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La réputation d'un cru doit-elle être uniquement liée à sa capacité de vieillissement (2) ?

Jeudi 5 Aout 2010, 17:21 GMT+2Par GjeCet article a été lu 1043 fois
Loin d'être épuisé, ce sujet mérite le développement de quelques autres points majeurs, mis en évidence par deux commentaires mis sur notre premier billet relatif à ce sujet.

Je cite le commentaire d'Hervé Lalau :

"Un thème annexe, qui n'est pas sans intérêt: comment vieilliront les vins qui nous plaisent jeunes aujourd'hui?

Questions subsidiaires: les vins boisés des années 90 auront-ils une deuxième vie? L'acidité qui rebute souvent l'amateur dans les Bordeaux (ou même les grands Italiens) n'est-elle pas un garant de longévité (entre autres). Bref, on ne pourrait donc pas être et avoir été?


Je n'ai pas de réponse, car je déguste peu de vieux vins, ou pas les bons; je n'ai donc pas assez de recul. Mais vous, qu'en pensez vous ?"

Puis le commentaire de Kelly Walker (membre GJE) :

"Yes, acidity is certainly not a guarantee of longevity. Many great long lived Bordeaux have had relatively low acidity. Nor is history a guarantee as winemaking has changed over the years even for many of the most esteemed estates. Yet professional reviewers give very specific dates for windows of optimum drinking for wines that have yet to show their true faces. I am right now drinking a beautiful 2004 Paolo Bea Sagrantino di Montefalco Pagliaro Secco. I am sure it will drink much better 10 years from now, maybe even 20. But it is hard for me to describe why I believe that to be true."

que je traduis sommairement :

" l'acidité n'est certainement pas un gage de vieilissement. Bien des grands bordeaux ont eu une acidité relativement basse. Et nous n'avons aucune "garantie" que les nouvelles méthodes de vinification - dont l'histoire est trop récente - permettront un vieillissement comme dans le passé. Or les journalistes professionnels n'hésitent pas à indiquer des périodes d'optimum.

J'ai goûté récemment un  2004 Paolo Bea Sagrantino di Montefalco Pagliaro Secco. Je suis certain qu'il sera meilleur dans dix ans, peut-être 20 ans. Mais il m'est difficile de dire pourquoi je crois que cela sera vrai."

Si l'on accepte une donnée ± admise, à savoir que c'est depuis le millésime 1982 que bien des choses ont changé, tant en viticulture qu'en méthodes de vinification, le temps passé depuis - moins de 30 ans -, est-il suffisant pour affirmer, dans un sens ou dans l'autre, que les vins depuis cette année 1982 auront ou non les mêmes capacités de vieillissement que les grands crus des années d'avant-guerre ou des années 40/50/60/70 ?

Attention : ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : depuis 1982, Bordeaux et le monde du vin en général, n'a jamais eu autant de crus qui vont de bons à exceptionnels.

Ceci dit et souligné, deux questions sont posées par Hervé : oui ou non l'acidité d'un vin est-elle un gage suffisant et nécessaire pour un bon vieillissement d'un cru ? On pose la question. Kelly Walker n'y croit pas.

Oui ou non, l'utilisation intensive de bois neuf pour l'élevage joue t'elle un rôle - et lequel - pour cette question du vieillissement ? On pose la question.

Kelly Walker ne croit pas que l'acidité est une garantie de longévité. On peut être facilement d'accord sur ce point car bien d'autres facteurs jouent probablement un rôle tout aussi important pour qu'un vin évolue vers une apogée significative, nettement supérieure aux plaisirs immédiats qu'il peut offrir dans ses jeunes années.

Faut-il un terroir reconnu, cumulé à des petits rendements pour que le vin puisse vieillir e beauté ? Bon, un terroir ne peut pas faire de mal, c'est certain. Les petits rendements : c'est moins certain, du moins, en bordelais. Confer l'exemple de Sociando-Mallet où Jean Gautreau a toujours refusé les vendanges en vert. En Bourgogne, les plants d'après guerre ne semblent n'avoir que très peu de choses en commun avec les plants d'avant le phylloxera.Et c'est un fait que les rendements n'avaient rien à voir avec ceux de nos jours. Demandez à Lalou Bise-Leroy ce qu'elle pense sur ce sujet :-)

Mais d'autres questions surgissent : faut-il vraiment viinifier les vins pour le très long terme alors même qu'on sait à quel point les habitudes de consommation ont changé ? On boit les vins bien plus jeunes, on y veut du plaisir tout de suite et rares finalement, sont les amateurs capables d'attendre plus de 20/30 ans avant de déguster leurs crus. D'ailleurs, bien des vignerons ont pris ce virage et prennent soin de produire des vins qui offrent dès le départ des satisfactions réelles. A de très rares exceptions (FINE), quelles sont les revues, les journalistes qui alignent des notes de dégustation sur des vins de plus de 20 ans ?

Et on en arrive à cette modestie qui manque cruellement à l'appel de bien des commentaires : qui peut me dire, qui peut nous donner des raisons, des explications claires, compréhensibles détaillant les raisons pour lesquelles ce cru va vieillir magnifiquement ? L'histoire ? Bien sûr ! Dire d'un Lafite qu'il vieillira bien, un élève de sixième peut le dire et l'affirmer.  Mais pour tant d'autres crus ! Si on prenait le temps de lire ce qui a été écrit comme commentaires il y a 20 ou 30 ans : quelle serait la proportion de jugements justes ? Va savoir, Charles !

On remet une couche supplémentaire sur les styles que développent les vieux vins. Si un François Audouze - l'expert en la matière - assume un enthousiasme constant sur ces supériorités des vieux vins, combien d'entre nous ressentent de réelles déceptions à l'ouverture de ces bouteilles découvertes dans la cave du grand-père ? Ne parlons pas des exceptions : comme partout - loi de gauss - il y en a. mais, dans sa vaste majorité, tout cela reste quand même quelque part un sacré jeu de hasard, non ?

Désolé d'aligner bien plus de questions que de réponses…

kw

Kelly Walker (GJE) : un éclectisme de goût rare, une modestie incarnée, un amateur passionné.

Lors d'un beau dîner chez Troisgros

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Un très vieux champagne conservé sous la mer :
www.lefigaro.fr/flash-act...

Vendredi 6 Aout 2010, 16:10 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Laurentg : si tu recommences cette manie de mettre des liens au lieu de résumer, les punitions seront lourdes de conséquences !

Idem chez le Grand Jacques !

:-)

Vendredi 6 Aout 2010, 17:26 GMT+2 | Retour au début

Oh oui, gronde-moi, j'ai été très vilaine ... :-)

Résumer quoi sur un tel sujet lapidaire (mais relativement insolite) ?

Si c'est cela, je vais mettre des liens vers notre site :-)

Vendredi 6 Aout 2010, 19:58 GMT+2 | Retour au début