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Parker I et Parker II : évolution du vin ou du dégustateur ?

Jeudi 9 Juillet 2009, 05:13 GMT+2Par GjeCet article a été lu 1171 fois
Sur le forum erobert (ICI), un internaute se pose des questions sur un de ses vins (une Shiraz Kay Brothers 1998) qui vient d'être rétrogradé de 10 points par Parker, soit de 98 à 88+

L'affaire fait un peu de buzz, on l'imagine, notamment pour ceux qui achètent les "points Parker" sans se soucier personnellement du style du cru, sans même le déguster pour se faire une idée personnelle. Perdre ainsi 10 points surtout en partant de 98, c'est assez sévère. On passerait de 88 à 78, cela poserait beaucoup moins de problème, on s'en doute.*

shi

Certes, Robert Parker répond qu'il a changé cette note sans avoir pris la précaution d'attendre 10/12 heures de plus pour regoûter ou qu'il n'a eu accès qu'à une quantité probablement insuffisante pour se faire une opinion totalement définitive. Mais qui peut croire un seul instant qu'un critique puisse prendre ce luxe de précautions et surtout de temps pour agir ainsi avec tous les vins notés ?

C'est d'ailleurs pour cela, qu'à titre personnel, je préfère de loin les notes de Parker telles qu'elles ressortent de ses repas luxuriants décrits dans l'Hedonist Gazette. Infiniment plus intéressantes, car données dans le contexte de la vraie utilisation d'un vin : à table.

Il n'empêche :

Chapeau bas au critique qui n'hésite pas à remettre en cause ses propres notes dans une telle proportion. A ma connaissance, je n'ai guère constaté ce phénomène en Europe. C'est d'autant plus remarquable que l'homme sait parfaitement que nombre de ses thuriféraires le sont parce qu'ils sont certains que ses notes de sorties sont ± inscrites dans le marbre.

Cela peut aller aussi dans l'autre sens, naturellement : augmenter de dix points…

Quelles leçons en tirer en dehors de l'impossible immuabilité des notes de dégustation ?

1 : le vin reste un produit vivant et donc peut évoluer de façon très étonnante, et pas seulement linéaire ou suivant une belle courbe de gauss

2 : les notes de départ, souvent données sur base d'échantillons bus dans des circonstances spécifiques en moins de 3 minutes restent, même étiquette découverte, une photographie ± instantanée

3 : les notes de Robert Parker ne sont pas marmoréennes et l'homme peut avoir aussi son propre goût qui évolue. Comme il reste d'une honnêteté monstrueuse (© Audiard), on risque dans le futur de constater pas mal d'évolutions : d'ici à ce qu'il commence à aimer et apprécier la Bourgogne :-) mama mia !

4 : faire sa cave à base uniquement de 100/100 "Parker" peut être un risky business. In fine, c'est quand même mieux de toujours confronter ses notes à celles d'autres critiques et de se faire sa propre opinion en dégustant et en assumant ainsi personnellement ses choix.

 

* = image extraite du site du domaine

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Cet article a été commenté 5 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

En lien avec l'apport d'Herwig, François ...
(Quilceda Creek 2004 bu à pape-Clément) ! :-)

Jeudi 9 Juillet 2009, 08:22 GMT+2 | Retour au début

Maxime 12000 dit

Je pense que depuis quelques années les notes de Mr Parker servent plus les spéculateurs vineux que l'intérêt des amateurs de vin...

Préférez vous avoir sur votre table une bouteille X noté 100 ou 98 par Parker ou une bouteille d'un premier cru bordelais dans une année médiocre, voir même un merveilleux riesling d'un petit producteur alsacien dont Parker ou ces acolytes n'aurons pas connaissance?

Les petits boursicoteurs seront du même avis?

Jeudi 9 Juillet 2009, 08:36 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

J'ai le sentiment qu'on est en train de vivre un changement sensible des relations dans la chaîne :

Producteur - Critique - Amateur

Grâce (ou à cause) de l'internet, il est certain que certaines nouvelles règles vont se mettre en place.

Affaire à suivre…

Jeudi 9 Juillet 2009, 10:13 GMT+2 | Retour au début

Je connais des gens qui adorent les Rayas de petis millésimes (2002, par exemple).

Les tableaux de notes de Parker peuvent très bien convenir à un public ciblé.
Ne pas oublier le tiers inclus, l'interaction entre observateur et observation.

Jeudi 9 Juillet 2009, 12:11 GMT+2 | Retour au début

Juergen Steinke dit

In my opinion it is time to realize that one single critic - as experienced and talented he may be - can´t speak for the entire wine world.Many people just give him simply way too much weight. We see that every score and every note Parker ever wrote is monitored. Does anybody believe this single man can be right all the time? That is absolutely impossible - if the man´s name is Parker, Spiderman, Hulahula or Mr. X. Sadly Parker does little to minor his image or status since he lives good from the many people who listen to everything he has to say - if it is something reasonable or not. So he is in a paradox situation - I guess he hates it sometimes that everyone is looking for a mistake he may make - but on the other hand it is part of his commercial success that so many follow him blind. It is probably not easy to be Robert Parker sometimes.

I often thought I wouldn´t be in his situation. But then: If he really want to chance something fundamental, it would be very easy for him. Everything is in his hand - he is free - and can decide to make whatever he wants. If he not gave all his money to Madow - and I hope he did not!

Jeudi 9 Juillet 2009, 15:55 GMT+2 | Retour au début