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Le blog du Grand Jury

Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Le blog d'Attali

Vendredi 5 Fevrier 2010, 03:45 GMT+2Par GjeCet article a été lu 954 fois

Parcourir son blog au moins une fois par semaine devrait être une obligation pour tout honnête homme.

Dans son dernier billet, Jacques Attali (ICI) donne son point de vue sur la situation économique de la Grande Bretagne.

Certes, les deux possibilités d'évolution sont bien explicitées, et donc on est une peu grosjean comme devant. Mais ce qui est assez singulier sur ce blog, ce sont les qualités des intervenants, des réponses, des points de vue, des éclairages.

Je me permets d'en citer un :

http://www.collapsemovie.com/

Un des films qui m'a le plus marqué ces derniers temps... Une vision économiquement juste de ce qui va nous arriver....
En résumé: les niveaux d'endettement des pays développés sont rrop importants, et notre économie est en train de rentrer dans un cercel depressif extrème à cause de deux facteurs essentiels:
1/Le peak oil est passé et quoi qu'on fasse, notre économie est dopée au pétrole (et je ne parle pas de l'essence des voitures qui est la pointe de l'iceberg). Tout est pétrole: peintures, plastiques, emballages, essence, pesticides, vetements.....
Autant dire qu'il n'y a pas et n'y aura jamais de retour à cette économie puisque sa ressource principale est en voie d'extinction, et que nous avons passé la pointe de production (peak oil).
2/ La démographie est incontrolable, et la nouvelle donne économique ne permettra polus de maintenir 6 milliards d'être humains avec des perspectives de croissance infinie.

La conjonction de ces deux phénomènes définit un nouveau paradigme économique où les distances compteront à nouveau (finit les fruits exotiques), ou la localité et la communauté seront à nouveau la norme, ou des millions de personnes subiront les effets de la fin de la croissance, voire de la décroissance de façon dramatique. Globalement des temps très durs pendant très longtemps.

Et curieusement,à chaque fois que je lis une nouvelle ces jours, elle rentre parfaitement dans le scénario :(
Accrochez vous à vos bretelles ça va tanguer!!!!!

Le rôle du pétrole, on le savait déjà, peu ou prou. A ce propos : j'ai un ami industriel qui est certain que le futur ne sera pas la voiture électrique, mais bien une très substantielle amélioration du moteur thermique. Là où une voiture consomme aujourd'hui 6 litres / 100, on arrivera à moins de 3 litres /100.

La question de la démographie : personne n'ose vraiment en parler directement. On préfère fermer les yeux sur des générations entières d'enfants qui ne connaîtront guère un minimum de confort de vie plutôt que d'essayer de convaincre des parents de penser un peu plus à leur futur. On vous accuse si vite de maulthusianisme ou d'eugénisme. C'est vrai que c'est assez délicat comme discussion.

Le paradigme sur les distances : ne voit-on pas en Europe se développer cette notion d'achats de proximité et de saisons ? Ne critique t'on pas immédiatement le Ministre ou le Président qui brûle tant de kérosène pour aller dire bonjour à son pote d'un pays chaud ? Un repli régional sur les produits régionaux de la part de la GD est bien dans l'air du temps?

Bref, grâce au net, il y a vraiment des sites, des forums, des blogs passionnants !

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Cet article a été commenté 11 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

1ppy dit

En ce qui concerne la question démographique, il faudra qu'on m'explique un jour s'il est vraiment décent d'instaurer des allocations maternité (en réalité: payer les gens pour qu'ils fabriquent des payeurs de retraite) tout en sachant, en plus, que la croissance démographique est devenue globalement néfaste.

Vendredi 5 Fevrier 2010, 13:43 GMT+2 | Retour au début

Sur le blog de Jacques Attali, grâce à vous, j'ai lu une intéressante chronique sur les prénoms. Attali citait Jean-Marie Le Pen, qui épinglait le choix par Jean Sarkozy de Solal comme prénom pour son fils, le jugeant "communautariste".
A priori, le choix des prénoms est libre en France, et puis Jean Sarkozy n'est pas à la tête du pays. Le choix du prénom de son enfant est de sa sphère privée.
Et quand bien même, on pourrait trouver des prénoms amusants dans la liste de nos anciens présidents: Sadi, par exemple.

S'il suffisait d'un prénom pour être Français, Anglais, Belge ou Patagon, ça serait trop facile.

Attali fait preuve d'une grande finesse dans ses analyses. La seule chose qu'on puisse discuter, à mon sens, c'est sa phrase sur l'opportunité du débat sur l'identité nationale. Veut-il dire qu'il n'est pas opportun maintenant, ou qu'il ne le sera jamais? S'il le l'est pas pour lui, d'autres pensent peut-être autrement.

On est bien loin du vin, mais bon, puisque vous avez ouvert le débat, et comme mes parents, au-delà de mon prénom, m'ont transmis l'amour de mon pays... je repense au livre de G. Bruno, le Tour de France par deux Enfants, manuel suranné qui a bercé mon enfance. En Lorraine annexée, à l'époque, l'identité nationale avait un sens, car elle était menacée.
Les instituteurs en parlaient aux autres enfants de France. Aujourd'hui, qui le ferait dans notre société du "tout se vaut"?

Vendredi 5 Fevrier 2010, 14:58 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Bouh ! quelle vive remontée étourdissante en mémoire que ce livre aux images d'Epinal !

Que oui qu'on le connaît ce livre de notre génération. On y a appris la France, ses régions, ses fromages, ses vins (well : là, je vais un peu loin : l'enthousiasme républicain !)

Attali : c'est clair : il a une intelligence supérieure, une capacité à avoir une vue globale précise où les analyses se tiennent si on accepte les hypothèses de départ, généralement bien étayées.
Certes, il faut enlever la dose d'opportunité, le pessimisme majoritaire chez lui et le besoin d'être un peu "ailleurs".

Ceci fait, on a alors un grand penseur. Oh, pas un philo comme les aime le Grand Jacques, ni un vrai de gauche comme le souhaiterait ABM, mais un vrai "honnête homme" qui a écrit aussi bien sur les amours que sur les ports ou sur tonton Marx :-(

Ce dont je suis sûr : quand il parle, c'est assez bluffant de suivre la rigueur de son discours où tout se tient remarquablement.

Bref, l'homme m'impressionne, mais ça, on le savait déjà :-)

Vendredi 5 Fevrier 2010, 15:22 GMT+2 | Retour au début

1ppy, la démographie d'une région du monde comme l'Europe ne s'améliorera pas en dissuadant ses habitants de ne plus faire d'enfants, parce que la démographie de certaines pays asiatiques ou africains déborde de toute part et fait exploser la population mondiale.

Je crois que depuis son indépendance en 62 à aujourd'hui, l'Algérie à multiplié sa population par trois.

En Europe, la population dite du troisième et quatrième âge ne cesse de s'accroître, et pourtant on offre de la chirurgie cardiaque à des nonagénaires. Alors pourquoi pas des allocations familiales et des congés maternités pour les plus jeunes ?

Et pourquoi un 13e salaire aux profs qui bénéficient de 10 semaines de congé de plus qu'un employé de l'ANPE, ou des ASSEDICS (...), et alors que beaucoup de salariés du privé eux n'en ont souvent que douze ?

Bref, restons calmes, ceci est trop complexe pour vouloir être réducteur. Ce qui est certain, c'est que la voilure se déchirera à force d'être soit trop lâche soit trop tendue.

laurentp

Vendredi 5 Fevrier 2010, 18:12 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Oui, et surtout ne jamais oublier que de tels sujets complexes ne peuvent que s'initier sur des blogs (de vin en plus !) car la complexité ne peut et ne doit se traiter à la légère, avec le risque permanent d'anathèmes, d'approximations, de réductions totalement à côté du sujet.

Oui pour lancer des pistes de réflexion: non pour y asséner des diktats ou de fausses crtitudes.

Vendredi 5 Fevrier 2010, 19:26 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

François je ne suis pas sûr que tu fasses avancer la réflexion en mettant (au moins dans le discours) sur le même plan, le malthusianisme et l'eugénisme:
l'un repose sur l'acceptation de la véridicité de la loi de Malthus qui prétend que sur une longue période le revenu par habitant d'une nation ne progresse pas à cause de l'augmentation de la population alors que l'autre est uniquement idéologique, en prétendant que certains individus sont une "dégénérescence" de la "race".

Samedi 6 Fevrier 2010, 07:05 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Vrai, Armand : tu as raison. Ce sont deux idéologies bien différentes.

En fait, ce que je constate : c'est à quel point le sujet de la démographie reste hyper-sensible et bien trop idéologique. Certes, il faut surtout ne pas tomber dans le café du commerce, mais il n'empêche : il y a là un facteur majeur de la situation mondiale auquel on ne porte pas assez d'attention compte tenu, justement, de sa forte dose d'idéologie.

Samedi 6 Fevrier 2010, 11:32 GMT+2 | Retour au début

Attali, les limites de l'omiscience omnipotente.

Lire ceci : www.decitre.fr/livres/Le-...

Penser aussi à Alain Minc, (vieux premier de la classe), occulte, sournois, glaçant !

Dimanche 7 Fevrier 2010, 17:50 GMT+2 | Retour au début

Enzo D'aviolo dit

"Autant dire qu'il n'y a pas et n'y aura jamais de retour à cette économie puisque sa ressource principale est en voie d'extinction, et que nous avons passé la pointe de production (peak oil)."

c'est un propos qu'on lit ou entend souvent, pourtant il est déconnecté d'une autre réalité, celle du prix du baril, essentiel pour comprendre l'avenir de la richesse pétrolière.
En effet, il n'y a extinction de la ressource, QUE si le prix du baril n'augmente pas.
Dès lors qu'il augmente, les réserves potentielles augmentent, c'est à dire qu'il devient intéressant économiquement (donc rentable) de forer.
En clair, si le prix du baril était à 200 dollars, les réserves de pétrole augmenteraient par rapport à ce qu'elles sont aujourd'hui.
Le déclinisme est simple à exprimer, mais il peut cacher une réalité différente. o;-)

Lundi 8 Fevrier 2010, 11:42 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Enzo :

Certes, c'est un facteur à ne pas négliger. Mais comment réagiront les économies le jour où le baril arrivera à $ 200 ?

Et même, ce n'est que repousser le problème : le trend est là, assez rouleau compresseur :-(

Une des grandes questions : quand reverra t'on le politique commander à l'économique et non l'inverse ?

Lundi 8 Fevrier 2010, 12:46 GMT+2 | Retour au début

Enzo D'aviolo dit

Je ne peux qu'acquiescer à ces interrogations.
mon propos ne visait qu'à rappeler une réalité souvent faussée, pas à me prononcer sur les conséquences d'un baril à 200 dollars, certes non négligeables.

Mardi 9 Fevrier 2010, 11:03 GMT+2 | Retour au début