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Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Davos du Vin, les séminaires (10)

Mardi 5 Janvier 2010, 10:10 GMT+2Par GjeCet article a été lu 968 fois
Enfin, toujours sous la plume de François Rosenfeld, "l'arrêt" sur le séminaire d'Olivier Humbrecht, relatif aux cultures bio.
Séminaire d'Olivier Humbrecht

La Biodynamie dans la viticulture


La biodynamie, au delà de la controverse qu'elle suscite parfois sur ses fondements, est aujourd'hui un phénomène majeur du monde viticole, impossible à ignorer tant elle tend à s'imposer rapidement aujourd'hui dans certains vignobles, créant parfois des réactions violentes. Olivier Humbrecht, à l'oeuvre au Domaine Zind-Humbrecht qui brille aujourd'hui parmi les fleurons de la viticulture alsacienne, française et même mondiale, utilise depuis plusieurs années les méthodes de culture biodynamique, qu'il a bien voulu tenter d'expliquer aux participants du premier World Wine Symposium.

Olivier Humbrecht a débuté son intervention par un avertissement: présenter la biodynamie en une heure serait bien évidemment impossible. Une heure, ce serait cependant suffisant pour assister  à une magistrale introduction à la biodynamie, à une profession de foi, donnée avec une conviction sans faille et une très grande humilité, mais une fermeté aussi affirmée.

L'Alsace, région d'Olivier Humbrecht, a vu certains des pionniers de la biodynamie : Eugene Meyer s'est converti dès 1968 à cette pratique. En 1990, ils n'étaient encore dans la région que 5 viticulteurs en biodynamie. Mais aujourd'hui, la vague a pris de l'ampleur et plus de 60 producteurs adhèrent à la biodynamie dans toute l'Alsace.

A l'origine, la biodynamie repose sur la philosophie de Rudolf Steiner, développée suite aux question de plusieurs agriculteurs qui ne comprenaient pas la baisse de fertilité de leurs sols à long terme, à la suite de l'utilisation de scories potassiques, d'azote, etc...  Il a alors écrit une série de cours, qui sont, il faut bien l'avouer, très indigestes à lire et très difficiles à comprendre.

Pour Olivier Humbrecht, tout a commencé lorsqu'il a décidé de réduire les différents produits utilisés dans les vignes (les intrants) et de produire son compost. Olivier avait de grandes difficultés a obtenir un résultat satisfaisant. Mais un jour, il a acheté des fumiers d'une ferme en biodynamie, et tout s'est mis a fonctionner. Cependant, il n'a pas compris tout de suite le lien entre la biodynamie utilisée à la ferme produisant son fumier, et le succès de ses nouvelles pratiques, mais uniquement plus tard, en analysant ses essais.

Puis en 1996, Olivier Humbrecht décide d'acheter un dynamiseur en 1996. Cet appareil, qui permet de dynamiser l'eau qui contient les préparations biodynamiques en créant des tourbillons dans un réservoir, est à la base de la biodynamie. Le « dynamie » dans biodynamie, désigne en effet l'énergie: dans un dynamiseur, on tourne dans un sens, en créant un vortex, puis brutalement on change le sens, et cette alternance se fait toute les 30 secondes. On crée ainsi un chaos moléculaire. Ces molécules d'eau se redynamiseraient ensuite en prenant l'empreinte des molécules qu'on a mis dedans. L'eau, en biodynamie, est un élément mystérieux: si on cherche à donner un message à la plante, cela marche beaucoup mieux quand le message est subtil, et notamment en utilisant des préparats dynamisés plutôt que des molécules très concentrées. A la suite d'expériences positives avec son dynamiseur, Olivier Humbrecht décide alors le passage de tout le domaine en biodynamie en 1998.

Qu'est ce que la biodynamie? Pour Olivier Humbrecht, c'est d'abord une compréhension de phénomènes naturels inexplicables d'une manière scientifique. Le biodynamiste se rappelle qu'une plante a subi des influences terrestres et cosmiques durant sa formation. Il admet une certaine représentation symbolique de phénomènes naturels. Steiner, à ce titre, avait repris beaucoup de descriptions de Goethe dans le domaine de la botanique.

Il s'agit de comprendre ou une plante concentre son énergie: pour ce faire, en biodynamie, on parle des 4 éléments comme représentation symbolique: terre, eau, air, feu. Ces éléments sont associés à une partie de la plante (la Terre pour les racines, l'Eau pour les feuilles, etc...), et certaines plantes sont plus représentées par un élément que par un autre. Ainsi,  le travail de biodynamie doit être fait de telle manière à ce que la vigne puisse accéder à une certaine « conscience ».

Pour ce faire, les biodynamistes utilisent des préparats dont un des plus célèbres est la fameuse préparation 500: composée de bouse de corne diluée à 120g pour 60l d'eau, dynamisée ensuite. La bouse de corne est obtenue en remplissant des cornes avec de la bouse, qui fermentent ensuite dans le sol durant un certain temps. Pour les biodynamistes, la corne est l'aboutissement de la conscience de la vache, et la bouse est le résultat de son système digestif.

Olivier Humbrecht a mené des expériences avec la préparation 500. Il a planté des vignes en badigeonnant les racines de préparation 500, et d'autres sans préparation, en 2003: la différence fut, selon lui, flagrante. En 2003 en effet, on observait environ 80% de mortalité parmi les jeunes plants. Mais toutes les parcelles en préparation 500 lui ont donné plus de 95% de résultats positifs. Mais la biodynamie implique également d'autres facteurs très nombreux à prendre en compte: ainsi, on regarde le calendrier lunaire avant de décider ce qu'on va faire, etc...

Enfin, à coté des facteurs purement biodynamiques, certains éléments économiques sont à prendre en compte: le domaine est ainsi passé de 6 employés à 24 employés permanents pour travailler la vigne, aidés de 3 à 8 saisonniers. On comprend ainsi aisément les réticences de certains à franchir le grand saut. Mais c'est aussi en réalisant cela que l'on comprend la toute la dimension de la biodynamie: plus qu'à l'échelle d'une exploitation, elle a des conséquences sur tout son environnement, par la suppression de ses rejets chimiques bien sur, mais également par ses effets économiques indirects...

A ce jour, 2 éléments perturbent encore Olivier Humbrecht: d'une part, la filtration des vin moelleux; et d'autre part l'utilisation de soufre. Mais, comme il le rappelle malicieusement,  ce n'est pas la présence de soufre qui pose un problème, c'est sa quantité... Une chose est sure: une fois adoptée, la biodynamie convainc les vignerons avec force, et les force à changer leur vision des choses, leur rapport à la plante, et leur approche de leur métier. Certains peuvent discuter de ses fondements, mettre en doute ses bases scientifiques : Olivier Humbrecht n'en a cure, pour lui, la biodynamie décrit ce qui ne peut être expliqué scientifiquement. Mais les résultats sont là, et c'est bien l'essentiel: les vins sont sublimes, purs et cristallins. Et les sols sont vivants. Qui viendrait critiquer ce résultat?

hum

Dirk van der Niepoort (Modérateur) et Olvier Humbrecht

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Cet article a été commenté 8 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Alfredo dit

Je me demande si ce Rudolph Steiner n'aurait pas découvert le LSD quelques années avant Albert Hofmann.

Mardi 5 Janvier 2010, 12:58 GMT+2 | Retour au début

Où l'on retrouve Rudolf Steiner - bio conventionnel, marketing vert, biodynamie :
blog.slate.fr/chasseur-d-...

Mardi 5 Janvier 2010, 14:33 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Sur tout ce tohu-bohu des vins bio ou machin chose, j'ai un point de vue fondamentalement primaire.

"Peu me chaut, si le vin est bon".

Bon, OK, c'est assez crétin dans la mesure où cela peut être vu comme l'acceptation de tas de produits qu'on amalgamerait dans la bouteille et qui me feraient des méchancetés internes au grand dam du corps médical.

Bref, j'aime bien le concept de "culture raisonnée" où une certaine sagesse domine les débats.

Mardi 5 Janvier 2010, 15:48 GMT+2 | Retour au début

François,

Je n'ai jamais entendu un vigneron me dire qu'il pratiquait une culture non raisonnée ...

Mardi 5 Janvier 2010, 16:04 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Ah, "l'aboutissement de la conscience de la vache..."

Faudrait que jean-claude Van Damne nous fasse une phrase la dessus, tiens...

Et "la vie", elle devient quoi quand on filtre stérile des vins avec du sucre résiduel ? Chacun, décidément, doit vivre avec ses contradictions...

Je reste d'accord avec François : si le vin est bon, le reste...

Laurentg : ca s'appelle "conventionnel". C'est la majorité du vignoble français et 90 % du vignoble bordelais. Tu dois pas poser les bonnes questions... ;-)

Mardi 5 Janvier 2010, 17:03 GMT+2 | Retour au début

Hervé,

La vache
" Une vache, ça te bouffe trois hectares, moi, avec trois hectares, je te fais deux mille kilos de riz... avec trois hectares, je te nourris Avignon, tu vois... " J.C. VanDamme

Mardi 5 Janvier 2010, 17:39 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Ouhlala !

Si Olivier Humbrecht* est content de son approche et si, comme le répète sagement le quasi irrascible Petit Marquis, le vin est bon (je dirai même mieux), de quoi se plaint-on ?

* : quand les types de 120 kilos disent certaines choses, ceux de 60 les écoutent.

Mardi 5 Janvier 2010, 19:31 GMT+2 | Retour au début

Henri le Bault de la Morinière se dit aussi plutôt satisfait ...

Mardi 5 Janvier 2010, 19:44 GMT+2 | Retour au début