BIENVENUE SUR Le blog du Grand Jury
RECHERCHE
Accueil> Grappillages > Grapillages de week-end 2010 (11)
 Gje

Le blog du Grand Jury

Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Grapillages de week-end 2010 (11)

Samedi 24 Avril 2010, 10:48 GMT+2Par GjeCet article a été lu 909 fois
Retour dans la vieille Europe après un trop court périple en Asie : Singapore, Hong-Kong, Shanghaï. Où l'on constate à quel point ces pays asiatiques ont une faculté saisissante de s'adapter au monde moderne en prenant souvent comme modèle le meilleur de l'Europe et l'efficacité américaine. Mais sans jamais perdre totalement un sens de la nation s'adaptant assez bien, finalement, aux impératifs économiques.

Singapore - Hong-Kong - Shanghaï

Trois régions où naturellement domine le chinois. Etonnant de constater à quel point ils hiérarchisent leurs différences. Le singapourien se voit bien plus développé économiquement - cela va sans dire - mais aussi culturellement. Le chinois de Hong-Kong se croit bien plus efficace et travailleur que les autres. En matière de vins, il se dit plus perspicace que ses voisins, bien plus attentifs aux prix, et plus ouvert à d'autres régions comme la Bourgogne, ce qui fait sourire discrètement le singapourien qui est déjà plus loin.

Il n'empêche : dans ces 3 régions, le vin est consommé, respecté, choisi pour ses qualités propres et pour ses apports de bonne santé. Le "french paradox" est une donnée majeure de cette nouvelle culture du vin qui, n'oublions pas, remplace petit à petit la consommation de cognac à table, quand bien même coupé d'eau ou de glaçons. Et comme le chinois a une considération évidente pour la cuisine, il y a là un cadre naturel pour que le vin devienne une donnée quotidienne qu'il va assimiler avec joyeuseté.

La plus grave erreur que pourraient commettre les producteurs européens serait de croire qu'on peut leur fourguer n'importe quoi. S'il est évident qu'au départ ils manquent de repères, de références, très vite ils apprennent à distinguer le bon du médiocre, et le très bon du simplement bon. Il suffisait d'écouter les commentaires des participants à notre session des barolos 2004 pour saisir cette capacité stupéfiante d'analyse, de compréhension, de passion et surtout de respect. J'espère que Bernard Burtschy pourra en sortir un papier dans le Figaro et le Grand Jacques nous décrire cela à sa façon.

La Chine continentale

Je ne savais pas à quel point la croissance économique chinoise était aussi conditionnée par le fait que leur monnaie ne peut être convertie localement en autres devises. Certes, il y a certainement des échapatoires, mais grosso modo le chinois doit dépenser (ou épargner) localement ce qu'il gagne. Comme nous l'a bien expliqué notre hôte de Shanghaï qui nous a fait une démonstration magistrale et émotionnelle d'une dégustation de thés, il y a des sommes considérables disponibles pour la consommation, maintenant que les grosses infrastructures sont en voie d'achèvement. C'est pour lui une des clés majeures d'une croissance à deux chiffres qui va durer encore quelques années, sinon quelques décennies.

Bon, mais va falloir très vite leur apprendre à conduire : entre les kamikazes qui jouent les Fangio sur les autoroutes, les vélos et scooters sans lumière qui passent au rouge, les taxis qui vous balladent sans suspension à des vitesse totalement réprouvées en Europe, vous avez en quelques minutes un niveau de stress qui atteint les zones rouges. On restera très discret sur le sage LPV - courageux, mais pas téméraire - qui trouvait toujours de bizarres arguments pour que je m'assoie à côté du conducteur, lui-même ayant besoin de toute la banquette arrière avec Christian Roger pour épanouir son corps gracile qui, plus jeune que le mien, avouait son ardente nécessité de survivre plus longtemps que ma petite personne. Sagesse, quand tu nous tiens…

L'autre sérieux problème est la pollution dingue des grandes villes. Espérons que très vite les dirigeants du pays - ne jamais oublier ici que les vrais chefs sont les membres du parti, vous savez, ceux qui sont derrière, sans jamais parler mais qu'on consulte toujours du regard avant de causer - sauront gérer cette question majeure. Revoir le Parrain.

Un bon point pour finir sur la Chine : les amateurs de puros ne sont point bannis de la société : gloire est rendue à la vitolle ! 

Le vin produit en Chine

S'il vous plaît, stoppez net votre petit sourire narquois. Nous avons goûté un blanc plus qu'agréable et surtout un rouge à base de cabernets qui - je l'ai déjà écrit - n'arriverait pas dans les derniers lors d'une session GJE prenant ce cépage pour thème. Produit par une femme sur un véritable terroir - on va y aller lors d'un prochain voyage - ce cru mérite le respect. Silver Heights est son nom. Quand je vous ajouterai que cette passionnée de vins fait deux cuvées du même cru : une en élevage californien, l'autre en élevage français avec, très bizarrement le choix de la bouteille bourguignonne pour ce dernier…. Bon, c'est un vin qui n'existe pas comme dit si bien LPV car la quantité est ± égale au premier millésime de Valandraud - quelques barriques -, mais cette volonté de faire bon est sans doute un moteur qui va mettre le turbo très, très vite !

Certes, on ne dit pas qu'il va y avoir en Chine des terroirs comme ceux du Montrachet ou de Chambertin, comme ceux de Barolo ou ceux du Priorat, mais nous ne pouvons que pousser quelques audacieux à chercher des joint-ventures là-bas malgré toutes les difficultés administratives, culturelles, économiques que cela peut poser comme problèmes. Après tout, on a bien eu des noms célèbres qui ont joué les paris chilien, argentin, australien, californien ! Qui seront les nouveaux Lurton dans ce pays ?

Comme le fait Hubert de Boüard depuis des années - et avec un réel succès à la clé - il faut aller tout de suite plus loin que Shanghaï ou Beijing, il faut aller dans ces villes de l'intérieur où sont tapies d'ardentes aspirations à apprendre, consommer, s'ouvrir sur des mondes nouveaux.

Retour sur terres européennes

Ce petit volcan de troisième catégorie : quels dégâts n'a t'il pas fait ! On est passé très vite de dommages estimés à quelques centaines de millions d'euros à plus de deux milliards. On a vu des compagnies aériennes comme l'orgueilleuse Air France être en-dessous de tout, alors que Singapore Airlines, China Airline et autres Quatar ont permis de rencontrer un personnel exemplaire, capable de résoudre votre problème de retour au mieux possible. Je connais quelques producteurs qui vont sérieusement morigéner notre companie nationale dont la suffisance n'a eu d'égale que son incompétence. Lamentable.

On sait ici notre amour passionné pour cette sublime invention du principe de précaution, oeuvre (???) ultime d'un Chirac qui l'a inscrit dans la Constitution. Associé à l'absence assistée de la notion de responsabilité où l'individu pleurnichard veut que l'Etat lui paie la maison qu'il a construite en zone inondable alors même qu'il y a des assurances pour cela et qu'il ne les a pas prises, on voit à quel point la société est de plus en plus gangrenée par ce vieillissement lamentable du sens de sa propre liberté et responsabilité. On n'est pas sorti de l'auberge.

Calvi, enfin, a posé les bonnes questions hier soir dans C dans l'Air où un avocat a su évoquer les véritables fondamentaux qui méritent discussions, sans mettre au rebut le point de vue inverse exprimé par Madame Lepage, à savoir que le rôle de l'Etat est, entre autres, de protéger ses individus même contre eux-mêmes. Je comprends qu'on puisse être pour l'une ou l'autre de ces options. Mais cela mérite une sérieuse discussion.

Recette

Le Petit Marquis étant trop rare dans la divulgation de ses recettes, je me suis attardé ce matin sur celle d'Anne-Sophie Pic dans le Figaro, sur le vrai poulet rôti. A lire impérativement.

Lectures

Vu Monsieur Onfray à la TV démolir avec une efficacité particulièrement redoutable et jouissive le Père Sigmund Freud. Son livre aura du succès, c'est certain. J'avoue aimer des "philosophes" de cette trempe qui osent exprimer ainsi, contre tant de poncificateurs, des points de vue solides, argumentés et totalement hors des chemins officiels. Une grande leçon, un grand moment !

Dans le même style, Luc Ferry qui martèle à chaque occasion que bien des problèmes de nos banlieues seront en voie de résolution le jour où on ne forcera plus des gosses à étudier Montesquieu jusqu'à 16 ans alors même qu'il y a tant de métiers manuels à enseigner, mais en les remettant d'abord à l'honneur comme ils le sont en Allemagne.

Le Fig Mag de ce week-end a quelques pages sur le vin. On y verra avec plaisir le sémillant Paul Amsellem et l'épouse qui, elle, travaille, sur ses coteaux de Condrieu (bon, je sors…) ; un Jean Guyon passant doucement le flambeau à sa fille Julie; quelques nobles dames bordelaises margotaines où manque la plus célèbre, Madame Corinne Mentzelopoulos; un trop court papier de Bernard Burtschy sur les remarquables beaujolais 2009 qui seront les plus beaux achats du millésime, question RQP; la nouvelle génération Drouhin aux physiques si semblables. Un regret : on eut aimé que la sélection des domaines cités suive une règle commune, du style : "que des vins sous € 30 ttc". Voilà qui serait plus utile au consommateur.

Films

Les longs voyages en avion permettent de se mettre un peu à jour, même si les prises pour chargeur nous orientent plus vers des tâches informatiques qu'on croient fondamentales et qui ne le sont pas toujours…

Revu à côté de LPV une partie de Buffet Froid. Une remarque du perspicace Vialette : les acteurs - excellents - portent tous, du début à la fin, les mêmes vêtements. Finaud, LPV ! Quant à moi, je revoyais, toujours avec le même plaisir papa Blier dans Un Grand Seigneur, un monument des années 60 qui mérite autant de louanges que le célébrissime Tontons Flingueurs. De Funès y est déjà géant à côté d'excellents Carmet, Cowl, Vilorjeux et la très belle Andréa Parisy, et la voix de (?) expliquant la funeste décision de fermeture de maisons dites de tolérance.

Je ne peux que recommander vivement cet investissement qui fera pour votre moral un bien inifiniment plus positif que la lecture du Monde ou de Marianne. 

Comme dirait l'autre sur La passion du Vin : "je sors…"

Bien à vous !

 blier

Le désarroi du taulier, victime de Marthe Richard…

txt

Grangier, Simonin : une équipe, je ne vous dis que ça !

copains

Quelqu'un me donne, svp, le nom de cet acteur à gauche : une voix inoubliable !

Lire d'autres articles de la rubrique

Cet article a été commenté 8 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Armand dit

Enfin François: Philippe Castelli.
toute une éducation à refaire. Les jésuites, c'est plus ça

Samedi 24 Avril 2010, 14:44 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Merci ABM : je l'avais au bout de la langue !

Quelle diction ! Toute une éducation pour le jeunot Herbin, du temps des grandes heures, du one two-two rue de Provence !

Samedi 24 Avril 2010, 18:43 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Pour ma part j'aurais préféré que tu parles du Chabanais, à un jet de pierre de la Bibliothèque Nationale (pas la peine de jeter une pierre) où pendant de la guerre de 14-18, pendant les alertes, car Paris était survolé par des zeppelins, la maîtresse des lieux passait dans les couloirs en criant "Mesdames, on termine à la main"

Samedi 24 Avril 2010, 19:03 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Dis donc, t'en sais des choses toi !

Le billet du mois, sinon de l'année !

Tu mérites une belle topette qu'on aura plaisir à déguster ensemble avec Oliv !

Samedi 24 Avril 2010, 19:57 GMT+2 | Retour au début

www.lefigaro.fr/flash-act...

27/04/2010 | Mise à jour : 11:39 Réagir
Classé troisième l'an dernier, le restaurant danois "Noma", du jeune chef René Redzepi, a été désigné hier meilleure table de la planète par la revue britannique Restaurant Magazine, succédant au palmarès à "El Bulli" de l'Espagnol Ferran Adria, vainqueur des quatre précédentes éditions.

Mardi 27 Avril 2010, 12:27 GMT+2 | Retour au début

Nicolas Herbin dit

M'en fais un beau, d'éducateur !

Armand a raison : Les jésuites, c'est plus ça. Ca "chienlitte" grave de grave...

;-)

Mardi 27 Avril 2010, 13:20 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Quand je vois que le restau en bas de chez moi est passé à la 7e place(devant l'Astrance et un tas d'autres que je ne cites pas), j'ai des doutes sur ce classement qui sent bon le copinage, la pub ect... On a tous des restaus qu'on mettrait dans cette liste, sans parler de l'absence de la cuisine chinoise! C'est vraiment du bling-bling anglo-saxon.

Mardi 27 Avril 2010, 13:23 GMT+2 | Retour au début