant plusieurs cuvées de ce type.
 
La mauvaise nouvelle du jour : les vignes récemment créées au Château de Chambord, et sous la responsabilité Marionnet, ont été totalement gelées ! Il y a vraiment de gros dégâts en France cette année ! 
 
La discussion nous emmène en Savoie où un couple d'âge canonique continue, tout doucement, à entretenir une vigne historique à base du cépage moyen-âgeux, le Gouais : ICI
 
Impressionnante photo de cette vigne où il faut une échelle pour cueillir les grappes ! 
 
$ou^
Cette vigne occupe un arbre auquel elle n'a demandé aucune autorisation, mais la nature n'a cure de telles choses : elle s'adapte !
 
$i$
Un beau foullis, certes, mais quelle page d'histoire !
A rapprocher du rarissime Gringet que travaille si bien Monsieur Belluard, toujours en Savoie
 
Le vin issu de ce Gouais n'a rien d'un sommet bacchusien. C'est du rustique, du style : "J'ai connu une polonaise qui en prenait au petit-déjeuner". Mais il est là, tout seul à survivre près du lac Léman. L'UNESCO devrait se pencher sur sa sauvegarde.
 
Bien : passons à table où, c'est une habitude quand nous passons au Domaine, deux vins furent servis à l'aveugle.
 
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Une leçon de verres
 
Les Marionnet ont toujours gardé - mais plus pour longtemps, je vous l'assure - le verre INAO, ce riquiqui qui a eu ses heures de gloire, mais qui a le redoutable défaut… de marquer certains problèmes tel que, cette fois-ci, la mise en avant du bois ! Simplement incroyable.
 
Je m'explique : à la première gorgée, sur l'Echézeaux, à l'aveugle, un bois dominant effaçant tout le reste. Certes, on sent un grand vin, mais que dire !
 
Laurent Vialette, à l'étonnement de tous, nous dit immédiatement que c'est là un bois de François Frères et ajoute in petto qu'il s'agit d'un cru de la DRC comme l'est le Corton*. Pour les deux vins, ce gamin redoutable trouve également sans hésiter qu'on est sur le millésime 2006. Horreur et damnation ! Jamais je ne peux accepter que ce soit un vin de la DRC !
 
On fouille les armoires, on sort des Spiegelau créés en son temps par Laurent Vialette et Jean-Pierre Lagnau que j'avais portés il y a quelques années, et là, impressionnant, cette dominante de bois a pratiquement disparu ! Plus que jamais, amis bacchusiens, n'oubliez jamais le rôle fondamental du verre, aussi essentiel que celui de la température. Une leçon de chose.
 
Mine de rien, chapeau à Laurent Vialette qui a reconnu le tonnelier (faut le faire), le Domaine, le millésime et est resté mordicus sur son analyse alors même qu'on commençait à le moquer ! J'en mange encore ma casquette !
 
Alors oui : qu'un professionnel ait besoin d'un tel ustensile pour ses travaux d'analyse : soit. Mais nous, grands buveurs devant l'éternel, nous devons impérativement faire très attention au service des verres.
 
pôu^
Le bon et le mauvais, côte à côte : gee ! Quelle différence !
 
Revenons à un vin du Domaine qui casse la baraque : 
 
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Un bijou. Une classe immédiate, un cru à mettre impérativement en cave.
 
Ah oui : le Vinifera 2006 ? Simplement une amplitude, un vin complet sans aucun reproche : un Du Guesclain en bouteille.
 
Vous voilà sachant tout du Domaine Marionnet : impératif de commander :
 
- Le blanc cuvée M
- Le Première Vendange
- Le Vinifera
 
PUB :
 
Depuis le temps où Jean-Pierre Lagnau et Laurent Vialette travaillaient pour Spiegelau, ces deux partenaires ont créé leur propre collection de verres sous la marque ROYAL GLASS et maintenant disponible chez AMAZON :
 
- Modèle Master Prestige : ICI
- Modèle Ultima : ICI
 
Faites des dégustations comparatives ! En fonction des vins choisis, vous pourrez constater à quel point le choix des verres est important ! Là, ce sont des verres qui vont en machine et qui restent à prix décent, eu égard aux grandes marques de prestige où on paie avant tout le nom.
 
Hélas non : je ne suis pas commissionné : va falloir que j'apprenne à le faire
 
:-)
 
* : les amateurs savent que ce n'est qu'en 2009 que la DRC a produit son premier Corton : mais notre Laurent national ne réussissant pas à mettre sur ce vin un des grands crus de la Côte de Nuits du Domaine, a oublié cette chronologie et a voulu forcer le destin en insistant sur cette bizarrerie que fut cet Echézeaux dans ce verre INAO.
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Mauss répond

Pour se rendre compte des dégâts du terrible gel qu'a connu cette année la Bourgogne, lire cet état des lieux mis sur LPV :

lapassionduvin.com/phorum...

Jeudi 12 Mai 2016, 04:11 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Le verre INAO créé par A Vedel et J Tourmeau naît en même temps que l'analyse sensorielle et se met à son service pour privilégier la dimension olfactive du vin. L'étude strictement analytique des odeurs du vin tend a dissocier les éléments, ce qui perturbe les facteurs multiples de cohésion qui structurent la dégustation. Ces verres privilégient la dimension organique du vin et tout ce qui a des odeurs, et accentuent le "cri" des odeurs, du cépage et de tous les adjuvants aromatiques apportés par les intrants œnologiques. Le brûlage du bois, nécessaire au ceintrage du fût, à bien sûr une odeur, surtout quand le tonneau est neuf et quand le vin est jeune. Normal donc que l'Echezeaux 2006, encore jeune, élevés dans un fût neuf, marqué encore par son brûlage ( Et les François accentuent celà !) exhale son arôme de bois dans le verre INAO.
Bien sûr monsieur Fuster contestera cette analyse puisqu'il est œnologue de type interventionniste et pratique l'analyse sensorielle.
Heureusement nous disposons aujourd'hui aussi de verres qui privilégient la dimension géo-sensorielle du vin et qui valorisent le toucher de bouche.

Jeudi 12 Mai 2016, 10:41 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Jacky : cette histoire de verres est simplement fascinante !

Là où Laurent a reconnu immédiatement les barriques "François" et le millésime 2006 le voilà parti sur Corton (qui n'existait pas à cette date), son esprit refusant d'y plaquer un autre GC du Domaine… en oubliant qu'il faisait quelque part une erreur de chronologie.

C'est dire la confusion que donne ce verre INAO.

Par contre, dès que le vin fut servi dans les Spiegelau, le bois a pratiquement complètement disparu ! Dingue !

Purée ! Heureusement qu'on a jamais utilisé ce verre INAO au GJE : on serait passé pour des charlots !

Qu'il soit pro, ce verre, warum nicht ? Mais alors que le consommateur utilise d'autres contenants, comment pourrions nous comprendre un point de vue "pro" basé sur ce verre INAO ?

Et puis, ayant un nez ayant une dimension correcte, ce riquiqui sans élégance, très peu pour moi ! Au vestiaire avec une médaille d'ancien combattant si tu veux.

Jeudi 12 Mai 2016, 10:53 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

On lira avec intérêt - c'est en anglais - un article intéressant dégoté par OLIV sur LPV, traitant du rôle, de l'influence du nom d'une région sur la capacité des producteurs à pouvoir augmenter leurs prix.

Exactement le problème actuel de la Loire.

www.academicwino.com/2016...

Vendredi 13 Mai 2016, 12:01 GMT+2 | Retour au début

Gregv dit

Le verre INAO est de loin, l'un des pires qui soit pour la dégustation. On le voit malheureusement encore trop souvent sur salons, ou chez les producteurs et cavistes.

Mardi 17 Mai 2016, 14:09 GMT+2 | Retour au début

On me fait amicalement savoir que Mr Rigaux me poursuit, ici aussi de ses assiduités.

Je lui ferai donc savoir que, en dépit de ce que l'on peut penser en lisant mon blog, je suis un charmant garçon, d'une rare amabilité. Mais que je suis d'autant plus aimable qu'on l'est avec moi et que, surtout, on évite de trop raconter de conneries sur ce que je suis et fais.

Or je ne crois pas que Mr Rigaux ait eu l'occasion de goûter les vins de producteurs qui m'ont fait le plaisir d'écouter mes conseils d'oenologue, ni de de discuter avec eux.
En conséquence de quoi je serai reconnaissant à Mr Rigaux de bien vouloir arrêter de raconter des conneries sur ce que je suis, fais ou ai pu faire (je sais : cela lui sera difficile, mais l'effort n'en sera que plus méritoire).

Jeudi 19 Mai 2016, 00:13 GMT+2 | Retour au début

Pierre dit

M Furster, ce qui fait la force de M Rigaux c'est qu'il a des certitudes , il ne doute jamais, c'est ce qui fait sa force, lorsqu'on lui demande si il serait en mesure de faire jouer à fond sa géo-sensorialité sur 5 riesling dégustés à l'aveugle, il ne répond pas: il sait rester digne, mais il en aurait des choses à dire, ça c'est certain. et ceci même si 99,99 % des amateurs de vins se fichent de la géosensorialité (si tant est qu'elle existe) comme de l'an 40

Jeudi 19 Mai 2016, 09:53 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Depuis le temps que je dis qu'on doit retourner aux fondamentaux :

- déguster le vin pour ce qu'il est et doit être : un produit de consommation apportant plaisirs et même parfois émotion

- et donc employer des mots compréhensibles par tous dans ce registre "plaisir-émotion"

- sans oublier pourtant que, comme dans tous les domaines, l'aide d'un Maître peut permettre de mieux comprendre, de mieux apprécier sans jamais oublier le rôle de l'homme

- et donc que ce Maître se doit de parler comme le recommande le poète :

Enfin Malherbe vint, et, le premier en France,

Fit sentir dans les vers une juste cadence,

D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir,

Et réduisit la muse aux règles du devoir.

Par ce sage écrivain la langue réparée

N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée.

Jeudi 19 Mai 2016, 12:37 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Achtung hein !

Comme il est plus qu'intéressant de savoir comment travaillaient Léonard de Vinci et autres artistes florentins, à savoir sur panneau de bois (pourquoi ?) ou toile (pourquoi ?), comment il est utile pour mieux comprendre JS Bach de savoir les tâches auxquelles il devait se plier, apprendre comment tel ou tel vigneron, tel ou tel oenologue, tel ou tel "conseil" envisage le monde du vin, production et vinification, comment tout cela peut et doit intéresser l'amateur qui veut aller un peu plus loin dans sa connaissance.

Mais là, surtout éviter de tomber dans des ukases d'écoles et toujours se souvenir qu'il y eut une époque où on faisait de sacrés grands vins sans avoir un centième des connaissances d'aujourd'hui.

Bref : restons avant tout modestes de modeste !

Jeudi 19 Mai 2016, 12:43 GMT+2 | Retour au début