BIENVENUE SUR Le blog du Grand Jury
RECHERCHE
Accueil> Du Vin en général > Saint-Emilion, une réforme à suivre
 Gje

Le blog du Grand Jury

Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Saint-Emilion, une réforme à suivre

Dimanche 5 Septembre 2010, 21:00 GMT+2Par GjeCet article a été lu 1339 fois
On parle de plus en plus à Saint-Emilion d'un aménagement des règles spécifiques à cette appellation.

Il s'agirait en fait de modifier la règle qui, actuellement, interdit à un Domaine, en cas d'achat d'une autre propriété sur la même appellation, de l'intégrer sous son propre nom, comme cela peut se faire en Médoc.

Confer le dernier exemple de Montrose qui a racheté une partie des vignes de Phélan-Ségur* et qui, un jour, seront probablement intégrées dans le grand vin de Montrose.

Certes, ici il y a la question du fameux classement et les anciens se souviennent de ce qui est advenu à Beauséjour Bécot dans le passé. Cet élément risque de compliquer les choses, mais en rive droite, on a de l'imagination.

Gageons que cette question sera résolue tant les domaines en faveur de cette modification sont nombreux et la souhaitent.

Avantage ? Un des premiers avantages sera de donner enfin aux puissantes maisons de négoce un volume de vin par entité qui leur permettra de bien meilleures allocations de par le monde, comme cela se fait avec les grands châteaux de la rive gauche. Qu'on le veuille ou non, l'avenir est totalement un avenir de MARQUES. Et une marque doit pouvoir fournir.

Inconvénient ? Une dilution de la qualité ? Je n'y crois pas beaucoup tant, au niveau des prix actuels, les meilleurs domaines se doivent d'offrir chaque année le meilleur du meilleur. On monte doucement, mais on peut tomber très vite. Voilà une notion que chacun gardera en tête le moment venu.

Bon : tout cela se discute, comme d'hab !

Phélan-Ségur* : lire à ce sujet l'entretien de Thierry Gardinier dans le dernier numéro du Nouvel Obs (page 112).

Pour lui, ces 22 hectares vendus ne vont pas changer la qualité du cru : les dégustations comparatives futures confirmeront ou infirmeront ce point de vue. A titre perso, je parie que Monsieur Gardinier fera tout pour, au contraire, monter encore la qualité de ce cru de saint-estèphe. Pas folle, la guêpe ! Il reste suffisamment d'hectares pour produire un vin de référence.

Saluons également son abnégation à remonter le concept des "crus bourgeois", ayant enfin compris que seule une entité indépendante peut noter les vins (annuellement); ce sera le bureau VERITAS (une idée que j'avais soumise il y a quelques années à cette société d'agrément).

La sagesse suggère cependant de donner à cette notation un rôle qui ne soit pas  éliminatoire : mais cela, c'est encore un autre problème, délicat entre tous. Il y a du teuf sur les planches !

Bravo en tout cas à Thierry Gardinier de reprendre ce flambeau alors même que des avanies, il y en a eu un paquet ! C'est du pur apostolat.

 ps

Phélan-Ségur : un des plus majestueux château d'Aquitaine

Lire d'autres articles de la rubrique

Cet article a été commenté 8 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Olivier dit

Pas vu cette article dans mon dernier terre de vins, je vais regarder de nouveau!
Bel article sur Anne-Claude Leflaive et son école du vins, je vais me renseigner de plus près :o) En en plus pour une fois on est pas dans le, le sud-ouest c'est trop génial, on est trop fort!!! un peu le défaut de la revue pour moi :o(

Dimanche 5 Septembre 2010, 23:00 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Mea culpa.

C'est page 112 du Nouvel Obs.

Lundi 6 Septembre 2010, 08:08 GMT+2 | Retour au début

Pourvu que ça reste à Saint Emilion, ça ne changera pas grand chose...
De toute façon, le vrai problème est ailleurs: tous les Saint Emilion Grand Cru méritent-ils la mention Grand Cru et quid de la mention "Grand Cru Classé"?
Mais quel est aujourd'hui l'impact des mentions? Sans doute pas énorme en comparaison des marques.

Lundi 6 Septembre 2010, 11:39 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Oui et non, Hervé :

Il est bien plus facile d'asseoir une marque si le cru bénéficie d'un classement.

Plus que jamais, les amateurs rapides ont besoin de classements, et c'est d'ailleurs bien dans ce sens que veut aller Gardinier en relançant les "bourgeois".

Les "pointus" comme toi : vous êtes les rares de rares. La vaste majorité des acheteurs, surtout les riches, n'ont pas le temps d'étudier, de déguster, de comparer. Ils leur faut des "garanties" de noblesse à mettre sur table.

Regarde ce qui s'est fait en Alsace et ce qui se concocte ailleurs : faire des classements de "grands crus".

Lundi 6 Septembre 2010, 11:48 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Hervé : inutile de chercher une entité, quelqu'elle soit, pour dire ce qu'il faudrait arracher ou pas.

Le "marché" doit rester le seul juge. Certes, cela veut dire qu'il faut arrêter de subventionner les mauvais etaider les bons :mais là encore,qui séparera le grain de l'ivraie ?

Un fabricant de chaussures qui ne ferait que des pointures de 50 ou plus n'aurait guère de succès et sa boîte fera vite faillite.

Pourquoi devrait-on défendre par des artifices administratifs des vignobles quifont mauvais ?

Le marché, certes, juge impitoyable et parfois aveugle, reste de loin la solution "la moins pire".

Dimanche 12 Septembre 2010, 18:52 GMT+2 | Retour au début

Qu'entendez vous par marque?
Doit on comprendre des millions de cols qui inondent la planète, chez les cavistes, sur les tables des restaurants les plus "tendance", ou le vin qui symbolise l'appellation de part sa régularité?
La marque fait elle référence au quantitatif ou plutôt à la qualité indiscutable du produit?
J'ai entendu Jacques Dupont tenir le même discours, à savoir le vignoble français à besoin de marques pour être identifié de part le monde, tout en ayant ses fers de lance comme les grands crus classés.

Quand un vin devient-il une marque?

Mardi 14 Septembre 2010, 09:36 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

On aura les éléments de réponse lors du séminaire que tiendra Hubert de Boüard à la Villa d'Este dont le titre est :

" La force de la marque : une nécessité pour demain au-delà de l’AOC"

Samedi 18 Septembre 2010, 12:17 GMT+2 | Retour au début