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Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Candide face à deux écoles du vin

Dimanche 10 Aout 2014, 20:18 GMT+2Par GjeCet article a été lu 4804 fois

Très gentiment pressé par quelques miens amis dans les commentaires sur le billet précédent, j'ouvre volontiers un sujet qui fera encore couler beaucoup d'encre dans les années à venir.

On va simplifier :

Il y aurait deux écoles du vin, côté production.

Appelons la première école celle d'Henri Jayer dont Jacky Rigaux rappelle dans le billet précédent quelques phrases majeures en la matière où ce grand vigneron exprime de sains principes sur ce que doit être un grand vin, c'est à dire un vin qui a une "signature" autre que technique.

Appelons la seconde école celle du "technico-oenologue" (j'ai pas écrit Rolland) pour qui il serait stupide de ne pas utiliser les apports modernes de culture et de vinification et donc, produire des vins ayant potentiellement moins de problèmes.

N'étant pas du tout certain d'avoir bien posé le problème comme le souhaitaient ces deux compères, je compte sur eux pour me remettre dans le droit chemin.

Mais, comme Candide, qu'il me soit permis de me placer outrageusement du côté du consommateur. 

Le point de vue extrême - qui n'est quand même pas le mien - est de dire :

"On se moque de la façon dont est fait le vin, pourvu qu'il m'apporte ce que j'attends de lui". 

En d'autres termes, sans rien savoir sur la philosophie, l'école suivie par le vigneron, soit le vin me plaît (et là avec toute la hiérarchie de "plaisir 1 à émotion 3"), soit le vin ne me plaît pas : qu'il vienne d'un bio, d'un techno, ou d'un bi. Et ce n'est pas parce qu'ensuite on va m'expliquer le vigneron, que cela va changer ma perception du vin.

dgb

Maintenant, il est évident qu'un vin qui passionne pousse l'amateur sérieux à aller plus loin, et à se renseigner sur le vigneron, ce qu'il aime faire, ce qu'il préconise dans sa vigne et dans sa cuverie. C'est là que les Guides, les Maîtres, jouent un rôle majeur… et éduquent.

Opposé à ce point de vue téméraire méritant une opprobre générale,  écoutons ce que peut dire le tenancier du pur et dur :

"Il est hors de question que je puisse aimer un vin technique, ce n'est pas mon genre. Moi, il me faut du bio, du "x-y", quitte à ce qu'il fasse m'éduquer afin que je le comprenne ce vin".

Soyons pernicieux : demandons à Jacky de déguster deux crus à l'aveugle : l'un qui viendrait d'un tenant de la philosophie "Jayer" et un autre qui viendrait d'une équipe travaillant avec toute les nouvelles technologies et suivant scrupuleusement les avis de l'oenologue maison. Va t'il trouver à chaque fois lequel est qui ? Et surtout, s'il lui arrive de préférer le techno, quelle excuse pour l'autre va t'il trouver ?

Là, je suis méchant et de mauvaise foi :-)

Ce n'est pas vraiment comme cela qu'on fera avancer le schmilblick.

En laissant place à la discussion, disons qu'il est connu et su de chacun qu'à priori, un DG d'un domaine appartenant à une institution ou à un mogul de la finance, sera probablement plus précautionneux avant de se lancer dans le risque que lui interdisent ses techniciens et oenologues.

Si Monsieur Hervé Berland (Château Montrose, propriété de la famille Bouygues) me lit, il va me morigéner grave, et à juste titre ! Comme quoi, là aussi, il faut sacrément savoir nuancer !

Disons par ailleurs, comme me l'a appris Jean Gautreau, qu'il faut engager un oenologue afin de savoir quoi faire, c'est à dire le contraire de ce qu'il préconise.

Bon : on n'est pas sorti de l'auberge !

Les vrais et rares grands vins ont une âme. Le problème est qu'il faut arriver à eux avec une immense modestie. Et avec un minimum d'éducation, d'approche. Ainsi, au prochain VDEWS où une des trois dégustations de prestige se fera sur 4 millésimes de Romanée-Conti (61 - 71 - 91 - 01), il m'a semblé essentiel de proposer, en une sorte d'approche préliminaire, deux autres crus de la DRC, histoire de familiariser les dégustateurs avec le style des vins du Domaine qui est quand même très particulier : finesse, élégance et fruité avant toute autre chose. Je sens que le debriefing sera intéressant !

Donc cette âme des grands vins a effectivement besoin d'un support de connaissances qui permet de mieux l'appréhender .

Achtung ! N'allez surtout pas m'accuser d'être plus respectueux pour un La Tâche que pour un Marionnet !

Le respect dû à un cru n'est pas fonction de son prix ou de son origine, mais de ce qu'il vous apporte.

Et cela, je le pratique… comme l'ont montré à bien des occasions les dégustations du GJE.

Bon, je cause, je cause … laissons place à des points de vue plus sérieux que mes batifolages :-)

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Cet article a été commenté 108 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Olivier D dit

D'un point de vue pragmatique je disais juste qu'il vaut mieux un vin techno qu'un vin d'un gars se prenant pour un artiste vinifiant comme un manche(y a pas eu toujours que du bon vins en Bourgogne...)!
Ensuite, quand le domaine ne depasse pas en gros 8ha, en effet la technologie a moins d'influence par contre au dela clairement sans oenologie maitrisee pas de bons vins( c'est une phrase purement empirique absoluement pas theorique qui a pour illustration pratique nombre important de vins bouchonnes, veillissement partant en sucette...).
Apres beaucoup de grands domaines ont retrouve une ame grace a des investissements colossaux que de simples familles ne voulaient et/ou ne pouvaient pas faire.
Quand au bilan des banquiers et des assureurs qui ont gere ou gerent de grands domaines, il se trouve plutot du cote des amateurs de vins que des "ploucs" du post de Herve Bizeul sur les vins les plus chers au monde ( et bien sur pour ce point je n'ai pas un avis neutre :) )!

Dimanche 10 Aout 2014, 21:41 GMT+2 | Retour au début

Candide dit

Puis-je proposer de refonder ces deux écoles en une seule ? L'école spaghetti. Sans pousser jusqu'à Léone, vous l'imaginez bien.

Dimanche 10 Aout 2014, 22:34 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Etant en route toute la journée pour faire un petit coucou à Huber en pays de Bade, je compte sur vous pour ne pas trop monter dans les tours !

A+

Lundi 11 Aout 2014, 05:34 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Ah, François, tu mélanges tout ;-) C'était bien parti pourtant et là, il y'a déjà trois ou quatre débats dans le débat...

Vu que tu es sur la route, on ne va pas parler "Poulettes" ? Oui, bien sûr. Il y a vingt ans, François Mauss déjà prince vénitien, nous abreuvait au Clos Lonchamps de "Poulettes", une cuvée de Nuits Saint Georges emblématique de la "fermentation à froid" prônée par Guy Accad, un œnologue dont on parlait beaucoup et dont on parle plus.

Que ne nous sommes nous pas régalé avec ce vin ! Chaque bouteille était un enchantement. Une explosion de fruit. Une gourmandise. Un péché. François Mauss et bien d'autres, autour de Didier Bureau, nous célébrions quelque chose, je ne sais quoi de païen, un plaisir de boire du pinot noir sombre et fruité, dont l'éclat et la suavité nous mettaient nous réjouissais. Que n'avons nous pas fait de photos de cette belle époque...

Ce vin était il un vin maudit ? Un vin technique ? Un vin d'œnologue sulfureux ? Peut-être. Mais je me serais damné pour une "Poulette"... Comment ce vin a t'il vieilli ? Quel était le producteur, François (Confuron ?). Je ne sais plus, mais je regrette, souvent, que la fermentation "sulfurique" d'Accad est quitté la Bourgogne aussi vite qu'elle l'avait envahie...

Lundi 11 Aout 2014, 15:08 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Hervé, "les Poulettes" c'était Gavignet-Bethanie à Nuits-Saint-Georges. Dieu que c'était bon. Je me souvient avoir croisé chez lui Bettane et Humbrecht père....et avoir terminé avec Michel chez Philippe Senard. C'était au temps des grandes heures.

Lundi 11 Aout 2014, 18:37 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Un miracle, ces Poulettes de Gavignet ! Quel vin ! Un pur plaisir puissance dix.

Oui, c'était Accad, du temps des grandes heures. Mais je crois qu'il est toujours actif dans la région. Plus discret, pour sûr.

Comme quoi, il y a des vins qui planent largement au-dessus de petites discussions de comptoir.

La grave question : pourquoi ne retrouve t'on pas ces vins aujourd'hui ?

Mais que fait Didier Bureau ?

Je l'ai déjà écrit : du temps où il était sommelier au Clos Longchamp (Jean-Marie Meulien : crevettes thaï à pleurer) , il avait gagné le pari suivant : me faire déguster, lors de déjeuners tous les jours d'une semaine, 5 vins différents que je ne connaissais pas ! Le gamin ! Il a gagné son pari.

Où pourrait-on faire cela de nos jours dans un ** macaron ?

Même qu'à l'époque, ABM était fréquentable ! C'est dire !

Lundi 11 Aout 2014, 21:03 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Pdt que tu étais sur les routes en pays de Bade, jj´étais parti passer la journée avec Jacques Puffeney en Arbois pour bavarder... Et goûter l'Arbois Jaune 2007 fraîchement mis en bouteilles ! Il m'a aidé à poser le problème. Il présidait l'Union des Gens de Métiers (UGM) l'année où Didier Dagueneau, le fondateur, nous quittait. Je disserterais volontiers autour de la question : "Vin d'artisan, ou vin d'oenologue ?"
J Puffeney illustre parfaitement la voie de l'artisanat. Il débute avec son père en 1962 avec une production de 600 litres de rouge et 500 litres de blanc... En 1971 ( il a 26 ans), il achète sa première vigne, qu'il paria en 7 ans. 1971 ne donne rien, à cause du gel, 1972 est bien, il fait ses 3 premières pièces de jaune avec le millésime 1973, mais au bout de 6ans, l'une des trois est devenue du vinaigre ! Il commença "à laisser moins de bois que son père", réduisant ainsi les rendements. Il passe de la pioche au chevillard pour travailler les sols. Il achètera par la suite un tracteur qui tasse peu les sols pour les traitements et les rognages. Il fut un des premiers à contrôler son vin jaune tous les 6 mois, technique mise en place par les œnologues, il essaya le levurage préconisé par ces derniers..., mais il ne donna pas suite car ses bons clients avaient trouvé que cela changeait le goût de ses vins... Il n'est pas en viticulture bio, mais très raisonnée, mais s'il avait 10 ans de moins il passerait volontiers à la bio-dynamie. Trop de cuivre en bio le déra

Mardi 12 Aout 2014, 10:03 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

(Suite) trop de cuivre en bio le dérange. Il essaierait volontiers un peu de vendanges entières en vinification... Bref, l'homme vit avec son temps, est au courant des évolutions scientifiques et techniques de l'époque, connaît les œnologues, utilise ce qu'il estime intéressant dans ce qu'ils proposent, MAIS IL GARDE LA MAÎTRISE TOTALE DE SON MÉTIER.
Faire un vin d'artisan, ce n'est donc pas ignorer les découvertes scientifiques et les trouvailles techniques, c'est garder la maîtrise de son métier. C'est également l'amour pour le travail bien fait, respectueux des équilibres naturels, c'est avoir le sens de valeurs à défendre, comme le fait l'Union des Gens de Métier. C'est aussi le contact direct avec le client, le souci de recueillir son avis, et d'éventuellement en tenir compte si cela s'avère pertinent. C'est aussi maintenir la tradition du compagnonnage, de l'entraide mutuelle, du partage du savoir, de la transmission... Chaque année l'UGM ouvre une réflexion sur un thème, le choix du bois pour les tonneaux, les levures, etc... Quand la grêle anéantit une récolte, comme ce fut le cas pour François Chidaine, l'UGM propose une aide... C'est une solidarité active.

Mardi 12 Aout 2014, 10:18 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Est-on condamné à être petit pour être artisan ?
Cela bien sûr se discute ! Quand Bernard Hervet fait construire la nouvelle cuverie de Bouchard Père, il la pense comme sept cuveries côte à côte pour accueillir 7 vendanges en même temps. 7 équipes, 7 tables de tri, etc... Une cuverie moderne, dotée des meilleures installations du moment, mais capable d'organiser un travail de type artisanal. 3 niveaux, avec une cave à fût à température constante idéale... Quand il devient consultant chez Faiveley en 2006, il fait changer la futaille, fait rénover la cuverie avec des cuves bois pour tous les grands et premiers crus, recrute un œnologue venant d'ailleurs que de Bourgogne, car aujourd'hui les meilleures formations en Oeno se font à Bordeaux et Montpellier... Il préconise une osmose œnologue-responsable des vignes. Il fait recruter un personnel motivé... Il fait agrandir le domaine vers les grands climats blancs. Il impose une "lecture" de chaque climat, et lance l'idée d'un sous-climat au sein du Clos de Bèze. En totale osmose avec Ervan Faiveley, l'idée est de "faire chanter les grands climats" de la Côte. On n'est pas dans le vin industriel, mais dans "Le VIN DE LIEU"
Et là on ouvre un autre débat. L'oenologie moderne, qui s'appuie exclusivement sur la chimie organique, peut-elle accompagner la réalisation de "vins de lieu".
Je pense que non, qu'elle doit s'ouvrir à la chimie minérale !
Alors François, plutôt qu'un blog, tu devrais créer, avec tes relations, une école europée

Mardi 12 Aout 2014, 10:41 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Tu devrais créer une "école européenne de vins de lieu", comme dans les années 1980 il y a eu la première école de bio-dynamie en Beaujolais. En cette école on pourrait faire venir des gens comme David Lefèbvre sur la question de la minéralité, Yves Hérody, Claude Bourguignon sur la vie des sols, Anselme Sélosse sur la sapidité, et tous les vignerons qui voudront. je te propose le cours d'épistémologie et sciences de la vigne et du vin .
Et toi tu feras un directeur exigeant !
Voilà un bon projet ?

Mardi 12 Aout 2014, 10:47 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Donc tant que l'œnologue reste un outil, comme une pioche ou une barrique, on reste "artisan" et tant qu'on est "artisan", on fait des vins de "lieu" ?

Euh, si c'était si simple. Si il y avait une recette. Et un peu de justice en ce bas monde...

Clairement les exemples les plus opposés à ce modèle sont aujourd'hui la majorité des crus classés de Bordeaux : dans nombre d'entres eux, il ne faut pas trop se balader avec le propriétaire qui ne sait souvent pas distinguer un merlot d'un cabernet. Il y a un régisseur-directeur, un chef de culture, un maitre de chai, chacun a son consultant qui a parfois même son "représentant" car le consultant a trop de boulot pour passer plus d'une fois dans l'année.

Pour autant les vins sont ils meilleurs ou moins bons ? Je l'ignore. Ils sont en revanche "formatés" et je crois que c'est ce qui gêne, nous tous lecteur de FM...

Pour moi, si Gavignet était en phase, en harmonie avec Accad, je ne vois pas le problème. Et si ces Poulettes étaient meilleurs que biens d'autres NSG, et bien tant pis, je m'en moque... Et si Tariquet fait bien et bien j'en boité de temps en temps...

Vous en avez gouté récemment des poulettes, mes poulets ;-)

Mardi 12 Aout 2014, 15:38 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Oui, c'est ce que je veux dire pour la première partie de la phrase, "l'oenogue pioche ou barrique", sachant que c'est un individu, donc qu'il faut aussi intégrer sa subjectivité !
"Tant qu'on fait du vin de lieu on est artisan", là c'est plus complexe. Et je ferais appel à la distinction "finage" et "climats" initiée par les bénédictins. Tous les lieux ne se valent pas, il en est où on peut laisser le raisin prendre sa direction, intervenir à minima, sans artifices et techniques oenologiques modernes, juste un peu de soufre, et avoir chaque année un vin complexe, original, différent bien sûr selon les caractéristiques du millésime (vin de "climat", vin de lieu). Et il y a aussi des endroits intéressants pour la vigne, mais qui méritent d'être assemblés pour obtenir un vin suffisamment consistant, avec suffisamment de vivacité, etc..., et ce vin peut également être un vin d'artisan.
Mais je dois dire aussi que quand je suis dans les déserts américains (ma femme adore, et j'aime de plus en plus !), je bois essentiellement de l'eau, mais je me laisse tenter également par le coca-cola ou le pepsi, et j'aime cela sur place. Cela a quand même plus de goût que l'eau ! Et si on est dans un motel où on peut acheter une bouteille de vin, alors on la boit, et c'est toujours des vins technologiques ! Et dans les motels indiens pas d'alcool, seulement de la bière sans alcool, dont j'ai horreur, alors que de l'eau.. ou des sodas dans les motels indiens !
Je bois donc des vins technologiqu

Mardi 12 Aout 2014, 16:59 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

(suite) Je bois donc des vins technologiques (pour moi on commence à quitter le vin artisanal dès que l'on commence à utiliser d'autres levures que les levures de lieu, et je suis sans doute excessif ! Mais j'assume mon choix !) Et je sais bien que, quand je bois des vins américains dans les motels des déserts, que ce ne sont pas des vins de lieu bio !Et il m'arrive d'en trouver de bons ! Après une trentaine d'années de voyages annuels dans le Grand Ouest, je commence à connaître !
Donc je pense qu'on peut aimer les vins de type artisanal. C'est ceux-là que je mets en cave... aux côtés des quelques bouteilles de l'ami Henri qui me restent ! Et on peut boire des vins plus oenologiques, voire technologiques,et s'en régaler parfois aussi.
Et ce sont les vins d'artisans que j'offre à mes amis. De moins en moins souvent des vins d'Henri Jayer, car il ne m'en reste guère. La dernière bue fin janvier dernier, c'est avec l'ami américain Chris Howell(Cain) et l'ami franco-italien Lionel Cousin (Cupano). Depuis j'ai heureusement bu d'autres vins d'artisans, dont des vins de Jacques Puffeney et Pierre Overnoy...
De toutes façons, l'immense majorité des vins produits aujourd'hui de par le monde sont des vins d'oenologues. Ces derniers se sont même engagés dans l'utilisation des "staves" pour donner les goûts de bois recherchés par les consommateurs... Comme il reste peu de vins d'artisans, j'ai choisi de participer à la sauvegarde de ces derniers ! Henri Jayer m'y avait encouragé ! Et

Mardi 12 Aout 2014, 17:14 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Et il y a de plus en plus de vins d'artisans en Californie. Mes préférés, ceux de Ted Lemon (Littorai) et de Chris Howell (Cain)
En Suisse, il faut goûter aux vins de Jacques Tatasciore, superbes de complexité, de texture soyeuse, de fruits qui se mêlent aux épices, généreux et minéraux dans le même mouvement ! (Excuse moi Jacques si j'écorche ton nom, je n'arrive pas à me le mettre dans le crâne ! Mais l'essentiel pour moi c'est que ton vin soit bon !)
Mais bien sûr, il faut ouvrir le débat autour de la question : où finit le vin d'artisan ? En particulier, autour de la question du levurage par exemple. Henri Jayer considérait que la levure fait partie du lieu, de la vigne et de la cave ! J'y crois, même si les techniciens nous disent qu'il n'y a pas de différence avec les levures sélectionnées industrielles.
Jacques Puffeney, par exemple, refuse le levurage. Et pour les vins jaunes, cela ne devrait pas être permis ! Mais cela se discute, com
Ce soir j'ouvre une Combe d'Orveaux 2009 de Bruno Clavelier...

Mardi 12 Aout 2014, 17:27 GMT+2 | Retour au début

Olivier D dit

@Jacky Rigaux: Merci pour cette analyse fine et détaillé restant en plus accessible au commun des mortels.
Et bien moi je suis pour la redécouverte des grandes régions viticoles européennes oubliées (après la période ottomane, les guerres, le communisme..): Hongrie, Bulgarie, Slovaquie, Roumanie, Croatie..... :)

Mardi 12 Aout 2014, 22:07 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Il y a de grands terroirs réveillés aujourd'hui par des vignerons qui retrouvent un patrimoine à la longue histoire. Les guerres de 1870, 1914-18, 1939-45 ont anéanti les forces vives de l'agriculture et de la viticulture européennes, d'autres guerres et évènements également. Avec des temps plus calmes (pas partout) et des petits enfants revenus aux valeurs des patrimoines viticoles, on assiste à un retour sur le devant de la scène de vignobles qui ne demandaient qu'à être réveillés. Il en va de même avec le retour des "cépages modestes" qui font chanter des terroirs oubliés ou enrichissent des terroirs historiques qui les avaient oubliés. En France, le vignoble lorrain du côté de Metz renaît avec bonheur.Pas moins de 18 vignerons qui s'y emploient, dont le fameux Château de Vaux... Les Coteaux du Giers, avec leurs magnifiques terrasses pointe à nouveau leur nez... C et L Bourguignon y sont allé voir, et ils préconisent les cépages blancs qui rivaliseront à nouveau avec Condrieu... Le temps du réveil des terroirs oubliés d'Europe est en mouvement. À nous de contribuer à les mettre dans la lumière qu'ils méritent... Et les prix de leurs vins sont doux...

Mercredi 13 Aout 2014, 10:11 GMT+2 | Retour au début

Bettane dit

Je ne comprends rien à ces distinctions ni au bréviaire de mon ami Jacky! Qu'on m'explique le sens de maîtrise totale d'un métier (sans inclure la culture oenologique) pour un vinificateur, ou celle si curieuse de chimie minérale, qui serait étrangère au monde scientifique et qui distinguerait le vin de lieu d'un autre......Bon, le beau vin moderne et c'est simple provient d'un bon lieu, d'un raisin bien cultivé, vinifié par un élaborateur honnête, respectueux et compétent, et apprécié par un gentil consommateur ouvert à la beauté et à la diversité. Heureusement que mon gourou personnel Monsieur de la Palisse n'a pas produit post mortem le vin le plus cher de la planète!

Mercredi 13 Aout 2014, 10:52 GMT+2 | Retour au début

Dans cet esprit, je me suis encore régalé hier avec un Fleurie de Dutraive, Clos de la Grand'Cour 2013.
Très bon, pas cher, du beau gamay, floral/fruité/fin qu'on serait tenté de positionner à la croisée de vins nature et des vins "artificiels" :-)

Mercredi 13 Aout 2014, 11:13 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Tu me donnes l'occasion de préciser ma pensée cher Michel. Je pense que la voie de l'artisanat en viticulture est menacée pour un tas de raisons déjà débattues dans ce blog et ailleurs. Menacée, mais pas morte, et des mouvements comme l'Union des Gens de Métier ou Renaissance des Appellations, perpétuent ce modèle du vin d'artisan. Et l'artisan est responsable de tous les paramètres qui relèvent de sa production. Comme il y a toujours eu 3 catégories de vin, grands vins, vins de substitution et vins pour les esclaves dans l'Antiquité ; grands vins, vins technologiques de masse et vins ordinaires aujourd'hui , je pense qu'il y a toujours une place pour les vins d'artisans dans la catégorie "Grands Vins". C'est le message que m'a transmis Henri Jayer, et en fondant avec lui "Les Rencontres Henri Jayer", c'est ce type de vins que, à mon modeste niveau (je n'ai ni soutiens financiers, ni intérêts financiers) je souhaite contribuer à promouvoir. Ecolo depuis le temps de mes études supérieures (fin des années 60, début des années 70), je me considère comme un militant de la cause écologique. Je pense que la viticulture artisanale aide les jeunes à prendre conscience de la nécessité d'arrêter le massacre de la nature, après le massacre des hommes agriculteurs et viticulteurs des 3 dernières grandes guerres... J'ai eu l'opportunité de m'a engager en politique, mais j'ai préférer m'engager dans le mouvement écologique... Qui relève aussi du politique..

Mercredi 13 Aout 2014, 13:44 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Michel, tu me donnes également l'occasion de parler de ma dynamique relationnelle avec Henri Jayer. Si j'en parle beaucoup, ce n'est pas parce que je l'ai investi comme gourou, mais plutôt comme un père spirituel, et comme un modèle de viticulture en des temps où triomphaient viticulture chimique et œnologie chimique correctrice, synonymes de destruction des équilibres naturels et de la banalisation du goût. C'était à la fin des années 70, et j'ai commencé à tisser un lien amical avec Henri au début des années 80, alors qu'il atteignait 60 ans. À l'époque ses deux filles ne voulaient pas s'occuper des vignes, et il ne pensait pas encore à Emmanuel, le neveu de Marcelle, pour lui succéder. Nombre de vignerons, de domaines importants, me disaient aussi qu'Henri était plutôt d'un autre temps... Donc, en lui amenant des jeunes vignerons comme Didier Dagueneau, Denis Mortet ou Philippe Charlopin, ou comme Jean Laurent Vacheron, à la génération suivante quand il faisait ses études d'oenologue à Dijon, je lui donnais le plaisir de transmettre, sans donner de leçons... C'était émouvant de voir cet ancien parler simplement et librement à de jeunes gens désireux de s'engager dans ce qu'on appelle "les bonnes pratiques viticoles". Et de fil en aiguille, on a fait un tas de choses pour réactiver la philosophie des climats et de la dégustation géo-sensorielle. C'est lui qui m'a parlé le 1er des gourmets et de la dégustation géo-sensorielle que lui avait transmise René Engel. C'est comme

Mercredi 13 Aout 2014, 14:04 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Michel, tu me donnes également l'occasion de parler de ma dynamique relationnelle avec Henri Jayer. Si j'en parle beaucoup, ce n'est pas parce que je l'ai investi comme gourou, mais plutôt comme un père spirituel, et comme un modèle de viticulture en des temps où triomphaient viticulture chimique et œnologie chimique correctrice, synonymes de destruction des équilibres naturels et de la banalisation du goût. C'était à la fin des années 70, et j'ai commencé à tisser un lien amical avec Henri au début des années 80, alors qu'il atteignait 60 ans. À l'époque ses deux filles ne voulaient pas s'occuper des vignes, et il ne pensait pas encore à Emmanuel, le neveu de Marcelle, pour lui succéder. Nombre de vignerons, de domaines importants, me disaient aussi qu'Henri était plutôt d'un autre temps... Donc, en lui amenant des jeunes vignerons comme Didier Dagueneau, Denis Mortet ou Philippe Charlopin, ou comme Jean Laurent Vacheron, à la génération suivante quand il faisait ses études d'oenologue à Dijon, je lui donnais le plaisir de transmettre, sans donner de leçons... C'était émouvant de voir cet ancien parler simplement et librement à de jeunes gens désireux de s'engager dans ce qu'on appelle "les bonnes pratiques viticoles". Et de fil en aiguille, on a fait un tas de choses pour réactiver la philosophie des climats et de la dégustation géo-sensorielle. C'est lui qui m'a parlé le 1er des gourmets et de la dégustation géo-sensorielle que lui avait transmise René Engel. C'est comme

Mercredi 13 Aout 2014, 14:04 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Suite
C'est comme cela que j'ai eu l'idée de faire créer le Diplôme d'Université "Pratique de la Dégustation par la Connaissance des Terroirs"'. Henri en fut le 1er parrain de promo, suivi par Aubert de Villaine, Hubert de Montille, Léonard Humbrecht, Sylvain Pitiot...

Mercredi 13 Aout 2014, 14:21 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Jacky : n'oublie jamais, dans tes pensées, que le consommateur final est celui à qui, dans tout ce process du vin, on doit donner la priorité, en l'éduquant avec des mots simples "à la Bettane", et surtout en lui instillant la passion de la connaissance sans tomber dans le livresque ou le technique.

Tu vois, tes commentaires - passionnants par ailleurs et près du langage schildknechtien - peuvent être sérieusement discutés si tes affirmations ne se retrouvent pas dans des dégustations à l'aveugle que tu devrais faire.

Tu sais : réunir 3 ou 4 copains, style Nicolas, Belluard, Bouland, Burgaud, Bettane, Oliv autour de quelques belles topettes que chacun aurait apportées avec amour pour une belle soirée, ça vaut tous les discours universitaires, certes nécessaires, mais pas vraiment fondamentaux pour notre équilibre oenophile :-)

Mais, te fais pas de bile : on continue à te lire !

Mercredi 13 Aout 2014, 17:34 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Désolé François, la prochaine fois je serai plus sobre !
Et comme je suis toujours partant pour boire un coup avec des copains, ou de nouvelles personnes que je ne connais pas, rassemble donc ces 6 bons vivants autour de quelques "topettes"
Et un de ces jours j'aimerais bien boire un coup avec toi et Hervé Bizeul

Mercredi 13 Aout 2014, 19:01 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Sois pas désolé Jacky. Je t'explique par comparaison :

A Villa d'Este, René Millet nous a fait un séminaire sur l'art, avec en pièce unique, un tableau qui a été sous nos yeux pendant une bonne heure.

Il nous a appris comment regarder, comment il fallait voir cette peinture, surtout comment rêver à partir de ce qu'elle montrait "en premier niveau" : une femme qui regrdait ailleurs.

Tu ne peux pas savoir à quel point, après son heure d'enseignement, tous les participants ont eu totalement un autre regard sur cette oeuvre. On a été sacrément privilégiés.

Et bien pour le vin, c'est idem. Déguster un cru avec à côté un Bettane ou un Rigaux ou un Bizeul qui te disent, comme pros du vin, ce qu'il y a derr!ère les premières impressions, ça peut être vraiment grand. Mais comme quoi on ne peut rester dans le domaine du vin, surtout là, sans le tactile, le sensuel, l'ivresse du beau.

Mercredi 13 Aout 2014, 19:59 GMT+2 | Retour au début

Fredvik dit

Entièrement d'accord avec Jacky Rigaux, très bonne idée que de rassembler quelques bons vivants autour de quelques "topettes". Et si par hasard, vous avez besoin de quelqu'un pour jouer le rôle de "l'invité que personne ne connaît", je suis prêt à quitter les régions polaires pour quelques jours! :-)

Mercredi 13 Aout 2014, 21:07 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Le détour par la contemplation du tableau est très pertinent.Avec le vin, en parler sans le consommer, cela marche mal ! C'est sans doute pour cela que, sans l'avoir théorisé, avec Henri Jayer, quand on a créé les Rencontres "Vignerons, Gourmets et Terroirs du Monde" devenues "Rencontres Henri Jayer" aprés sa mort, on avait institué que chaque vigneron intervenait sur le thème de l'année en faisant déguster 3 de ses vins, et bien sûr aussi quelques canons pour les repas...
Alors, comment faire ? quoi aborder sur un blog consacré aux vins ? Voilà un autre débat à ouvrir...

Mercredi 13 Aout 2014, 22:52 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Le détour par la contemplation du tableau est très pertinent.Avec le vin, en parler sans le consommer, cela marche mal ! C'est sans doute pour cela que, sans l'avoir théorisé, avec Henri Jayer, quand on a créé les Rencontres "Vignerons, Gourmets et Terroirs du Monde" devenues "Rencontres Henri Jayer" aprés sa mort, on avait institué que chaque vigneron intervenait sur le thème de l'année en faisant déguster 3 de ses vins, et bien sûr aussi quelques canons pour les repas...
Alors, comment faire ? quoi aborder sur un blog consacré aux vins ? Voilà un autre débat à ouvrir...

Mercredi 13 Aout 2014, 22:52 GMT+2 | Retour au début

Candide dit

La revue du Mauss ne me dit rien de bon

Mercredi 13 Aout 2014, 22:59 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Le problème, et je le connais bien désormais étant passé de l'autre coté du miroir, c'est le décalage entre la vision extérieure du métier de vigneron, créateur de vin de lieu ou industriel à la retraite à la recherche d'un statut social et donc d'un Parker 100 et la vision "intérieure", celui qui fait, qui n'est faite que de sueur, d'espoir, de déception, d'acceptation, de souffrance, d'angoisse, de joie et d'espérance

Cultiver des vignes qui ne sont pas faites pour vous, par exemple, car on les a recus en héritage et pas acheter; être obligé de faire un vin que l'on aime pas parce que le marché le désire; en permanence devoir renoncer, faite d'argent; être soumis aux caprices de la météo qui anéantir un millésime, voire une exploitation en quelques minutes; être toujours disponible et de bonne humeur pour des clients alors qu'on ne veut rien d'autre qu'être dans ces vignes; avoir peur de se retourner en tracteur parce qu'on a fait le choix de terroir impossibles; connaitre le chemin de la qualité et ne jamais pouvoir l'emprunter faute d'aide, de bâtiments, de barriques, de temps, que sais je...

A vous lire, Jacky, ou pourrait croire qu'il n'y a qu'à vouloir puis qu'à faire... Mais voilà, c'est devant le mur que l'on voit le maçon, et devant le mur, il n'y a rien de romantique : on fait ce qu'on peut...

C'est aussi tout ça qui rend ce métier si formidable. Mais on n'est pas au pays des bisounours...

Jeudi 14 Aout 2014, 09:35 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Si Hervé a bien raison dans sa description du métier difficile qui est le sien, au moins en finale, il utilise le mot "formidable".

Car enfin, dans chaque activité où on s'engage avec passion, chacun peut énumérer ainsi les difficultés qu'il rencontre mais sans oublier d'assumer son choix en fin de description.

Juste un point Hervé : arrête de donner de l'importance au 100 parkérien : d'une part la liste des vins les plus recherchés comporte si peu de ces 100 points et ensuite ce n'est vraiment plus d'actualité.

Jacky : les Journées Henri Jayer : on y était, on connaît et c'est vrai que c'est un beau moment d'échange surtout quand le petit frisé là, le Charlopin de nos campagnes, commence à monter les tours… :-)

Jeudi 14 Aout 2014, 11:03 GMT+2 | Retour au début

Oliv dit

"avoir peur de se retourner en tracteur"

Effectivement... :(

www.lest-eclair.fr/faits-...

Jeudi 14 Aout 2014, 13:12 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Mon grand père maternel, mon père et mon frère ont fait du vin, moi jamais. On m'a, comme on disait à l'époque, envoyé aux études... Et je suis devenu un intellectuel qui a idéalisé le vin. Mais dans ma jeunesse j'ai vu nombre d'agriculteurs et de viticulteurs arrêter ou vendre. Je connais des amis d'enfance devenus handiicapés à cause des produits chimiques de traitement et des connaissances ont été victimes d'accidents d'enjambeurs, redoutables. Je ne peux qu'être d'accord avec ce qu'écrit Hervé Bizeul.

Jeudi 14 Aout 2014, 13:22 GMT+2 | Retour au début

Bettane dit

Continuons, ce qui est menacé ce n'est pas la viticulture artisanale mais la propriété foncière artisanale et encore....Si l'on en revient au "modèle" (quel affreux mot!) bourguignon le grand type qualitatif n'a jamais été conçu et mis en place par des paysans propriétaire mais par le clergé puis par petits artisans propriétaires mais par de grands propriétaires fonciers,issus de la noblesse de robe ou de la grande bourgeoisie, sachant faire travailler des artisans. Exit donc le dieu Jayer....

Jeudi 14 Aout 2014, 15:17 GMT+2 | Retour au début

Bettane dit

Choquons maintenant! Je ne vois pas en quoi par exemple le "modèle " bordelais est différent du bourguignon et en quoi les grands propriétaires financiers actuels sont une menace pour la compétence artisanale. 1 ils ne font que reproduire le schéma prérévolutionnaire et font travailler des artisans de premier ordre (il suffit de les fréquenter et de ne pas se contenter de fréquenter les zinzins propriétaires ou leurs représentants), au dévouement et à l'analyse aussi idéalistes. Et je ne parle pas des propriétaires grands bourgeois impliqués dans une aventure familiale et qui continuent d'exister.

Jeudi 14 Aout 2014, 15:21 GMT+2 | Retour au début

Je pense que Hervé a dit l'essentiel : la dichotomie ne se fait pas entre vins d'artisans et vins d'oenologues, mais davantage au niveau des choix de son maître d'oeuvre : ce que l'on fait par goût / ce que l'on fait parce que la clientèle le demande.
D'ailleurs ce ne sont pas forcément des positions antinomiques.

Je prends un exemple que je connais bien : quand Ferrini intervient dans des domaines prestigieux italiens, il est évident qu'il ne fera jamais les mêmes vins que Cotarella, mais il le fait en respectant la volonté et un style de la cuvée : on peut être technicien et vouloir faire le meilleur vin possible (et d'ailleurs y parvenir.)

Jeudi 14 Aout 2014, 15:28 GMT+2 | Retour au début

Bettane dit

Et si je prends Guigal en côtes du Rhône je ne perds rien en authenticité et savoir faire par rapport à l'artisanat bourguignon, sans même évoquer mes amis De Villaine ou Leroy dans leurs aventures respectives.....Et je préfère le clos des Lambrays dans les mains de LVMH ,indivis ,que dix petits sous-clos aux mains de producteurs artisans dont seulement 1 sur 5 serait à la hauteur de l'enjeu. Enfin si le prix du foncier est devenu si délirant et hors de portée de la plupart des artisans, c'est peut être aussi la faute d'artisans vedettes se faisant payer cash des centaines d'euros la bouteille leurs bons crus et qu'on fait passer aujourd'hui pour des dieux inspirateurs!

Jeudi 14 Aout 2014, 15:29 GMT+2 | Retour au début

Bettane dit

Un post incompréhensible par mauvais copié collé sur le fondement historique du grand style bourguignon. Il a été mis en place par le clergé, puis par de riches propriétaires fonciers et n'a été relayé qu'après la crise de 1929 par un petit artisanat propriétaire avec les errances de qualité trop connues.......

Jeudi 14 Aout 2014, 15:33 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Il est sain de remettre en place l'historique véritable de la Bourgogne qui, finalement, peu de gens connaissent.

Merci Michel de ce rappel fondamental.

Avec ma marotte habituelle de la courbe de gauss, il y aura toujours de grands et puissants domaines qui feront des chefs d'oeuvre et des petits malins qui feront des médiocrités.

Et vice versa.

Dönnhoff est un "petit" (en taille) mais très rares sont ses vins qui n'ont pas une âme. Et sur cet exemple, on peut en citer bien d'autres ! Tiens : j'ai FX Pichler qui viendra à Villa d'Este : en voilà un qui mérite aussi d'être ainsi cité. Et Szepsy : tout ce qu'il a fait en Hongrie !

Et, quitte à donner quelques boutons sauvageons à quelques lecteurs : ce qu'ont réussi les Perse : ça mérite un beau coup de chapeau.

Ou, comme quoi, il est possible de trouver toujours des exemples qui balaient les généralités hâtives.

Jeudi 14 Aout 2014, 16:36 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Michel, personne n'agresse personne sur ce post. Discutons calmement. Personnellement (mais ça n'engage que moi, bien sûr) le modèle féodal ne m'attire pas plus que ça et je ne me réjouit pas qu'il soit de retour. Chacun sa vision du monde.

Le délire d'investissement actuel Bordelais est ridicule, Montrose et Cos sont des pitreries de nouveaux riches qui ne savent pas quoi faire de leur argent. La famille Bouygues n'a aucune idée du pourquoi du comment de son vin. Je ne suis pas sûr qu'un dimanche ils puissent simplement débrancher les alarmes dont le château doit être farci :-) Ils sont maître d'ouvrage mais même pas maître d'œuvre. Et tout cela n'a toujours qu'un seul but : faire chaque année le même vin, sur un profil de goût nord américain, sois disant apte à défier le temps, dans des bouteilles de plus en plus lourdes et chère au milieu d'un désastre écologique et humain ou "the winner takes all"... Tout cet argent devrait permettre de prendre des risques à la vigne (pontet-canet) ou de laisser une équipe technique construire avant tout un chai innovant (cheval-blanc). Bien sûr, Alain Vauthier ou Hubert de Boüard pilotent leurs crus au millimètre. Mais d'autre pas. A Bordeaux mais aussi un Provence où le ridicule est à son comble, sans doute plus qu'ailleurs encore...

Jeudi 14 Aout 2014, 16:42 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Et personne n'attaque la taille des entreprises, personne ne niant le génie de la famille Guigal et de bien d'autres.

Mais il y a aussi de bien bons artisans, qui fond avec passion et peut de moyens (parfois rien, en fait), en risquant tout, leurs années de passion et les années qu'ils mettrons ensuite à payer les cautions de leur crédit.

Le rôle du critique doit-il alors prendre en compte ou pas ce décalage de moyens ? De philosophie de vie et de vigne ? D'objectifs ? Un vin doit il être "vrai" avant d'être "bon" (Nicolas Joly) voilà une question qui m'interpelle toujours.

Faire du vin dans un garage pouilleux, sous sa maison, comme je le fait toujours (mais avec du froid, du chaud, une sauterelle, un bon égrappoir et une bonne pompe) ne dispense pas d'utiliser un œnologue hors pair (Athanase Fakorellis) qui, chaque année, me donne quelques conseils comme une mère continue à faire son nœud de cravate à son grand garçon (;-) et accepte surtout de se disputer joyeusement lorsque je veux tout risquer pour saisir l'esprit d'un millésime. Au final, de toute façon, un grand terroir a seulement besoin d'un 'honnête vigneron", sur le modèle de l'honnête homme... Pardon au fait pour les fautes de ce matin, entre deux avions...

Jeudi 14 Aout 2014, 16:50 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Hervé : tu vas bien trop loin dans ta critique des Bouygues sur Montrose.

Je connais bien ce qui s'est passé pour en avoir discuté longuement avec Hervé Berland (DG).

Ton commentaire est à 1000 lieux des réalités.

Va visiter le domaine et tu comprendras.

Ton exemple là est particulièrement très mal choisi.

Jeudi 14 Aout 2014, 17:23 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Michel à raison sur l'histoire. Le remarquable livre de Louis Latour "Vin de Bourgogne, le parcours de la qualité" (Armançon éditeur.) retrace l'histoire de la qualité en Bourgogne. Le livre collectif que j'ai co-dirigé avec JP Garcia en détaille de nombreux aspects également. MAIS il se trouve qu'à l'époque moderne, suite au Phylloxéra, le négoce s'est engagé dans la fabrication des "vins d'imitation" et a voulu défendre la marque, avec l'utilisation de vins de qualité pouvant venir d'ailleurs ensuite. Puis, après la deuxième guerre mondiale, sont arrivées la viticulture chimique et l'oenologie correctrice... La qualité à baissé. Ce sont de petits vignerons artisans, de la trempe dHenri Jayer, qui ont sonné le retour aux bonnes pratiques, à la vigne comme à la cave. Heureusement, quelques grands Domaines, DRC, LEROY, LEFLAIVE...ont emboîté le pas et sont devenus les chefs de file du renouveau de la philosophie du vin de "climat" et des bonnes pratiques pour le servir. Toutes les grandes maisons de négoce sont maintenant dans cette dynamique. En Loire ce sont des vignerons-artisans comme Didier Dagueneau ou les frères Foucault qui ont réveillé les terroirs et réintroduit les bonnes pratiques, en Languedoc des artisans comme O Julien... Je pense qu'il est important aussi de souligner cela, même si, effectivement, tous les petits vignerons artisans ne sont pas à la hauteur, et que des salariés de grandes Maisons et domaines le sont davantage !

Jeudi 14 Aout 2014, 17:26 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Bon : au moins sortons, svp de la fausse dualité entre "riches-cons" qui font de la m… et "pauvres-intelligents" qui font des vins géniaux.

Je vois plus le problème tel qu'on l'a évoqué ici sur ce blog à plusieurs reprises avec le cas de Roberto Voerzio.

Qui dit : "je fais le vin que j'aime et tant mieux si j'ai des clients et tant pis si je dois le garder pour moi et mes amis".

On le sait : bien des vignerons - sans faire "mal" par ailleurs -, font des vins que réclame le marché, oui à tout le moins ils le pensent.

Chacun aura compris que "faire du Voerzio" n'est pas à la portée de tous.

Mais je crois que c'est à ce niveau qu'il faut discuter et non pas la sempiternelle attaque des riches, des Guyon, des Perse, des Vatelot, des Bouygues, des Rébier et autres chinois.

Et par ailleurs, ces "nouveaux riches" sont loin de représenter plus de 5 % des propriétaires en France, non ?

Jeudi 14 Aout 2014, 19:18 GMT+2 | Retour au début

Je ne vois pas la question dans un rapport à l'argent si ce n'est que les plus riches ont les moyens de faire exactement ce qu'ils veulent et ont aussi les moyens d'aller au bout de la qualité (en sacrifiant un millésime, par exemple). Mais il y a aussi des vignerons moins fortunés qui oeuvrent dans "le meilleur possible" : Un gars comme Eric Nicolas à Jasnières est un jusqu’au-boutiste, un esprit libre. Un vigneron comme Olivier Jullien ne se fait dicter ses choix par personne, ni même par le marché. (je tiens à dire que je n'ai pas d'action chez ces vignerons et d'ailleurs au sujet du dernier, j'ai pris mes distances sur les derniers millésimes, depuis 2005 en rouge et plus récemment sur le blanc).
Si ces vignerons ont les moyens d'aller au bout de leur idéal, tant mieux . On serait mal venu en revanche de leur jeter la pierre parce qu'il faut bien manger et faire vivre la famille.
La vraie réussite pour un vigneron réside sans doute dans le fait d'avoir une clientèle qui adhère à la voie choisie et qui permette de la parcourir.
après, technique ou pas, sulfite ou pas, biodynamie ou pas ...

Vendredi 15 Aout 2014, 09:50 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit
Hervebizeul dit

Je ne vois aucun combat "riches-cons" vs "pauvres-intelligents". Simplement, faire du vin pour nourrir sa famille et en temps que "hobby", pour échapper à l'ISF ou pour fuir son pays oû l'on risque gros (chinois), ce n'est pas la même chose.

Que le résultat soit bon ou mauvais dans l'un ou l'autre cas ne change rien à la différence qui est totale. Dans un cas, prendre des risques relève de l'héroïsme. Dans l'autre, c'est comme d'avoir une poussière dans l'œil, c'est un contre-temps.

Ne pas comprendre cette dualité actuelle, c'est tout simplement ne pas comprendre le vin d'aujourd'hui.

De plus, justifier des investissement pharaoniques qui ne sont qu'égotiques par des raisons techniques est nous prendre pour des cons. Que chacun face ce qu'il veut de son argent. Mais, remis au prix de la bouteille, ces investissements (hors pur caprice, ce qui tout à fait acceptable, pour moi) se retrouvent fatalement dans des bouteilles dont le cout de production devient hallucinant. C'est une spirale infernale qui tue toute créativité.

Après, que certains "riches" marchent en ce moment tous les matins dans leurs vignes pour "sentir le millésime" et donner le cap à leur équipe, je veux bien le croire. Mais donner des noms ne va pas être facile. Faire le marché et la cuisine pour ses amis, c'est pas comme demander à son maitre d'hôtel et son chef de le faire. Après, le repas est bon, n'en doutons pas. Mais ce n'est pas la même chose, cher François. J'ai choisi mon camps...

Vendredi 15 Aout 2014, 10:04 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Hervé,

Je ne pense pas que ce blog soit le meilleur endroit pour discuter de la "moralité" d'un investissement dans le vin.

Après tout, et tu le dis aussi, on juge la chose sur le produit final et chacun sait que certains vivent des quasi calvaires pour réussir tandis que d'autres le font simplement en signant des chèques.

On ne va pas faire du Montebourg en disant qu'un investissement "pharaonique" est une bonne chose car il donne du travail à des individus locaux.

Mais je peux comprendre que des amateurs refusent d'acheter des vins, quand bien même ils seraient de bons RQP, simplement parce que les propriétaires sont de grosses légumes pour lesquels ils ne développent pas une affection particulière.

Vendredi 15 Aout 2014, 10:10 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Je ne vois pas pourquoi tu veux toujours mettre dans mes messages une vision gauchisante qui n'y est pas. Mon idéal politique oscille entre un radical socialisme à la Jaures et un capitalisme rhénan humaniste. J'ai fait ma soupe au milieu et n'ai rien contre les riches, bien au contraire, étant bien content qu'ils réinvestissent leur argent. Et me considérant moi même comme "riche", ce qui n'est pas comme 'avoir de l'argent" ;-). Mais je suis, dans mon activité, particulièrement chanceux d'être presque "libre" comme le décrivait très bien Jérôme même tout en ne pouvant pas faire n'importe quoi.

Le problème viens tout simplement que ces propriétés sont des "fake", François. En dehors de quelques unes, l'argent qu'elles dépensent n'est pas l'argent qu'elles gagnent... Et cela viens fausser le jeu, fausser la concurrence, fausser l'image même du vin auprès de certains consommateurs.

De plus, les vins quels élaborent ne sont plus des vins "réels". Ce sont des vins "subventionnés" et même s'ils sont "meilleurs" (faire 20 % de "premier vin" est il bien raisonnable....), ils ne font que dévaloriser des vins fait par de vrais personnes avec leur vrais moyens.

Ce n'est pas un problème politique : c'est une concurrence faussée, un jeu qui mettrait Paris Saint Germain face à une équipe de division d'honneur. C'est ce monde que tu veux ?

Personnellement, un monde ou la qualité d'un vin vient d'un tribale, d'un osmoseur ou de sa capacité à jeter du raisin, c'est pas ce que je défend

Vendredi 15 Aout 2014, 10:25 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Et en passant, un milliardaire qui se paye un Cru Classé ne veut pas faire des bons RQP, ils veut écraser ses copains et ses voisins, avoir des 100 points (faut voir comme certains se pavanaient en 2009, c'était le bucher des vanités), vendre le plus cher possible. Et avoir "un statut social". Et caser ses mômes. C'est humain...

Tu crois que le Clos des Lambrays, ça va être vendu 30 euros la quille ? Impossible, puisque maintenant le prix de l'hectare JUSTIFIE désormais le prix de la bouteille. Et hop ! Et personne ne moufte, acceptant le joug de l'argent mondialisé : aucun être humain ne devrait avoir 50 milliard d'euros, ni 30, ni 10, ni 1, François et que tu ne vois pas quelles en sont les conséquences dans le monde du vin François, ça me fascine. Ni Michel, d'ailleurs...

Bientôt un spa à coté de chaque cave ? En Provence, c'est la tendance...

Après tout, il faut de tout pour faire un monde. Mais on est loin de Jasnière et de bien d'autres, c'est certain, qui se demandent où trouver l'argent pour mettre en bouteille. Faudrait un peu aller dans le vrai monde du vin, les amis... Là, c'est Matrix...

Vendredi 15 Aout 2014, 10:36 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Hervé,

J'avoue ne pas bien suivre et comprendre ton raisonnement.

D'une part, tu dis que les investissements "pharaoniques" sont à l'origine de coûts énormes et donc, fatalement, de prix en conséquence : ce qui favorise les "petits" qui n'ont pas à se battre, question RQP, avec ces moguls.

Donc, en quoi cette venue d'investisseurs pose t'elle des difficultés aux "petits" ?

Et en quoi les amateurs iraient vers ces vins forcément plus chers vu les coûts de production que vers les vins de producteurs familiaux ?

Sans doute penses-tu alors à la GD qui pousse les gros en ne faisant pas de place aux petits : là, tu as sans doute raison.

En tout cas, ce n'est pas parce que Bouygues a acquis Montrose ou Perse Pavie que cela va me détourner d'acheter du Sociando ou ou autre Couvent des Jacobins.

Je ne te suis pas quand tu dis :

"ils ne font que dévaloriser des vins fait par de vrais personnes avec leur vrais moyens. "

Il suffit de constater à quel point les classiques que sont les Taupenot-Merme, les Borgeot, les Burgaud, les Duband et tant d'autres ne sont pas "impactés" par les grosses pointures financières.

Bref : de quelle façon vois-tu les riches domaines influencer l'amateur dont le but premier est quand même de trouver les meilleurs RQP en phase à ses goûts ?

Vendredi 15 Aout 2014, 10:42 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Bon, je vais essayer de t'expliquer : l'argent, c'est du temps.

Dans le vin, le temps, c'est la qualité. Quand tu as du temps, tu peux tout faire, dans la vigne et dans la cave : laisser reposer une vigne des années; faire ta propre sélection massage; planter et sacrifier les quatre premiers millésimes en faisant tomber les raisins; prendre le temps d'attendre les maturités optimales et, ayant la cave suffisamment grande et le personnel corvéable à merçi, vendanger en deux ou trois jours, élever le temps que tu veux, stocker si tu vends pas en attendant que le marché ait oublié le millésime. etc. Ca c'est pour le temps.

Pour l'argent, je pense que tu connais les effets : des frais de personnel (sous-payés, trop souvent, au point que le médoc est une zone de pauvreté incroyable), du matériel, une flopée de consultants en matière grise loin d'être idiots, même des recherches qui ne sont pas accessibles aux autres....

De l'autre côté, il n'y a que toi pour tout décider.Tu prends tes décisions et tu en assumes toutes les conséquences. Au milieu, tu dois toujours choisir où mettre tes sous pour avoir le maximum d'effets, chaque millésime étant différent. Tu es seul, parfois, même. Le matin, que tu ai envie ou pas, tu dois y aller. Et tu guettes le ciel en te disant que tu peux tout perdre, en qq minutes ou plus traitreusement, de pluies en pluies, rongé par le mildiou, en te posant des questions sur ton éthique, sachant que tu es caution solidaire sur le moindre prêt.

Vendredi 15 Aout 2014, 13:26 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Et donc, le vin fait, les journalistes et les marchands passent. Avant, on les voit rarement. C'est normal, dira t'on.

Et on te dit : mais pourquoi n'avait vous pas fait meilleur, pauvre con ? Alors qu'à côté, et bien, lui, l'autre, il a réussit. Parfois au prix du déclassement de 80 % de sa récolte et de coûts de production 10 fois supérieur aux tiens.

La merveille, dans le vin rouge, c'est qu'un homme seul, sur une petit surface, peut finalement challenger d'autres super riches sur de petits volumes. Mais seulement sur la production, hein, sur le goût. Sur le reste, impossible : pas de budget pub, pas d'attachée de presse, pas d'invitation, pas de déjeuners, pas de cadeaux, pas de voyage, pas de chambre au milieu des vignes, pas de piscine, pas de jet, pas d'hélico, pas de 4x3, pas de voyages de promotion, pas de winemaker diner.

Je ne me plains de rien. C'est le métier, c'est le monde, c'est la vie, c'est injuste et je suis un ultra privilégié déjà. Mais qu'on ne me dise pas que la compétition est ouverte, libre et honnête. Et que seul compte le résultat. Non, mon François, la fin ne justifie pas les moyens et tu m'excusera de mettre toujours en premier dans mes choix la personnalité des hommes est des femmes qui font le vin.

Vendredi 15 Aout 2014, 13:36 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Je termine...

Je ne force personne à faire de même. Et dans mes hommes qui font le vin, je met Aubert de Villaine, Alain Vauthier et bien d'autres. Mais pas Monsieur Bouygues et quelques autres, qui ont, je n'en doute pas d'autres qualités, dont le vin est sans doute fort bon et les équipes méritantes.

Mais quand j'aurai un régisseur qui aura un chef de culture qui aura un (ou plusieurs, un pour le sol, un pour la vigne, un pour la décoration de son bureau) consultant, un maitre de chai qui aura un consultant, les deux consultants ayant eux même des arpètes qui les représentent, le tout me permettant de faire partie d'une "écurie" (pardon, d'une école de vinification"), j'aurai au moins la décence de refuser que l'on m'appelle "vigneron"...

Mais je paierai "vigneron" pour être en couvreur, je ferai de la pub dans le Figaro et tu ne verras sans doute pas le différence, étant resté mon ami parce que moi je t'aime.

J'espère que c'est un peu plus clair ;-)

Vendredi 15 Aout 2014, 13:41 GMT+2 | Retour au début

Je suis allé faire un tour au Louvre la semaine passée : j'ai fait un choix : antiquités grecques et peinture Flamande du XVIIe Siècle. Je suis allé aussi voir les japonnais et les chinois devant la Joconde : très intéressant, bien plus que la Joconde elle-même.
Ils la voulaient, elle, et rien d'autre. En selfie si possible, comme un trophée.
Et même dans les galeries moins fournies des peintres flamands, c'était la cohue devant deux toiles bien précises de Vermeer : l'astronome et la brodeuse. Ils ne regardaient pas le tableau, la plupart du temps, ils photographiaient.
Le rapport ?
Tu peux faire ce que tu veux, il y a des icônes qui quelque soit leur prix, et d'ailleurs surtout si elles sont chères, attireront les désirs et les convoitises d'une frange, pas forcément d'amateurs, mais à fort potentiel ostentatoire.
Je parle bien du vin.
Je comprends Hervé quand il dit que ce n'est pas le vrai monde du vin : c'est un monde à part, une niche. L'idée pour certains est avant tout d'entrer dans ce petit cercle. Parfois le vin est bon, parfois le vin est grand, mais finalement, ce n'est pas le plus important. Il y a une autre dimension qui relève du désir et c'est sur cet axe sensible que jouent les promoteurs du vin ; je pense qu'on peut les appeler comme cela, plutôt que de les appeler vigneron : là, je rejoins totalement Hervé.
On sait tous ici que ce ne sont pas forcément les meilleurs vins du moment, mais ils représentent quelque chose d'autre auquel on adhère ou pas.

Vendredi 15 Aout 2014, 14:21 GMT+2 | Retour au début

Suite
si on juge ce qu'il y a dans le verre, on peut très bien oublier cet état de fait : les investissements colossaux, le tapage médiatique, l'hélicoptère des clients très particuliers, le fric dépensé pendant les campagnes primeur pour faire monter la mayonnaise.
si c'est pour se rendre compte à la fin que les vins ne sont pas forcément meilleurs, ça pose quand même question : quand le GJE met en évidence qu'un vin à 15 euros largement distribué chez Leclerc banane les plus chers vins du monde, par exemple.

Par contre entre ce monde si particulier des très très gros et des très petits qui crèvent la faim, je pense qu'il y a une tapée de stades intermédiaires.

Dans mon raisonnement précédent, je ne pensais pas à ce monde bling bling (qui finalement n'existe plus pour les amateurs), mais à ceux plus raisonnables où certains s'évertuent à faire le plus beau qu'il est possible, en ayant une vision personnelle de ce qu'ils veulent avec leur matériel végétal et leur terroir qu'ils ont à leur disposition.

Vendredi 15 Aout 2014, 14:29 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Il faut de tout pour faire un monde et décrire une situation n'est pas la critiquer. L'analogie avec l'art est pertinente.

Pourquoi, au passage, faudrait il au fait toujours faire "plus" ? "Mieux" ? Plus que quoi ? Mieux que quoi ? Que le voisin ? Que ceux qui nous ont précédé ? Plus luxueux, comme un hôtel ? Plus équipé, comme une voiture ?

Partout, dans ce blog François exprime son attrait pour les vins "justes", comme une note peut-être juste, comme une couleur peut être juste, comme un coin de nature, avec le bon éclairage, peut-être juste.

Et là, l'argent ne fait rien, justement, à l'affaire. Certains vins sonnent aujourd'hui faux. Nous le savons tous ici. Pourquoi alors tant de silences ?

Le vin est à part. Et si nous luttions pour qu'il le reste au lieu de collaborer par notre silence ?

Vendredi 15 Aout 2014, 14:42 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Cela monte dans les tours ! Et cela permet à hervé Bizeul de préciser sa pensée. C'est quand même bien d'avoir encore des vignerons qui maîtrisent leur métier de bout en bout. J'ai passé 3 heures passionnantes ce matin avec Jean Laurent Vacheron et Denis son père. Il a évoqué son rapport à la bio-dynamie, et on a causé de son rapport aux levures.Depuis qu'il vinifie par parcelles, il peut plus facilement faire confiance aux levures indigènes... Évoquant un de ses collègues "tendance Nature, sans soufre", il me disait que pour ce gars, le vin technologique commence avec le soufre qu'on ajoute... Bref on a discuté en dégustant la gamme en 2012 et 2013, plus quelques 2011... Et en lui demandant s'il gardait une clientèle privée, il m'a dit que c'est la tradition de la maison, et qu'il y a toujours du monde pour accueillir, même le dimanche.Et j'ai trouvé que c'était très bien qu'un des trois meilleurs domaines de Sancerre garde un peu de vin pour tout un chacun qui aime le vin. Et en fin de matinée un "papichon" comme aurait dit Didier Dagueneau, un monsieur d'autour de 80 ans et sa "bourgeoise" demandait à Denis s'il pouvait encore mettre des cartons sur la banquette, le coffre étant plein. et Denis de lui dire, "le mien est vide..." Avant d'aller voir et le rassurer : la voiture allait encore supporter quelques cartons... C'est aussi cela le monde du vin...

Vendredi 15 Aout 2014, 18:45 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Il était une fois un roi qui savait lire dans les étoiles. Il appela un jour son conseiller et lui dit : « J’ai étudié le ciel ; un grand malheur menace : des influences maléfiques vont s’exercer sur nos récoltes de l’année et tous ceux qui se nourriront, si peu que ce soit, de notre blé nouveau, vont sur-le-champ être atteints de folie. Aucun d’entre eux ne conservera sa raison. Toi, mon conseiller fidèle, dis-moi, qu’allons-nous devenir ?
- Sire, qu’à cela ne tienne. Faites garder pour vous, pour moi, des réserves suffisantes. L’essentiel n’est-il pas que le roi, plutôt que ses sujets, conserve droite raison ?
- Que dis-tu ? reprit le roi. Toi et moi, nous allons donc nous trouver seuls « sensés » parmi tout un peuple en folie ? Ah ! cette épreuve serait trop cruelle ! Mieux vaudrait devenir fous, nous aussi ! (…). Ne songes-tu pas qu’eux tous, rassemblés contre nous, en notre solitude, nous considéreraient comme étant seuls fous, tandis qu’eux-mêmes se regarderaient comme se trouvant tous dans leur entier bon sens ?
- Sire, que ferons-nous donc ? Car il n’est plus de solution.
- J’ai trouvé, dit le roi. Nous allons, toi et moi, nous résigner au sort commun. Nous mangerons ces aliments fatals, et nous accepterons de devenir, tout comme les derniers de nos sujets, les victimes de cette pollution mentale, la pire de toutes. Mais avant de laisser notre esprit sombrer dans la ténèbre, tu vas graver sur ton front , comme je vais graver sur le mien, le signe de la folie...

Vendredi 15 Aout 2014, 19:00 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

(suite)...Et ce sera notre marque distinctive qui nous empêchera de nous confondre avec la foule inconsciente de sa propre démence ; fous nous serons, toi et moi serons fous. Mais quand tu porteras ton regard sur mon front, et moi de mon côté, lorsque j’apercevrai ton visage, nous ne serons pas dupes ; l’illusion ne nous aura pas tout entier enchaînés ; et si notre raison nous a quittés sans retour et si nous sommes fous sans espoir de guérison, du moins, nous le saurons. »
(Rabbi Nahman de Bratzlav)

Vendredi 15 Aout 2014, 19:00 GMT+2 | Retour au début

Candide dit

Votre parabole ne dit pas si l'un et l'autre, le roi et le conseiller, étaient pourvus d'un nombril ; ni de qui ils procédaient pour paraître si raisonnables.

Vendredi 15 Aout 2014, 19:37 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Sacré Candide : toujours le mot pour rire !

Vendredi 15 Aout 2014, 20:06 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Jérôme et Hervé :

Je commence à comprendre votre point de vue. Effectivement, de mon côté je pars toujours sur une base simple, à savoir que le juge final de tout cela, c'est le consommateur, celui qui achète.

Autant que je puisse le constater, je ne connais aucun vigneron qui ferait bien ou mieux que bien, et à des prix compétitifs, qui ne trouve pas son marché, donc des clients fidèles qui lui permettent une vie honnête.

Certes, ceux qui, comme Hervé ont une connaissance aigüe du marketing ou de la communication à travers ses nouveaux outils, ont une avance sur les autres.

Mais enfin, s'il y a effectivement des zeus qui achètent en fonction de la réputation financière du producteur, ce n'est quand même pas une majorité !

De façon sommaire, on ne peut pas, sur cette terre, et quelque soit le domaine d'activité, demander à chacun un état de sainteté.

En fait, quand j'achète mes vins, je fais du Bizeul comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

Vendredi 15 Aout 2014, 20:12 GMT+2 | Retour au début

Candide dit

Je fais souvent comme vous ; tant pis pour nous, tant mieux pour lui (je déconne - jusque-là)

Vendredi 15 Aout 2014, 20:47 GMT+2 | Retour au début

Candide dit

Précision: "lui", le "marché de niche".

Vendredi 15 Aout 2014, 21:44 GMT+2 | Retour au début

Olivier D dit

@Mauss: Szepsy c'est plus de 50ha, plus grand que Hetszolo ce n'est pas le petit domaine bourgignon de 8ha malgre le wording et la com de ce domaine...

@Herve Bizeul: une petite touche schumpeterienne. Cos a ete parmi les premiers a promouvoir la "gravitation naturelle" avec son cuvier "high tech" pour la vinif pas pour le design....
La Goulee est un tres bon RQP :)

Vendredi 15 Aout 2014, 22:12 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Caro Olivier D :

Bien sûr pour Szepsy : mais il ne faut pas oublier qu'il a commencé tout petiot et que c'est sa passion dingue pour sa région qui l'a motivé pour réidentifier tous les terroirs de Tokaj et, sûr, d'en acquérir patiemment les plus beaux.

Finir un tel sujet sur Schumpeter : fallait le faire ! :-)

Samedi 16 Aout 2014, 06:31 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Olivier, c'est sur que des ascenseurs en verre design, c'est indispensable dans un chai. Et ça contribue au bon RQP. C'est juste un choix technique. Et la marmotte...

D'ailleurs, on se demande comment faisait Latour en 59 avec des comportes en bois, des chevaux, pas de chaud, pas de froid, des pressoirs à la con et des egrappoirs à deux balles. Et quand on goute des vins à 12,8° cinquante ans plus tard on est saisi par une émotion qui marque à vie. Alors que bien des millésimes récents techniques se cassent la gueule.

Je suis stupéfait qu'on croit encore à de telles stupidités sur l'impact de la "gravité" dans la "qualité" d'un vin...

François, je pense que tu vis sur une autre planète. Même les domaines les plus réputés et les plus dynamiques du monde doivent faire des efforts quotidiens insensés pour vendre leur production. Où on ne te dit pas la vérité, où tu ne veux pas la voir, à Bordeaux en premier, où tu vis, où des milliers de propriétés perdent de l'argent, ou des centaines sont en vente, où le prix du vrac est largement inférieur au coût de production depuis des années. Les propriétaires voyagent, rencontrent, communiquent, reçoivent en permanence et c'est au prix de tous ces efforts dans le monde entier que le marché se maintient. Si il y a cinquante propriétés en France qui ont une liste d'attente, c'est le bout du monde. Et pour l'essentiel parce qu'elles produisent peu.

Le vin qui se vend tout seul, c'est un conte de fées.

Samedi 16 Aout 2014, 08:51 GMT+2 | Retour au début

L'exemple de Tokaj est très intéressant et finalement montre bien qu'il faut sans doute nuancer le bipartisme : Je passe beaucoup de temps dans cette région ces derniers mois et commence à "sentir" un peu les choses et les gens : IL y a les très grosses machines (Axa avec Disznoko, Oremus avec Vega Sicilia), les petites machines (Tinon, par exemple, Kikelet et beaucoup d'autres), les stars locales comme Szepsy.
Quand on sait par exemple que l'oenologue conseil de la Royal Tokaj est la brillante vinificatrice de Kikelet, et qu'elle y imprime son style et sa façon de voir, une façon très terrienne et naturelle, on peut réfléchir et nuancer quelque peu les propos un peu caricaturaux de Hervé, même si j'ai tendance à penser de la même façon.
Je trouve également que les grosses machines, Oremus et Disznoko, sont finalement les plus puristes et maintiennent la tradition : ne pas oublier qu'à leur tête, il y a des hommes qui font réellement des vins pensés : Meszaros pour Disz et Andras pour Oremus. Je n'ai pas vu chez ces gros calibres de machines infernales, de poudre de perlimpinpin.
Comme quoi, les gros moyens ne sont pas forcément déshumanisants.
Mais je pense quand même comme Hervé que les grosse machines bordelaises ont dépassé toutes les limites et que finalement on est dans un autre monde que celui du vin d'auteur apprécié par des amateurs.

Samedi 16 Aout 2014, 09:07 GMT+2 | Retour au début

Olivier D dit

Herve, la constatation que vous faites est peut etre tres juste, vous connaissez mieux Bordeaux que moi par contre les arguments hum...
Juste un exemple: quelle etait la temperature au moment des recoltes en 59 et quelle est la temperature maintenant?

@Jerome Perez:
Tout a fait d'accord. Je rajoute Hetszolo delicieux( 99,04,08) meme si moins regulier que Disznoko.
Pour moi le chef de file du "model bourgignon" est Zoltan Demeter, avec en effet Kikelet( qui a vinifie aussi les vins de Moon Valley delicieux), Bott Pince, Barta Pince.
Chateau Pajzos est a suivre cela me parait redemarrer :)
Fuleky fait de mieux en mieux.
Et oui, j'oubliais de dire pour moi Tokaj, c'est les aszus, les aszus et... les aszus !!!!

Samedi 16 Aout 2014, 09:45 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Hervé : crois bien que je connais la situation bordelaise aussi bien que toi.

Mais là, il y a un aspect oublié dans ton commentaire, et cet aspect a déjà été discuté en long et en large sur ce blog.

C'est brutal de fonderie, mais c'est une vérité.

On a beaucoup trop planté en bordelais et, grosso modo, il y a 30 % de terres qui devraient changer de destination. Le marché national du vin a changé, on ne rentre plus chez soi pour déjeuner, on ne boit éventuellement que le dimanche et rarissimes sont les consommateurs quotidiens.

Et, même si c'est une généralité qui peut se discuter selon les régions, de façon globale, les vins que nous consommons actuellement sont quand même meilleurs que ceux des années 50 et 60 quand bien même toi comme moi et comme tant d'autres, on a eu et on a encore la chance de pouvoir déguster des vins d'émotion… de ces décennies là, mais qui viennent généralement de terroirs d'exception.

Donc, ton commentaire sur Bordeaux correspond à une réalité mais tu fais un peu fi des causes de cette réalité. Et cet exemple bordelais ne s'applique pas forcément à toutes les autres régions : Loire, Bourgogne, Jura, Alsace, Rhône, Provence, Champagne. Chez toi, je ne connais pas pour y faire un commentaire sensé :-)

Samedi 16 Aout 2014, 09:56 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Mon commentaire s'applique à toutes les régions. Le L.R. est à l'agonie et a perdu 25 % de sa surface en 10 ans. Et 25 % des exploitations viticoles ont disparu entre 2000 et 2010. Mais il n'y avait sans doute parmi eux que des "mauvais viticulteurs"...

Tu peux trouver du Saint-Emilion Grand Cru à 3 euros HT Départ. Sans doute des mauvais, là aussi, qui bossent pas assez, qui sont pas assez agressifs commercialement...

Et il suffit de se promener dans les vignes ici pour voir combien la profession souffre : 90 % des exploitations sont en pertes comptables selon les greffes. En coopération, c'est 1000 euros de déficit à l'hectare minimum, des structures entières à l'agonie et que les conditions climatiques de l'année vont sans doute achever, en particulier dans l'Aude.

A l'exception de la Champagne et de la Bourgogne (hors Beaujolais où je ne sais combien d'ha ont été arrachés), il y a des vignes à vendre partout. De bons vignerons déposent le bilan chaque jour dans l'indifférence générale.

Bien sûr, certains vont bien, à condition d'avoir des entreprises structurées, d'une certaine taille, où tout le monde est sur le pont 24/24. Mais pour les petits, les solitaires, à mon avis, les jeux sont fait avec en première cause de mortalité la bureaucratie.

Et donc il faut supprimer 30 % des exploitations à Bordeaux pour que les autres vivent ? Ah ben ça, au moins, c'est clair. Je te laisse sélectionner ceux qui doivent mourir pour faire de la place aux autres, hein..

Samedi 16 Aout 2014, 10:49 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Jérôme, je n'ai en aucun cas traité les crus classés bordelais ou provençaux de "structures déshumanisées". Ils font leur boulot, bien ou mal (parce que parfois, quand on goute, on se dit "tout ça pour ça...")

Je dis simplement qu'il y a plusieurs "divisions" désormais et qu'on voudrait faire croire qu'une écurie de kart peut aller plus vite qu'une écurie de F 1.

Il y a plusieurs "tubes", "univers", désormais, dans le vin et vouloir tout mettre sur une table et juger avec les mêmes critères pour sortir "les meilleurs" (ce qui là encore ne veut rien dire) relève de l'escroquerie intellectuelle, tout simplement.

Après, quand je parles de "choisir son camp", il s'agit pour moi de choisir ma voie personnelle de développement, de culture, de vinification et d'assumer entièrement mes choix lorsque je suis face aux consommateurs au lieu de confier cela à un technicien ou à un commercial.

L'exemple le plus criant qui me vient à l'esprit est celui de Jean-Michel et Corinne Comme. D'un côté une équipe et des moyens, de l'autre un homme et une femme. Les deux vins sont tout aussi "vrais" l'un que l'autre. Ce n'est pas une question de moyens, de taille, d'argent mais d'engagement.

Les grosses équipes structurées gagnent sans doute les compétitions. Mais les bouteilles ne sont rarement celles que l'on présentent à ceux que l'on aime vraiment. L'artisanat fait beaucoup d'erreurs mais de ces erreurs naissent souvent des vins qui font bouger les lignes.

Samedi 16 Aout 2014, 10:59 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

En fait, si je veux suivre le point de vue de Bizeul, il me suffit simplement de ne plus dire qu'in fine, c'est le consommateur qui commande.

Par ses choix.

Pourquoi aurai-je plus de compassion pour le vigneron qui n'arrive pas à survivre que pour le cordonnier qui n'a plus de travail ?

Pourquoi un Burgaud, un Bouland réussisse en beaujolais alors qu'effectivement d'autres doivent mettre la clé sous la porte ?

Hervé : on discute là sur des bases, sur des assomptions différentes et donc, cela ne mènera nulle part.

Au moins, je comprends ton argumentaire.

Surtout, ce point que je partage complètement : la mort lente de biens des artisans tués par une classe de fonctionnaires qui n'a qu'un seul souci : justifier le salaire qu'ils touchent (ce qui est compréhensible) mais surtout en emmerdant les gens avec des règlementations d'une stupidité rare.

Samedi 16 Aout 2014, 12:17 GMT+2 | Retour au début

ça envoie du lourd, là François !

Je ne dirais rien sur les fonctionnaires, mais par contre je vais ajouter mon petit mot sur certains qui mettent la clef sous la porte et sur lesquels tu n'as pas envie de t’apitoyer : c'est ça, c'est la dure loi du libéralisme ? Je peux t'assurer que ce n'est pas pour certains faute de talent et pour cause de mauvais vins.
Je continue de penser qu'il est plus facile de vendre du vin à 15 qu'à 10 et à 10 dans certaines appellations où c'est un maximum qu'à 4€.
Depuis quelques messages, j'ai l'impression qu'on ne vit pas dans la même planète vin. D'ailleurs c'est une certitude.
D'une part, il faudrait connaître le montant des emprunts au crédit agricole de chaque domaine et je pense également aussi qu'aussi bon soit le vin, il faut un sacré réseau de communication pour vendre aujourd'hui. Ces Beaujolais dont tu parles souvent appartiennent aujourd'hui à ce "mieux disant culturel" vin , ce que l'on doit forcément aimer : un peu comme Gainsbourg ou Trenet en chanson. C'est de l'établi, de l'admis, de l'accepté. Pas facile de se faire une place au soleil sans un sérieux réseau. Je pense d'ailleurs que Hervé en a bénéficié, tant mieux pour lui.
Etre bon vigneron ne suffit pas, non. Et il vaut mieux avoir hérité de l'affaire de papa et être bien intégré à certains réseaux.

Samedi 16 Aout 2014, 12:41 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Chacun doit batailler dans sa vie.

Certains ont des outils dès la naissance (argent, relations), d'autres réussissent via leur intelligence et force de travail et enfin une quantité importante d'individus n'ont simplement pas reçu ou n'ont pas été capables de mener des batailles qui les sortent d'un état pour arriver à un autre, meilleur.

C'est là que doit jouer le rôle majeur de la démocratie, en mettant en place les outils, les systèmes pour compenser les impossibilités d'évoluer vers le haut de certains en sollicitant de bon gré ou mal gré ceux qui ont été gâtés.

Je serai donc toujours le premier à applaudir les états qui auront l'intelligence de défendre une vie des campagnes, des activités artisanales en ville, mais sans que cela devienne une rente outrageante n'encourageant aucunement les efforts individuels.

Samedi 16 Aout 2014, 14:19 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Interessant François. Mais vois tu, il n'y a pas "d'argumentaire" de mon côté. Il y a juste un regard. Je ne défend pas de cause. La sélection naturelle fait son travail, tu trouves ça naturel. Moi, je pense que l'humanité, justement, c'est autre chose...

Tu me parles "loi du plus fort", je te parle "empathie" vers celui qui trébuche. Tu me parles argent, mondialisation, technique, pouvoir, ego, je te parle rêve, poésie, douceur, indépendance, responsabilité et local. Et je pense qu'un "riche" peut tout aussi bien défendre certaines valeurs et n'a pas systématiquement à construire le château du Marquis de Carabas. Que vouloir faire croire au consommateur que cela est fait "pour l'amour du vin" ou pour "la qualité du vin", c'est mentir. Il y a des limites, tout le monde les voient et les connait. Mais qui se lève pour les dénoncer ? Ou au moins s'en moquer ? Non, ce n'est que louanges... Moi, le prix du Clos des Lambrays, ça me fait drôlement tousser...

Le vin n'est qu'une facette de cette société qui change vite et fort depuis 100 ans, et qui accélère. Disons qu'il a été protégé, qu'il a su s'adapter. Mais là, simplement, c'est trop dur et, encore une fois, cette philosophie du "winner takes all" est en route. Et on fait des vins pour s'échanger entre cadeaux d'entreprise entre officiels chinois corrompus. Mais tout va bien...

Je n'y peux rien, tu ni peux rien, Jérôme n'y peut rien et la discussion est pertinente, je l'espère, pour ceux qui la lisent.

Samedi 16 Aout 2014, 14:37 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Enfin, parce que je pense avoir à peut-près tout dit, je n'ai jamais fait d'école de commerce ni lu de bouquin de marketing. J'écris un blog, sur ce que je fais, quand j'en ai envie. Si les autres ne fond rien, je ne vois pas en quoi cela fait de moi un "as". Je suis content de faire du vin, en ferait sans doute du différent dans les années à venir, je suis libre dans mes actes et dans mes paroles. Et si un jour mes clients ne l'aiment plus, et bien je disparaitrai, François, ne t'en fait pas ;-)

Jérôme, je n'ai pas et n'ai jamais eu de "réseau". Mes "confrères" sommeliers ne m'ont jamais acheté une bouteille. Mes "confrères" journalistes ne m'ont fait aucun cadeau et ne m'en fond toujours aucun. Quand à mes amis, 11 (sic) d'entre eux, en 15 ans, m'ont acheté un jour du vin, dont François Mauss, une fois, 12 bts. Michel Rolland m'a donné en 98 un ou deux conseils au téléphone, la première année, et ça m'a fait du bien. Et Dominique Laurent, un soir, m'a expliqué des choses importante su mais il était bourré et il ne s'en souvient plus. Mais ce fut important pour moi. Et Didier Dagueneau m'a expliqué ce qu'était un pas Macon. Voilà, j'ai fait le tour.

Je suis formidablement reconnaissant à tous ces "amis " et ce "réseau" de n'avoir... rien fait pour moi, au moins, un, je ne leur doit rien et deux cela m'a obligé à me dépatouiller tout seul. Les amis, c'est pas fait pour ça. Et si il y a bien un milieu ou on ne sait pas s'entraider, c'est le vin. Ca explique bien des choses.

Samedi 16 Aout 2014, 14:46 GMT+2 | Retour au début

C'est vrai que tu étais totalement inconnu dans le monde du vin. Et que les chroniqueurs n'avaient pas au moins envie de goûter ton vin. En plus il était bon.
Encore une fois, ce n'est pas un reproche, mais non, que tu le veuilles ou pas, tu n'étais pas un neo vigneron lambda, pas plus que De Floris par exemple.
Regarde, Chante Cocotte, parce que c'est le pote de De Rouyn, on en parle bien plus que la moyenne.
Ce n'est pas une critique, c'est un fait.
Des vins meilleurs, il y en a plein, bien moins chers et ils ne feront jamais autant de bruit : c'est ainsi.
C'est clair que si tu avais fait de la piquette, on n'en parlerait pas longtemps. D'ailleurs, tu as eu ton heure à temps parce que la RVF qui a bien changé a aussi changé d'attitude face à tes vins.Mais tu ne peux nier que les coups de projecteur, ça aide.
Rien dan mon propos qui ne soit volonté de dénigrer.

Pour en revenir à la démocratie, François,un des principes de la nötre, c'est l'égalité. Bien des systèmes (et des réseaux) mettent à mal ce principe.
Je suis d'accord avec toi que le mérite et la réussite sont des valeurs fortes ; mais le mérite seul ne suffit pas toujours pour réussir, hélas. Et il a parfois des réussites injustes au regard de certaines déconfitures.

J'étais hier soir au domaine d'Escausses à Gaillac, une prpriété qui incarne la réussite dans l'appellation. De très bons vins, voire excellents pour certains : une réussite qui ferait sourire dans d'autres appellations. Pris max : 10 / 12 €

Samedi 16 Aout 2014, 15:18 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Tu peux penser ce que tu veux, Jérôme mais ce n'est pas pas la vérité. Mon "réseau" m'a desservis plus qu'autre chose et je n'ai eu que du mépris de mes confrères (sommeliers, journalistes, vignerons pour qui je n'était pas tendre, je l'avoue) pendant de longues années.

Les seuls coups de projecteur que j'ai eu ont été à la suite de dégustation à l'aveugle auxquelles je met un point d'honneur à toujours participer quand elles sont honnête. Tu serais bien en peine de me sortir un article d'un de mes "copains" je pense. Mais bon, si ça facilite les choses de croire ça, croit le. Mais en fait, bien de mes "amis" se sont empressés de me dénigrer, et ça continue. C'est la vie, c'est la France...

Comme de croire qu'un article fait vendre... Ce qui fait vendre, c'est la qualité, le terroir, l'histoire d'un homme quand elle est vrai.

Après il y a eu la petite Sibérie qui a beaucoup fait couler d'encre et pas qu'en bien. Si tu voyais mon "press book" des premières années, qui n'est pas si plein que ça, tu serais surpris par le nombre de critique acerbes "d'amis de trente ans" voire de moqueries de journalistes à qui j'ai parfois mis le pied à l'étrier. Mais bon, je vois pas en quoi c'est le débat.Mais tu peux toujours insinuer aussi que la Chique a des médaille d'or parce que j'ai "un réseau"... Le réseau, dans ce métier, ça ne sert à rien et tous ceux qui comptaient la dessus se sont bien plantés... Ca marche (pas non plus) à mon avis pour les Peugeot, les Bouygues et les autres..

Samedi 16 Aout 2014, 15:48 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Il y à réseau et réseau. La franc maçonnerie doit aussi marcher pour le vin j'imagine.
Quoi qu'il en soit, je pense que les réseaux qui se tissent via lUnion de Métiers, Sève, ou Renaissance des Appellations sont intéressants. Il est de plus en plus difficile de jouer perso Et il est important de ne pas se sentir seul.
Dans la discussion, j'ai bien aimé "les chinois en visite de la Joconde" . Un ami avec qui je courais ce matin me disait qu'il a peiné à acccéder aux 2 toiles de Léonard à Saint-Peters. Les gens qui peuvent accéder aux icônes s'y pressent ! Ceux qui en ont les moyens veulent accéder aux icônes du vin.
Débat intéressant : le monde du vin à-t-il besoin d'icônes pour exister ?
Michel, dis nous en quelque chose ? Dans les siècles passés, les vins icôniques étaient-ils ceux d'aujourd'hui

Samedi 16 Aout 2014, 16:03 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Ah, dans ceux m'achètent du vin, cher Jérôme, je serais gouja d'oublier Nicolas de Rouyn, que tu sembles soupçonner d'avoir le "copinage" facile, qui m'a acheté trois fois du vin en cinq ans, en particulier du "Faune" qu'il adore.

Je tiens les factures et les preuves de paiement au cas où tu en douterais car je te sais soupçonneux...

Y a t'il meilleure preuve qu'un journaliste aime VRAIMENT ton vin ?

Pour moi, non.

Et si tu pouvais dire à mon ami François d'organiser juste pour moi, son vieux pote, un Grand Jury ou je gagnera à coup sûri ou me mettre en avant d'une façon quelconque (genre le Roussillon en thème principal de la Villa d'Este ;-) et bien... ne le fais pas car les amis ne sont pas là pour vous servir la soupe.

Samedi 16 Aout 2014, 17:06 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Je n'accepte simplement pas, et très vigoureusement, qu'on me dénie une quelconque empathie envers le monde des vignerons qui ne trouvent pas d'équilibre. Ou alors, j'ai très mal écrit mon commentaire précédent.

Mais oui, je fais partie de ceux qui aiment préférer en autrui ceux qui se battent plutôt que ceux qui pleurnichent pour obtenir des aides sous prétexte du principe d'égalité, si galvaudé.

Si c'est une différence entre nous, sans qu'elle remette en cause une estime partagée, soit : on l'accepte ou pas mais disons que c'est un fait.

Allez ! Un peu de vélo avec quelques cantates et ce sera bon pour les deux santés : physique et morale ! :-)

Samedi 16 Aout 2014, 17:07 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Hervé et De Rouyn : si ce n'est point deux caractères opposés !!!

Samedi 16 Aout 2014, 17:09 GMT+2 | Retour au début

Impressionnant quand même de voir que tu as la critique facile, Hervé, que tu n'aimes pas que l'on change la lettre de ton propos et que tu déformes largement dès lors que tu penses être sur le grill. Tu ne l'as jamais été et je n'ai jamais parlé que ceux qui ont parlé de tes vins étaient tes copains. T'es un gars compliqué, quand même!

Oser dire que tu partais à égalité avec tartempion dans le monde du vin, c'est quand même gonflé : et encore une fois, je n'ai rien contre. Le tout est de le reconnaître.

Pour ce qui est du tapage à la sortie de la Petite Sibérie, je m'en souviens fort bien ; à cette époque, on s'était bien chauffé et tu m'avais même sorti le coup de l'offre et de la demande pour expliquer le prix élevé que tu en demandais alors que tu m'as expliqué plus tard que tu avais fixé ce prix a priori parce que tu pensais que ce vin était parmi les grands grenaches du monde et que c'était alors à ce prix qu'ils se vendaient.

Maintenant, j'ai beaucoup de respect pour de Rouyn, parfois même je décèle dans sa plume beaucoup de sensibilité, je le lui ai dit, mais parfois aussi il est totalement insupportable ce que je lui ai aussi dit. Et il navigue quand même dans un monde du vin qui n'est pas tout à fait le même que celui de la plupart des amateurs : on appelle ça un réseau ou pas, chacun a son propre vocabulaire et son idée sur la question.

Toujours difficile la communication écrite sans le son et l'image, hein ?

Samedi 16 Aout 2014, 18:49 GMT+2 | Retour au début

Et enfin, François, bien entendu qu'il n'y a pas de jugement de valeur dans nos positions respectives et ça ne remet nullement l'estime : voilà au moins le principe d'égalité respecté.

Maintenant, ceux qui pleurnichent ne sont pas non plus ceux qui illustrent mon propos.

Le titre du sujet parle de deux écoles du vin :
je pense qu'on a au moins en évidence qu'il y en avait davantage et que ce n'était une fois encore pas une question de taille ou de moyen pour les différencier.
- ceux qui font du vin sans se poser de question de qualité parce que ça leur échappe : plus beaucoup de place pour ceux-là, même s'ils pleurnichent
- ceux qui font le vin qu'il faut pour vivre et parfois ce n'est pas facile
- ceux qui font le vin qu'il faut pour vivre et tentent aussi d'élaborer leur vin idéal
- ceux qui ont la chance de pouvoir vivre de suivre leur idéal : qu'ils en vivent plus ou moins très bien
-ceux qui font du vin, bon ou pas, dans l'unique but de s'en mettre plein les poches, et qui ont bien compris que plus c'est cher et l'environnement fastueux, plus il y aura de gugusses pour vouloir en acquérir. Je crois que ce monde-là s'éloigne de plus en plus de celui des amateurs.

Samedi 16 Aout 2014, 20:05 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Jérôme :

Hervé sait parfaitement qu'il a bénéficié, son intelligence et son entregens inclus, d'un réseau construit des années auparavant.

Il est donc parti avec un inconvénient et un avantage : pas de sous mais des noms qui le connaissaient et qui pouvaient transmettre l'information aux bons endroits.

C'est bien là que la notion d'égalité devient particulièrement relative et que mon idée de toujours privilégier une intelligence et un travail à une demande d'assistance sera une idée de base prioritaire dans ma conception des choses.

Samedi 16 Aout 2014, 20:05 GMT+2 | Retour au début

Sur ce dernier point nous sommes tout à fait d'accord.

Samedi 16 Aout 2014, 20:56 GMT+2 | Retour au début

Hervebizeul dit

Faudra me dire me faire la liste des "entregents" dont tu m'as fait bénéficié, François, à l'occasion ;-)

Je crois que tu as fait plus de pub pour le Rousillon avec Modat que tu n'en a jamais fait avec moi ;-).

Un conseil Jérôme, si tu fais du vin un jour, ce qui je pense est possible, ne compte pas sur ton "réseau" : tu aurais de grosses désillusions.

François, je crois que tu devrais, un jour, passer quinze jours dans un domaine "moyenne gamme". Tu aurais je pense une autre vision "de l'intérieur" de ce que c'est de faire du vin et de le vendre.

Bon, sur ce, bon Dimanche les amis

Samedi 16 Aout 2014, 21:04 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit
Olivier D dit

Un petit effort, on est bientot a 100 commentaires :)
Bu un Fleurie d'Anne Sophie Dubois Celefryeltre 2011.
Vous connaissez? Moi j'apprecie :)
Les crus du beaujolais j'aime de plus en plus: des vignerons sympas et sobres pas trop grandes gueules....ca fait des vacances par ce temps d'aout parisien incertain!

Samedi 16 Aout 2014, 21:27 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Bu Mas Jullien ce soir, millésime 2007, superbe !

Samedi 16 Aout 2014, 22:21 GMT+2 | Retour au début

Amoraliste dit

Je crois que ce debat a atteint le point Godwin depuis deja un certain nombre de postes... Parler des franc-macons, fonctionnaires et melanger ca avec Jayer, Rolland et la petite Siberie, il fallait oser.
La palme revient a Jacky Rigaux qui se rapproche de plus en plus des Shadoks : pourquoi faire simple quand on peut faire complique.
Peut-on aspirer a moins de sophistication et circonvolutions inutiles ?

Dimanche 17 Aout 2014, 18:26 GMT+2 | Retour au début

Olivier D dit

@Amoraliste: c'est vrai que parler du point Godwin c'est particulierement simple et direct....
A part cela votre point de vue sur le sujet ?

Dimanche 17 Aout 2014, 20:02 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

L'ouverture d'un Mas Jullien par M. Rigaux me semble illustrer parfaitement le débat. Merci Jacky.

Olivier Julien, notre troubadour Languedocien, dernier romantique, suit sa voie si attachante sans se soucier du monde, change de vignes quand il sent que d'autres sont désormais plus en phase avec lui, avoue dans une phrase merveilleuse du le livre de G. Bardawil (une promesse de vin, à lire si vous ne l'avez pas fait) qu'il est "tout à fait lucide que le facteur limitant principal de la qualité de son vin, c'est lui-même" ou un truc approchant qui m'a beaucoup marqué. Bref, un homme singulier qui fait des vins singuliers.

Une "personne physique" vs une "personne morale", pensais je tout à l'heure en rentrant de la plage... Comme en droit..

Finalement le débat n'est il pas là ? Vin personne morale (grosse structure hiérarchisée) et Vin personne physique (un homme aux manettes)?

Clairement, aujourd'hui, pour le consomamteur, cela fait une grosse différence, en tout cas pour une frange importante d'amateurs... Le journaliste, pourtant, maintient son dictat : tous sur la même table et en avant !

J'aime bien cette image, merci de m'avoir aidé à la trouver !

Dimanche 17 Aout 2014, 21:09 GMT+2 | Retour au début

Nicolas Herbin dit

La découverte des vacances :

www.leragnaie.com/

Rosso di Montalcino 2011 et Brunello 2008 ce jour en coups de coeur.

Des vins de ce niveau et prix là, y'a presque qu'en Italie que l'on trouve cela... boire un meilleur Rosso di Montalcino à moins de 20 € relève du défi !

A la fois la profondeur et l'âme d'un vrai vin de vigneron voire de grand viticulteur, et la précision et pureté d'un vin d'oenologue, pour en revenir au débat initial. Et bio, pour couronner le tout, mais sans le claironner.

Bon été à tous !

Et désolé d'interrompre, bien sûr...

Dimanche 17 Aout 2014, 23:22 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Amoraliste : on ose beaucoup sur ce blog :-)

Nicolas : marrant comme tu préfères la Toscane aux sombres fjords norvégiens !

A tous les autres : merci pour toutes ces contributions qui ont été des chemins de traverse parfois étonnants ou inutiles, mais comme j'ai ici des sages qui remettent la charette sur le dur chemin de la vie, je peux partir content pour quelques jours de repos.

… où il y a du réseau ! Alors achtung !

Lundi 18 Aout 2014, 07:15 GMT+2 | Retour au début

J'ai perlé d'Olivier Jullien, j'ai cité aussi Eric Nicolas, on pourrait rajouter Patrice Lescarret et on se dit que finalement, il n'y en pas tant que ça, des esprit totalement libre et surtout affranchis ... Des personnes morales et physiques (jolie formule en effet Hervé).
Mais en regardant de plus près, on en trouve beaucoup : pas besoin qu'ils soient des personnalités hors norme, juste des artisans de la qualité à tout prix, mais à n'importe quel prix.
Pas besoin d'être jusqu'au-boutiste au point de mettre en péril sa vie familiale ou sa structure (ça s'est déjà vu !).
Pour faire un peu dans la provoc, De Bouard dans son style, sait aussi parfaitement où il veut aller et quel vin il veut faire !

Lundi 18 Aout 2014, 08:11 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

"Personne physique"/"personne morale"... distinction intéressante, fruit de ces riches échanges... Même si quelqu'un a évoqué les shadocks !
D'accord avec Nicolas, il y a d'excellents Rosso di Montalcino, aux côtés des fameux Brunello... Bu récemment Rosso de Il Paradiso Di Manfredi remarquable

Lundi 18 Aout 2014, 15:24 GMT+2 | Retour au début

Olivier D dit

@ Nicolas Herbin: Merci pour cet exemple concret et pour cet decouverte :) J'ai une chance de trouver cela sur Paris?
@Herve Bizeul: C'est du poujadhisme applique au vin?
Domaine Denis Debourdieu, dans quelle categorie?
Pour un domaine que je connais mieux le chocolat( et en plus un clin d'oeil a votre reference livresque) de grands chocolatiers ont reussi a faire passe l'exigence de l'artisanat dans un format un peu plus grand et international (Maison du chocolat, Jean Paul Hevin, Jacques Bellanger) avec l'aide de Valhrona et faire bouger les lignes des grands industriels vers le haut (gamme Lindt par exemple). Naturellement ce n'est pas la fraicheur et la precision d'une Jacques Genin mais cela permet de rejouir plus de palais :)
A l'inverse des boutiques d'artisans se disant faire leurs chocolats eux mêmes n'atteigne en faite meme pas la qualite de Lindt!
Je suis contre se clivage ridicule et le dialogue entre les deux me parait plus productif comme l'artisan vigneron qui va embouteiller dans la derniere machine high tech du grand domaine et le directeur du grand domaine qui va discuter avec l'artisan vigneron des prise de risque a prendre pour avoir plus de personalite dans son vin(on revient au 8ha du debut!) :)
Enfin c'est juste mon avis.....

Lundi 18 Aout 2014, 20:53 GMT+2 | Retour au début

Amoraliste dit

Pouvez-vous m'expliquer pourquoi vous vous referez a Jayer en permanence alors qu'il a cesse ses activites depuis au moins 20 ans ? N'y a-t-il pa de personnalite toute aussi interessante et legerement plus contemporaine qui soit un exemple? Quid de lalou bize ? Les vins qu'elle fait releguent a 100 coudees ceux du grand maitre jayer...

Lundi 18 Aout 2014, 20:57 GMT+2 | Retour au début

Languedoc Paradise dit

Z' êtes pas en vacances ?
Échanges fertiles....qui laissent songeurs... c'est au moins ça de pris... Merci

Lundi 18 Aout 2014, 23:49 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Amoraliste :

C'est vrai que Jacky parle beaucoup de Jayer qu'il a bien connu, mais pour autant, que je sache, il connait et apprécie bien d'autres noms en Bourgogne.

Oui, les vins de l'irascible Lalou sont de beaux chefs d'oeuvre vendus au prix de l'or, mais là encore d'autres noms peuvent facilement s'aligner, sans même parler de la DRC : Rousseau, Roumier, Mugnier.

Disons qu'à titre perso comme "mémoire" de la Bourgogne, je mets volontiers en tête Charles Rousseau qui ne sait pas ce que c'est la langue de bois. Lire l'interview que j'avais fait avec ce seigneur bourguignon en 2007 que je mets dans le billet suivant.

Mardi 19 Aout 2014, 09:39 GMT+2 | Retour au début

Jacky Rigaux dit

Il se trouve, sans stratégie d'aucune sorte, que j'ai été mis en relation avec Henri Jayer à la fin des années 1970, alors que je commençais à travailler et que je gagnais un peu de sous, et que j'étais déçu par les vins de Bourgogne, en particulier des Grands Crus.(à l'époque on pouvait les acheter pour pas très cher, même le Montrachet ou le Chevalier... ) Dès la dégustation au fût, j'ai été émerveillé, un vrai choc émotionnel, et de surcroît une vraie rencontre, rencontre avec le vin, rencontre avec l'homme.Par la suite, j'ai organisé avec lui des dégustations des Grands Crus, avec les vignerons qui le souhaitaient.C'est comme cela, par exemple, que j'ai connu Anne Claude Leflaive, à l'occasion de la première dégustation"Montrachet" (on en a fait d'autres sur le Montrachet, car très déroutante la 1ère,) Bref, on a fait plein de choses, dont la création d'un groupe "Réflexion sur le terroir". Et c'est lui qui valorisait la notion de "climat", plus précise pour lui que celle de Grand Cru et 1er cru... Puis il y eut les "Rencontres Henri Jayer...
Bien sûr que je connais Laloux Bize Leroy et ses vins... Je dégustais avec elle au DRC avant qu'Aubert ne prenne la direction... Après, c'est une question de goût.Aujourd'hui encore, j'ai une préférence pour les vins d'Henri, à millésime égal bien sûr !

Mardi 19 Aout 2014, 10:19 GMT+2 | Retour au début

Amoraliste dit

Merci a vous pour ces explications

Mardi 19 Aout 2014, 10:27 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Olivier D. : personnellement, je ne mange pas de bonbon de chocolat surgelés... Encore moins à 60 euros le kg.

Hors, la grande majorité des "artisans" qui ont grossit surgèlent, sans le dire, bien sûr, au moins à Pâques et à Noël. Ce que je trouve être scandaleux (de ne pas le dire, parce que le résultat est étonnant). Tout aussi discutable de voir Valhrona vendre des bonbons de chocolats industriels (bien que bons) dans des boulangeries où le client croit que c'est le pâtissier qui l'a fait, pâtissier qui utilisent d'ailleurs des intrants qui donnent le frisson à qui les connait... Mais si tu penses que Bongrain et Michel Chaudun, c'est pareil, je comprend que tu penses que le Groupe Castel et moi, on fait tous les deux du vin...

Sur la comparaison entre LBL et HJ, là aussi, on mélange les torchons et les serviettes. Personnellement, j'évite. Henri n'avait pas besoin de poser au milieu du zodiaque, déjà... Après, question de goûts, bien sûr, pour les vins comme pour les personnes. Je l'avoue, Lalou, j'ai pas les moyens et ne les aurait jamais. Elle m'a jamais proposé un échange, alors ;-) Personnellement, quand on vit pas déjà au milieu de ses vignes, ça fait une grosse différence. Mais bon, on va dire que je suis mauvais coucheur, comme d'hab. Pourtant, le début du chemin, c'est là : vivre où on produit...

Mardi 19 Aout 2014, 15:00 GMT+2 | Retour au début

107e commentaire, un mois après…

Merci Hervé.
Oui, j'aime tes vins et je le dis chaque fois que je peux. Et j'en achète quand l'occasion se présente — du faune ET du de-battre, hein ;-)

Merci Jérôme.
Oui, on se frite avec une vraie gourmandise, c'est un des bonheurs de ce monde du vin (celui-là, d'autres sont plus lourdingues).
Oui, je fais autant que je peux la courte échelle à mon pote qui fait l'admirable Chante-Cocotte, parce que c'est un pote "d'avant" et parce que son engagement me bluffe. Lui qui pourrait se contenter de passer chercher une quille chaque matin chez Hedonism, il s'est pris la piqure "vin" dans chaque bras et le voilà producteur. Il apprend au rythme lent des saisons et il en bave avec une belle curiosité.

Lundi 8 Septembre 2014, 15:40 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

J'aime les gens qui aiment et soutiennent des amis.

Lundi 8 Septembre 2014, 19:47 GMT+2 | Retour au début