Grapillages de week-end 2010 (17) et Fantin-Latour à Grenoble
Pour une fois que je serai en "Grapillages" dès le jeudi soir : ça fait un long week-end de lecture avec le brillant "papier" de Jacky Rigaux, qui précède ce grapillage.
Préliminaire :allez vite lire le superbe compte-rendu du Grand Jacques sur le restaurant Fantin Latour à Grenoble où nous avons fait table à notre retour du Symposium sur le Grenache. ICI

Le Grand Jacques prenant ses notes au Fantin-Latour (qui mérite à l'aise **)
Lectures
Dans la revue CLASSICA de juin, l'édito D'Alain Duault mérite une lecture approfondie. Il fustige avec éclat l'esprit détestable des rumeurs nauséabondes si vite amplifiées au delà des réalités par un journalisme peu scrupuleux.
Je me permets de citer les premières lignes de son édito: « Stigmatiser : c'est le mot à la mode, le mot qui, comme tous les systématismes, les automatismes d'un prêt-à-penser unique, réduit de façon pavlovienne la réflexion au réflexe et la recherche de réponses au saut panurgien dans le vide de l'intelligence. »
Ses dernières lignes : « C'est pourquoi je n'aime pas les diktats, les beautés imposées, les croyances obligatoires, les jugements sans appel ou les mots à la mode, c'est pourquoi j'aime les « écoutes à l'aveugle », les dégustations sans étiquette, les plaisirs sans a priori, sans préjugés. C'est pourquoi je crois aussi qu'on doit toujours pouvoir affirmer son goût : on a par exemple le droit de ne pas aimer Bach, de ne pas aimer Haendel, de ne pas aimer Pelléas, et même Mozart - parce qu'on a d'abord et toujours le devoir d'être soi-même ».
Ne pas comprendre à quel point ce commentaire s'applique si bien au monde du vin, c'est être de courte vue. Voilà un homme qu'il va falloir très vite rencontrer.
Toujours dans ce même CLASSICA : pour les amoureux quasi inconditionnels (ce que je suis) de Philipp Glass, urgent d'écouter des œuvres de La Monte Young avant de le recommander ou non au Grand Jacques.
Enfin, dans son édito de dernière page, Olivier Bellamy cite Yann Moix dont les avis ou historiettes sont rapicotants en diable. J'en cite un seul :
« Quand Frank Zappa est allé acheter un jour du matériel HI-FI, le vendeur a utilisé Ionisations comme matériel de démonstration. Zappa est ressorti du magasin sans sa chaine stéréo, mais avec le disque de Varèse sous le bras. Offenbach me fait penser à Zappa : ils auraient pu être sérieux, mais ils ont décidé de ne pas l'être. La musique d'Offenbach, si on l'entend en fond sonore, cela peut être pénible, mais si on l'écoute vraiment, c'est intelligent, virtuose, lyrique, mélancolique et parfois aussi profond que Beethoven ».
Merci de vite comprendre à quel point cela peut s'appliquer au monde des vins. Qui n'a jamais été enthousiasmé par un cru totalement inconnu au point de vouloir en acquérir immédiatement ? (Voir plus loin).
Une nouvelle revue de vins : VIGNERON
On en a peut-être parlé ici et là, mais je ne l'ai visualisé que ce jour, à mon retour de périples asiatiques, helvètes et italiens.
Pour € 9,00, vous avez là une sorte de quintessence du nec plus ultra du vignoble français. Ne cherchez pas l'erreur : il n'y en a aucune : c'est du tout grand luxe, rareté incluse, du début à la fin.
A commencer par son initiateur, apparemment associé à une famille dédiée aux sièges d'époque, répondant au doux nom de Jean D. Nouailhac. Les photos sont superbes, quoique très classiques, les textes sont écrits par de solides signatures. C'est clair, le but semble à la fois de faire rêver l'amateur qui aura trop rarement l'occasion de déguster les crus cités et de confirmer auprès des acheteurs pressés par leurs affaires l'excellence de leurs choix, ce qui crée ainsi la superbe pyramide, le trio efficace entre propriété-journalisme-amateurs solidement armés côté finances.
En fait, à part peut-être quelques belges (mais ils connaissent tout cela depuis longtemps) et quelques jeunes helvètes quasi pubères en matière de vins fins, cette revue à publicité discrète devrait très logiquement trouver son marché d'équilibre lorsqu'elle sortira en anglais et en chinois. C'est peut-être dans les cartons ?
Pour les fanas d'Apple, Ipad, Iphone
Je ne serai certes pas le seul à lorgner sur l'Ipad Version « grosse mémoire » avec, pas folle la guêpe, une puce illimitée au forfait acceptable par votre comptable. En attendant, lire avec profit le Special de PhotoMag sur 2000 applications référencées. Cuisine et Vins sont placés dans la section « Style de Vie » : au moins ça !
Un vin, ou plutôt deux vins
Le Grand Jacques, compagnon idéal de retour de Symposium sur le Grenache, aime bien titiller son carnet d'adresses secrètes alimenté par de douces confidences susurrées par de solides pointures ès gastronomie. Là, le jeune Pascal Henry lui avait mentionné à Grenoble le FANTIN LATOUR. Derechef, je réserve, d'autant plus que chez Pic, c'était bien trop tard pour avoir une table de deux : bravo pour le succès d'Anne-Sophie et de David qu'on ira taster un de ces jours.
Donc, nous voilà à Grenoble, sagement installés au Mercure et hop, pedibus cum jambis, nous voilà attablés au Fantin Latour. Je laisse le Grand Jacques vous narrer en détail le menu, le chef, l'ambiance, le jardin et tout le toutim. C'est hyper simple : j'ai adoré cette cuisine aux herbes alors qu'on sait que, par nature, je suis bien plus porté vers les poulets à la crème et les cuisses de grenouille itou comme on ne les déguste que chez Job, sur les bords de Saône. Plus personne à Paris ne sait monter de si belles et délicates, légères, fines sauces crémées. Certains restaurants provinciaux mériteraient des allocations comme pour les monuments historiques. Merci encore à Jean Marc Burgaud qui m'avait passé cette adresse.
Bon : revenons à notre mouton du jour. Au Fantin Latour, dans la sagesse et l'élégance qui est sienne, le Grand Jacques choisit deux vins locaux (rappel : on était deux... à pied). J'ai littéralement explosé sur le blanc. Un pur chef d'œuvre, totalement inconnu au bataillon. Cépage également inconnu : le Gringet. Me voilà à 64 balais découvrant comme un gamin, un vin totalement bon. Oh, ce n'est pas un Clos Ste Hune ou un Montrachet de la DRC, mais ce soir là, ce blanc si rond, si élégant, sans aucun défaut, agréable dès son nez jusqu'à sa belle longueur, était une magnifique entrée au paradis de l'amateur. Comment vous dire ? Si vous n'avez pas encore googeliser le nom du producteur pour en passer commande, c'est alors que j'écris comme un sotto-zero !

Le cru du Domaine Belluard qui m'a enthousiasmé
Domaine Belluard
283, les Chenevaz
74130 AYSE
France
Tél : 33 (0)4 50 97 05 63
E-mail : contact@domainebelluard.fr
Je viens d'appeler le Domaine. Bien sûr, il ne reste plus rien en 2006, 2007 et 2008. Le propriétaire vient de mettre le 2009 en bouteilles et elles ne seront en vente qu'en octobre. Autour de € 15, ce qui est VRAIMENT une affaire en or, comme pour les vins de Bouland en Beaujolais (tout est vendu) et les vins de Jean-Marc Burgaud (il en reste un peu).
Bibi : de savoir qu'il y a encore en France des Vignerons (ils méritent la majuscule) qui sont capables de vous offrir un tel niveau de bonheur, de plaisir, à des prix d'une douceur à pleurer, cela réchauffe mon pessimisme naturel. Quand vais-je arrêter de donner, de facto, à un cru, une importance "a priori" en fonction de son prix ?
Et en rouge, une belle mondeuse, histoire de rester en vins de Savoie :

Un très belle Mondeuse "Elisa" du Domaine JP et JF Quénard
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Laurentg dit | Pas mal les vins de Belluard 2007 et dernièrement 2008, le 2003 étant plus difficile à apprécier. |
Olif dit | Et voilà que le père Mauss il débarque, qu'il goûte un Gringet de Dominique Belluard et qu'il veut rafler toute la production du domaine, que l'on a déjà bien du mal à obtenir par ici! C'est sûr que c'est pas à Singapour ou Shangaï qu'on va trouver ça sous le sabot d'un cheval! Faut sortir un peu de Bordeaux, mais pas trop loin quand même! |
Paul dit | Content que tu ais apprécié. Leurs bulles -longuement élevées - tout particulièrement en 03 et 05 ne sont pas mal du tout ! |
Paul dit | J'ai aussi un Apremont et qq Roussettes à te faire découvrir, tu pourrais bien tomber de ta chaisse ... |
Laurentg dit | Olif, |
Mauss répond | Seriez pas un peu sectaire les Olif et Cie ? |
Mauss répond | Paul : ton mail marche plus ? |
Armand dit | Le jardin des hespérides: Encore des fleurs pour Laurentg. |
Emile Lasard dit | "Quand vais-je arrêter de donner, de facto,à un cru, une importance à priori en fonction de son prix? |
Nicolas Herbin dit | Heureux celui qui aime à découvrir le monde et ne se blase jamais. François, tu possèdes l'élixir de jouvence (quasi) éternelle ! Laisse zy hâmer les grincheux, comme on dit en patois lorrain. |
Paul dit | Arrête, on va le blesser avec des engins comme ça ... Pourquoi pas avec un tout vieux Marestel Dupasquier tant que tu y es ! (Laurent c'est de l'Altesse ) |
Laurentg dit | Paul, |
Laurentg dit | Nicolas, |
Françoismb dit | Cher François Mauss, la vie est belle quand on vous lit ! Je rêve que vous et Jacques Perrin puissiez un jour réunir dans un ouvrage vos découvertes œnologiques et gastronomiques et réaliser une sorte de guide de l’honnête homme ,une philosophie du goût , du partage et du bonheur. !!!! |
Mauss répond | C'est vrai que la vie est courte et, à mon sens, beaucoup trop de gens s'encombrent de prévoir un futur uincertain en oubliant de vivre correctement le présent. |
Jacques Perrin dit | François, me voilà donc démasqué, en train de prendre des notes au restaurant et moi qui aimait ce (relatif) anonymat où, parfois, d'aucuns me prennent pour François Simon (non mais...) ou, comme c'est arrivé récemment dans un restaurant de Patmos le zozo vibrionnant que tu peux voir dans le film ci-dessous et qui montre les dessous de la vie, dans les années septante, de l'un des plus grands groupes de rock, les Stones. Le film vient de sortir à Cannes et – délicieux privilège – il est visible ici mais, attention, jusqu'à jeudi seulement. Donc, précipitez-vous ! |
Armand dit | ."..pour résister au mal et à la tyrannie, je n'use pas d'armes, mais de la beauté" |
Laurentg dit | Des cépages méconnus rencontrés hier soir (merci à l'ami Bernard Bergé, qui nous avait déjà fait découvrir ce gringet) : |







