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La machine à vendanger supérieure à la main de l'homme ?

Samedi 5 Septembre 2015, 09:26 GMT+2Par GjeCet article a été lu 2500 fois
Dans toute l'Europe, on s'active à la préparation des vendanges et bien des régions ont déjà commencé. Ausone nous annonce un début pour le 14/15 septembre; Bizeul (ICI) est tout content et va avoir besoin de nouveaux qualitatifs (on gardera les superlatifs pour février/mars); et à Rollan de By comme à la Tenuta San Leonardo, on asticote menu-menu ces nouvelles machines à vendanger qui sont capables de performances plus qu'étonnantes.

Certes, il y aura toujours des régions où ce n'est pas demain la veille qu'on y verra des machines remplacer l'homme, comme les zones de montagne ou les appellations qui garderont encore longtemps l'interdiction de la machine. Mais là où elles sont permises, les derniers modèles montrent des capacités de collecte et surtout de tri qu'on aurait eu du mal à imaginer ne serait-ce qu'au début du siècle.

Là où de grandes propriétés avaient acquis ces nouvelles trieuses électroniques (qu'on montre avec fierté à la presse qui passe dans le coin), calculant un peu tout du grain avant de lui dire où aller, là où il fallait ajouter des grappes féminines pour finaliser cette sélection rigoureuse, on arrive maintenant avec des machines à vendanger qui arrivent à verser dans les containers adjoints, de superbes billes toutes mimi qui vont aller doctement faire leur travail délicat de fermentation. 

Bref : avec le travail dans la vigne qui reste l'essentiel pour faire un grand vin, le vigneron "grande surface" dispose maintenant d'outils particulièrement performants dont le coûteux achat devra être amorti dans le prix du produit final, bien entendu. Ça, il sait faire aussi…

:-)

L'autre avantage de la machine, c'est qu'elle n'est pas syndiquée et surtout qu'elle n'a pas à respecter un code du travail de 1.500 pages où on demande, par exemple, à ce que les vendangeurs soient dotés de chaussures de sécurité ou de conditions d"hébergement bien loin de ce que j'ai connu - sans qu'on réclame quoi que ce soit - dans les années 60/70 quand nos pantalons tenaient droit à côté du lit de campagne, durci par un sucre lequel, tôt matin, vous offrait des sensations… disons… inattendues.

… toute une époque…

En sus, les créateurs de ces impressionnantes machines - où on accède via une échelle de plusieurs marches : si, si -  ont été dotées de phares, de pilotages laser et cela ne m'étonnerait point qu'on puisse y disposer d'une belle chaîne stéréo pour remercier Jean-Sébastien Bach de son amour du vin, avec un casque couleur bordeaux. Je vous le dis : tout dans le détail pour ramasser que le plus beau, le plus sain, le plus rond, le plus mûr.

On va essayer de prendre quelques photos de ces robots nouvelle génération : il n'y a plus de honte à utiliser ces nouveaux outils imposants et à les montrer en action.

Et qu'on ne vienne pas me dire que voilà encore une source de chômage en Aquitaine ou Champagne : les vendangeurs nationaux ayant depuis belle lurette laissé leur place à de solides polonais, espagnols ou autres familles du sud qu'on respectera toujours comme il se doit.

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Cet article a été commenté 33 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Hervé Bizeul dit

L'abrogation dans l'indifférence générale du "contrat vendanges" qui permettait aux vendangeurs un peu plus de motivation a ajouté aux problèmes que tu cites un gros déficit d'attractativité. Ajoutons à ces abérations l'obligation de donner deux litres de vins aux vendangeurs, ce que l'on ne fait bien sûr plus sous peine de se retrouver menoté à un radiateur fissa si un vendangeur bourré en attaque un autre, se casse la jambe ou se met dans un fossé en voiture. Tout part bien sûr d'un bon sentiment mais quand on ne peut plus ni loger, ni nourrir, ni transporter des vendangeurs, disons que c'est compliqué...

La question de la machine à vendanger n'est plus la qualité de la vendange mais :
- la possibilité pour les vignes ainsi vendangées de vieillir 60 ans, si tant qu'on soit intéressé désormais par la chose
- l'impossibilité d'accès à certaines vignes (chemins, murs)
- les terroirs en pente ou en devers
- l'abandon du gobelet
etc... Mais sur la qualité de la récolte, les machines récentes (bien conduites, c'est important) équipées de trieurs embarqués sont assez stupéfiantes...
Le premier avantage, François, reste le prix...
C'est quatre à cinq fois moins cher... On voit bien que trop de charges tuent l'emploi, comme trop d'impôt tuent l'impôt...

Samedi 5 Septembre 2015, 11:48 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

D'abord merci Hervé d'intervenir alors même que tu dois avoir pas mal de choses à mettre en place pour les vendanges.

Ce que tu écris là est important comme informations complémentaires et cela est à compléter par la note de Jean Guyon que je viens de recevoir : pour lui, le côté négatif le plus sensible des machines, c'est que, parfois, elle casse des pieds… et avant qu'un pied ne reproduise une beau raisin, cela prend 6 ans au moins.

A rapprocher de ta remarque sur les 60 ans ?

Un oubli dans mon texte : à Tenuta San Leonardo, bien sûr, il n'y a pas de machines pour les vignes en "pergola". Disons qu'elles n'existent pas encore.

Jean m'enverra des photos fin septembre.

Samedi 5 Septembre 2015, 12:28 GMT+2 | Retour au début

Fredvik dit

Petit hors-sujet: je reviens sur San Leonardo (vins magnifiques, belle maitrise du Cabernet et du Merlot!) et vos vos récents périples dans la région. Je passe une semaine à faire des visites à la fin du mois dans la région de Trento et de Bolzano. Des restaurants à conseiller?

Dimanche 6 Septembre 2015, 10:45 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Sur le lac de Garde, simple et bon, avec buffet, le Punta San Vigilio.

Mais en allant sur le haut, vers Bolzano, je n'ai pas de référence récente.

Je vous conseille alors de suivre les avis de notre Partenaire, membre du GJE et ami depuis des lustres, Enzo Vizzari à cette adresse :

temi.repubblica.it/espres...

Et si vous n'êtes pas content, on lui dira, et il grondera les mauvais :-)

Dimanche 6 Septembre 2015, 11:02 GMT+2 | Retour au début

Fredvik dit
Jean - Sébastien Bachasable dit

Ok il y a de nlles machines hyper nlles, plus mieux meilleur, ok, je n’en doute pas qu’elles peaufinent leur jeu de jambe.

Ok il y a les coûts de la main de l’homme, la pénibilité du W et de sa gestion...

Mais svp ne mettez pas en doute que le respect de la vigne, de ses sols et la qualité de la vendange puissent être supérieur ou égale avec une machine! L’argumentation va etre complexe. Les plus grands s’ils veulent l’etre en tous points choisirons la main et l’oeil du bonhomme.

Ceci dit, je suis curieux de connaitre les réelles spécificités techniques et les avantages hypothétiques par rapport a la mimine.

Dimanche 6 Septembre 2015, 14:14 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Bon, d'abord, cher Monsieur, inutile de répéter dans votre anonymat le redoutable final "asable" : on n'en a plus besoin :-)

Votre remarque, par ailleurs est pertinente pour les sommets des vignobles européens comme les GC de la DRC ou les crus des Dönnhoff, Loosen et autres Sandrone ou Voerzio.

Mais nous n'avons jamais eu l'intention d'en faire une certitude générale pour tous, bien entendu. Il y aura toujours des terroirs à manueller et d'autres à techniciter.

Ce que je retiens des domaines utilisant ces nouvelles machines, c'est, qu'à l'aveugle, personne n'a ressenti, une fois en bouteille, une différence entre des raisins rentrés en machine et, sur la même parcelle, entrés en machine.

Avantage essentiel des machines : rendement nettement supérieur et donc vitesse de rentrer des raisins en bon état au pressoir; travail de nuit si besoin est eu égard à la météo du lendemain ou aux températures du jour suivant et, sans que ce soit un élément moteur, pas encore de machines syndicalisées ou astreintes à des fonctionnaires tatillons soucieux avant tout de défendre leur poste et donc leur source de revenus.

Dimanche 6 Septembre 2015, 18:44 GMT+2 | Retour au début

François,

Reste à concevoir la machine à vendanger le Erdener Prälat, pentu et spécifique (sélections sur plusieurs mois).

Je serai chez lui dans quelques jours ...
pour une superbe visite.

Dimanche 6 Septembre 2015, 18:55 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Une histoire à faire plaisir à Onfray cette pente dénommée Erdener Prälat !

Un évêque qui avait une attitude vis à vis de ses ouailles dépassant les bornes d'une acceptation de la vassalitude déjà très large, fut mené par ceux-là en haut d'une pente dolomitienne pour être jeté vers la douce Moselle coulant là tranquillement.

Ce redoutable prélat, probablement superbement amorti par une chair rondouillarde et bien grassouillette survécut à cette première chute.

Nos braves paysans, capables d'une seconde remontée avec ce corps amoché en haut de cette côte pentue ont remis à rouler ce représentant papal méritant les enfers des évangiles. Là, Satan l'attendait tout en bas, le prit en main pour l'éternité, et enfin, cette côte put produire un des plus beaux riesling de toute l'Europe. Et comme c'est Ernst Loosen qui le fait, je ne vous dis pas la qualité de ce pur chef d'oeuvre !

Les amateurs de l'Académie seront contents de proposer, d'ici quelques années, ces mots barbares issus d'un moment d'égarement : mea culpa.

Dimanche 6 Septembre 2015, 19:15 GMT+2 | Retour au début

Le Bernkasteler Doctor de Thanisch n'est pas mal non plus ...

Dimanche 6 Septembre 2015, 19:56 GMT+2 | Retour au début

Jean - Sébastien Bachasable dit

Si dame machine accepte de vendanger a n’importe quelle heure de la journée avec une réactivité de pongiste chinois, l’avantage peut se révéler très intéressant les années de fortes chaleur et de grèves indisciplinée

Dimanche 6 Septembre 2015, 20:11 GMT+2 | Retour au début

Au delà du cabernet et du merlot, la signature de San Leonardo, c'est le carménère.

à Isera, la casa del vino. Bonne table et toutes les références de la région du vallagarina.
En outre, c'est un hôtel très confortable.

Lundi 7 Septembre 2015, 10:29 GMT+2 | Retour au début

"ne mettez pas en doute que le respect de la vigne, de ses sols et la qualité de la vendange puissent être supérieur ou égale avec une machine"
Pourquoi pas ?

"Les plus grands s’ils veulent l’etre en tous points choisirons la main et l’oeil du bonhomme"
Tout dépend où l'on place le supplément de grandeur : dans la bouteille, ou bien dans la communication qui l'accompagne ?

"Ceci dit, je suis curieux de connaitre les réelles spécificités techniques et les avantages hypothétiques par rapport a la mimine"
Les spécificités techniques se trouvent aisément sur tel ou tel site marchand.
Pour le reste : certains éléments ont déjà été évoqués ici, je n'y reviens pas. On pourrait y ajouter que si la capacité de tri est réellement impressionnante (tant par sa précision que par sa rapidité) elle est, en outre, constante dans le temps. Ce qui n'est pas le cas de la mimine !
En outre, si les premières machines secouaient à tout va et ramassaient tout ce qui bougeait (et même une bonne partie de ce qui ne bougeait pas) des progrès considérables ont, depuis, été faits.

Pour le reste, peut-être en va t il de la machine à vendanger comme de la capsule à vis : il y en a de bien tristes et d'autres remarquables en tous points.
Peut-être leur seule réelle faiblesse est elle que certains les trouvent d'une insupportable modernité et/ou en font des tonnes à bon compte sur cette odieuse mécanisation déshumanisante ?
(Mais, en effet, en gobelet ça va être compliqué)

Jeudi 10 Septembre 2015, 17:09 GMT+2 | Retour au début

Oliv dit

Une parfaite illustration du problème :

"pour la première fois cette année, 60 % seulement du domaine seront vendangés à la main. Après des décennies de « résistance », le viticulteur baisse un peu les bras. « Ça me plaisait de donner du boulot aux autres et de maintenir la tradition. Mais c'est tellement compliqué de trouver des gens motivés », se désole le vigneron qui, cette année, fera donc appel à la machine à vendanger d'un prestataire extérieur. Sans gaîté de cœur, mais avec la certitude d'avoir au moins l'esprit tranquille.

www.lanouvellerepublique....

Jeudi 10 Septembre 2015, 19:40 GMT+2 | Retour au début

Oliv dit

Autre revers de la médaille...

"Une vingtaine de travailleurs d'origine saharaouie se sont rassemblés mercredi après-midi devant une entreprise girondine qui fournit des saisonniers aux viticulteurs du Bordelais, pour dénoncer leur emploi illégal, sans contrat de travail, ni fiches de paie."

www.larvf.com/,vendanges-...

Vendredi 11 Septembre 2015, 13:17 GMT+2 | Retour au début

Jean - Sébastien Bachasable dit

André Fuster,
Quel est le rapport entre cette question "Peut-être leur seule réelle faiblesse est elle que certains les trouvent d'une insupportable modernité et/ou en font des tonnes à bon compte sur cette odieuse mécanisation déshumanisante ?" et mon propos?

Tous les arguments que je lis ici apportent du raisin à mon pressoir. Pour faire court, les proviseurs d’établissements scolaires ont recourt a un logiciel pour établir le planning de l’année. Des dizaines de profs, de matières, de classes a ordonner avec subtilité. Et bien cette bécasse a mis 4 h de sport dans la même journée pour la même classe. Bref, une machine dans un champs est un outil par défaut, toujours. Qu’elles soient de mieux en mieux je n’en doute pas. Mais ne parlons pas de "recherche de qualité", "recherche d’avantages" serait plus judicieux.

Vendredi 11 Septembre 2015, 20:07 GMT+2 | Retour au début

Il ne vous aura pas échappé que je commence par "peut-être" et finis par "?" en vertue de quoi je ne pose de questin qu'à moi même et fais partager ce questionnement qui porte sur ce qui soustend - ou pas - votre propos au delà d'éventuels questionnements techniques.

Quant au planning : d'une part comparaison n'est pas raison et, d'autre part, lorsque vous vous exploseZ un doigt en essayant de planter un clou est la preuve de L4inefficacité de l'outil ou de l'iNcompétence de celui qui tente de s'enn servir ?

Lundi 14 Septembre 2015, 11:08 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Bel humour de début de semaine : merci Monsieur Fuster.

Lundi 14 Septembre 2015, 11:32 GMT+2 | Retour au début

Trop aimable

(désolé pour la saisie approximative et l'affreux "vertue" mais l'iphone est une plaie pour ce genre de chose)

Lundi 14 Septembre 2015, 11:38 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Cher Monsieur Fuster : vous ne pouvez pas savoir à quel point je compatis !

Les rares fois où j'ai dû utiliser avec mes doigts de pianiste manqué le "clavier" de mon iphone, vous ne pouvez imaginer le nombre impressionnant de gros mots que je peux grommeler !

:-)

Et dire que mes enfants mettent moins d'une minute pour taper proprement un texte qui me prend dix minutes avec plein de *£!(Ô¥‰ !!!!

Lundi 14 Septembre 2015, 11:43 GMT+2 | Retour au début

Sebastien dit

Le sous entendu idéologigue est parfois bien plus tenace dans l’interrogation conditionnelle que dans le propos qui l’a engendré. Bref ( non pas vous Bref), passons l’anecdote du logiciel. Mais Pour répondre à votre question: " L4inefficacité de l'outil ou de l'iNcompétence de celui qui tente de s'enn servir ?" Je dirai: Parfois ou mais souvent ET. En d’autres termes, le titre de ce fil à la Mauss provoc' est enfantin à développer. Non la machine ne sera jamais supérieur a la main de l’homme mais oui elle apporte de nombreux avantages d’ordre temporels et socio-économique. L’idéal serait des drones avec des yeux d’hirondelles et des pinces aussi caressantes et habiles que Dautricourt. Pas d’impact sur les sols et le bois, assurance de ne prendre que le mûr ou moins mûr car intéressant. Mais faut un geek de 14 ans pour le manier ce drone, pas sur qu’il veuille exercer ses talent à 5h du mat’ pour vendanger frais. Bon bah rien ne vaut des roumains compétents.

Mardi 15 Septembre 2015, 10:16 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

"L’idéal serait des drones avec des yeux d’hirondelles et des pinces aussi caressantes et habiles que Dautricourt."

Nicolas va beaucoup apprécier cette image inhabituelle.

Et il se trouve que le Prix remis l'an passé (€ 15.000) à Villa d'Este à un jeune américain, diplômé de l'école d'oenologie de Changins (Suisse), lui a permis de faire cette année une étude particulière des possibilités de drônes dans les vignobles européens.

On en profite pour remercier encore Monsieur Seydoux qui nous a offert cet outil et toute la logistique et informatique y associées.

Résultats de cette étude lors d'un séminaire en novembre à Villa d'Este. On vous dira tout :-)

Mardi 15 Septembre 2015, 10:41 GMT+2 | Retour au début

"Non la machine ne sera jamais supérieure à la main de l’homme"

Je mangeais hier midi chez des gens charmants qui sortent un vin en tous points remarquables pour lequel ils ne se posent pas de question métaphysique : c'est mieux ou on pense que çà peut être mieux ? on le fait.
Y compris la vendange. Mais pas que.

Pendant le repas nous avons évoqué les multiples problèmes que leur pose le recours à une troupe de 40 à 50 vendangeurs. Sans doute est ce pourquoi sur leur secteur ils sont les derniers à tout faire à la main (mais pas les plus cher, et sans contestation possible parmi les meilleurs, sinon les meilleurs).

Tout çà pour dire que je n'ai pas de souci avec la main de l'homme (l'Homme ?) et son efficacité. Il faut juste se souvenir que cela dépend, et pas qu'un peu, de la mimine et de l'homme auquel elle appartient.
Pour dire aussi que, pas loin, j'ai vu des machines fort modernes tourner et que j'ai été réellement bluffé par leur efficacité, leur rapidité et la reproductibilité de leurs performances. or tout cela, je doute que toute main humaine en soit obligatoirement et indéfiniment capable.

Mercredi 16 Septembre 2015, 18:52 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Déjeuner ce jour chez Jean-Luc Thunevin. On parle de ce sujet et il m'explique qu'actuellement le seul problème majeur est l'oxydation des fruits car - je ne le savais pas - dès qu'un raisin n'est plus sur sa grappe, ce qui est le cas avec la machine qui sépare les fruits de la grappe, il commence doucement à s'oxyder et naturellement pas doucement si le fruit s'écrase au fond de sa cagette.

A part cela, tout est bon dans la machine. Et même cela commence à être corrigé via de la glace carbonique.

Bref : la vendange à la main restera synonyme de haute couture, mais sans qu'il y ait vraiment un différentiel qualitatif que puisse ressentir les nez et les bouches professionnelles.

Jeudi 24 Septembre 2015, 15:48 GMT+2 | Retour au début

Edouard Verger dit

L'oxydation des baies ne sera pas résolue par un inertage de la vendange car faire baisser la température d'une baie n'empêche pas son jus de s'écouler et l'oxygène dissous sera sensiblement le même.
Dire que cet aspect est le seul qui puisse être négatif est une contre vérité. Il faut aussi comprendre que les batteurs les mieux réglés blessent la plante, que ces engins très lourds favorisent le tassement des sols et qu'ils sont inutilisables sur des sols très mouillés. Si le vendangeur ne doit jamais couper sous la pluie, il "passe" aisément sur des sols gras, dans les tournières étroites et les vignes à haute densité, dans les pentes très sévères et les plantations en foules...bref partout!
De par sa conception les machines enlèvent la possibilité de vinifier en raisins entiers dans les rouges et plus grave les blancs ne peuvent être pressurés en grappes entières sans aucun foulage et aucune trituration. De ce fait elles amplifient le recours au sulfitage pour protéger la vendange et augmentent sensiblement l'intensité des pressurages car les rafles sont drainantes...
Et je n'évoque même pas la pureté aromatique des moûts en raison des matières végétales résiduelles qui quoi que l'on fasse sont plus présentes mécaniquement.

Jeudi 24 Septembre 2015, 16:21 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

D'abord merci Monsieur Verger de suivre nos discussions trop souvent primaires pour un esprit pro comme le vôtre.

… néanmoins : il est évident qu'un vigneron qui veut ses rafles écartera de facto la machine comme celui qui a des vignes trop serrées ou trop pentues ou toute autre raison évidente.

Oui, les batteurs peuvent encore blesser, mais il semble qu'avec les toutes dernières machines ce ne soit plus le problème majeur.

En fait, toutes vos remarques sont totalement valables pour les vignerons qui se posent ces questions : mais quelle est leur proportion sur l'ensemble de la profession ?

Des producteurs comme Jean Guyon ont bien évidemment fait des tests réels : même parcelle à la main et à la machine, le même jour et vinification à part. S'il a choisi in fine la machine, c'est que la balance avantages-inconvénients était évidente pour lui, non ? Car il fait définitivement partie des zeus qui donnent priorité à la qualité.

Jeudi 24 Septembre 2015, 16:45 GMT+2 | Retour au début

Edouard Verger dit

Vous avez raison, ce sont des choix objectivables et user d'une vendange mécanique peut parfaitement se justifier sur de nombreux plans. Cela existe et les producteurs sont libres.
En lisant tout cela je me dis que "Nous" sommes vraiment rétrogrades à vouloir sélectionner des plants fins pour les planter à haute densité, à palisser haut pour préserver l'apex, à labourer avec mesure pour aérer les sols, à tailler méticuleusement pour rajeunir nos ceps et préserver nos vieux plants, à imaginer que nos grappes rentrées avec douceur n'apprécient pas qu'on les secoue, écrase, triture, arrache, éclate, dessèche. On peut évidemment imaginer qu'un tri de cuverie optique, un égraineur ou un bain de glycol autorisent des baies machines préservées et que tout cet arsenal technologique est aussi efficace que les sécateurs de vendangeurs éduqués.
A l'heure où le contrat vendange a été supprimé sans que personne ne bouge et où les MSA traquent les vendangeurs non déclarés avec force drônes et helicos pour décourager encore plus la haute couture que vous évoquez en nous enfermant dans un état ultra réglementé qui nous étrangle, faire le lit de la mécanisation à tout va ici est une sorte d'agression faites à mon travail quotidien de conseiller. Je sais bien que telle n'est pas votre volonté mais mesurez avec justesse les implications que ce modèle administratif génère. Toujours moins de bras pour toujours plus de roues et d'engrenages car la machine est "contrôlable".
Résistons.

Jeudi 24 Septembre 2015, 19:48 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Nous comprenons parfaitement votre argumentaire lequel, quelque part, fait un peu fi des coûts économiques par rapport aux rentabilités.

Que la DRC fasse ce travail minutieux de jardinage, que la redoutable Lalou Bize-Leroy plie ses volontés face à la nature qu'elle ne veut pas agresser, que Frédéric Mugnier ne cherche pas systématiquement à produire plus de grappes : tout cela est et sera de plus en plus une exception.

Cela me rappelle un oncle éleveur : il avait une bête qui était seule dans le parc. On lui demandait pourquoi ? Sa réponse : auto-consommation.

Regardons ces Chefs qui créent leurs propres jardins ou n'ont pas peur - vu leur clientèle - de payer une fortune carottes et navets cultivés comme du caviar.

Alors oui, gardons et protégeons ces fondus graves des qualités extrêmes : il en faut, ne serait-ce que comme témoins.

Mais si des dégustations comparatives n'arrivent pas à identifier "manuel" et "machine", où est le problème ?

Jeudi 24 Septembre 2015, 19:59 GMT+2 | Retour au début

Edouard Verger dit

Quelques mots entre deux suivis de récolte... Dont deux sont mécaniques.

Des producteurs sérieux qui affirment que la machine fait un travail aussi qualitatif que la main, il y en a mais au moins aussi nombreux sont ceux qui pensent le contraire. Ce n'est donc pas un argument. Le coût d'une machine est conséquent et si elle remplace environ 15/20 coupeurs, il faut 10 années pour l'amortir, le gain n'est pas si conséquent que cela et surtout "la bête" impose des réglages journaliers, des replantations plus fréquentes et une pollution évidente.
Affirmer que deux moûts pourraient être identiques est une contre-vérité tant les notes herbacées et les profils phenolés transparaissent à la dégustation des décuvages pour des professionnels avertis. Surtout dans les millésimes difficiles. Je n'évoque même pas les légendes propagées par les constructeurs et les utilisateurs au sujet de la capacité de l'engin à ne prendre que les baies mûres et non altérées. Une simple arnaque.
Bien réglées et menées avec douceur elles font du bon travail sans plus... On est très loin de l'excellence recherchée dans les bouteilles de haut niveau.
Méditez aussi sur les raisons qui conduisent une région aussi permissive sur le plan de la législation que la Champagne à refuser son emploi car elle n'est pas en mesure d'assurer une protection suffisante contre l'oxydation et car les triturations tachent les moûts...
Cela dit chacun est libre.

Samedi 26 Septembre 2015, 17:13 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Nous comprenons parfaitement vos commentaires et remarques.

Simplement : en dégustation à l'aveugle : vous pouvez me dire si le vin A est vendangé en machine et le B à la main ?

Ou, quand vous aurez les résultats de cette dégustation, et que le "machine" sort mieux que le "mains", vous dites quoi ?
Tout cela est complexe, mais, bien sûr, pour le haut de gamme et aussi dans les classés pour l'image (quoique), la "main" restera toujours supérieure au moins sur un plan sentimental et certainement pour une DRC ou autre Mortet, une ardente obligation qui ne souffrira aucune discussion.

Bon : allez chez Jean Guyon qui n'est pas vraiment porté à faire des vins médiocres et argumentez in situ. Je serai là car ça sera très intéressant !

Samedi 26 Septembre 2015, 18:06 GMT+2 | Retour au début

Edouard Verger dit

Nul besoin de dégustation à l'aveugle. Des le mout cela se sent et plus l'année est difficile, plus cela est evident. Nous observons cela tous les jours en ce moment...

Samedi 26 Septembre 2015, 18:54 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Monsieur Verger,

Merci me laisser l'exclusivité d'un ton jésuite.

Nous ne sommes pas là pour déguster un mou, mais un vin.

Ceci dit, c'est vous le pro et c'est clair : on voir ici les limites entre vous, le pro, et nous les amateurs.

Finalement, c'est très intéressant tout cela. Je vais réfléchir à des réponses plus intelligentes.

Du style Onfray répondant aux si petits et mesquins copains de Ruquier incapables d'être à la hauteur d'un esprit supérieur.

Là, je risque d'énerver ABM.

Samedi 26 Septembre 2015, 22:59 GMT+2 | Retour au début

Rigaux dit

Machine ou main, le débat est d'importance. La part des vins de lieux et de "hauts lieux" est minime sur la planète : 5 % tout au plus. L'immense majorité des vins sont de type technologique, élevés dans des cuves serties de "staves" pour les plus sophistiqués, des merrains chauffés selon les goûts supposés des consommateurs. Pour les quelques vins "haute couture" authentiques qui restent, la main est supérieure à la machine, tout simplement parce que ces vins relèvent plus de l'éthique que du commerce. Ils sont élaborés par des vignerons soucieux de l'environnement, convaincus qu'il est encore possible de faire des vins naturels, qui délivrent le message du lieu, des vins au plus près de leur "Nature". Il faut alors cueillir le raisin à maturité physiologique, avec des vendangeurs motivés et initiés, bien nourris, qui couperont avec joie, plaisir et enthousiasme. Il existe encore des vignerons motivés par une quête du bon goût ! Et il existe encore des amateurs qui recherchent des vins les plus purs possibles, sensibles à la vibration du vin, à son énergie, plus qu'à leur seule dimension aromatique à laquelle on les réduit trop souvent. Et à ce jeu là peu de différence entre la machine et la main !

Mardi 29 Septembre 2015, 15:17 GMT+2 | Retour au début