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Session spéciale du GJE au Laurent à Paris, le 29 juin 09 : résultats

Mardi 30 Juin 2009, 18:57 GMT+2Par GjeCet article a été lu 1130 fois
Chose promise chose due. Voici donc les résultats de la session extraordinaire du GJE qui a eu lieu au restaurant Laurent à Paris ce 29 juin 2009.
Rappelons le but principal poursuivi:
-    vérifier qu’en aveugle totale (aucune information) un vin non classé de Bordeaux pouvait titiller les plus prestigieux crus de la même région alors que 8 années avaient permis à chacun de ces crus de développer leur identité adulte.

Cette idée avait été évoquée à de multiples reprises aux diverses sessions du GJE ces dernières années. Il fallait en plus que cette dégustation se fasse dans des conditions irréprochables :
-    des vins exclusivement achetés dans le commerce et non acquis ou échangés dans les châteaux
-    la présence d’un homme de loi assermenté de l’ouverture des bouteilles jusqu’à la saisie des notes des dégustateurs
-    l’enregistrement complet de la session par une équipe vidéo professionnelle
-    la présence de Membres Permanents du GJE représentant au moins 6 pays différents (ce furent : France, Italie, Luxembourg, USA, Espagne, Suisse), toujours dans l’optique de ne pas avoir un point de vue 100% franco-français.
Monsieur Yves Vatelot, propriétaire de Château Reignac, un cru qui, comme Haut-Condissas, Sociando-Mallet, Branas Grand Poujeaux, Haut-Carles arrive régulièrement dans le top de nos dégustations bordelaises, a répondu positivement à notre idée en la finançant. Qu’il en soit remercié.
Il est dommage que la bouteille millésimée 2006 de Reignac était touchée par un bouchon pas net comme ce fut aussi le cas au déjeuner avec un des deux magnums offerts par Laurence et Arnaud Mortet. Il va falloir sérieusement s’attaquer à cette question des faux goûts et aux bouchons défectueux.
Mais au moins, la série fondamentale, les 2001, a pu être dégustée correctement, et c’est elle qui devait témoigner de cette capacité ou non d’un vin non classé à rester dans la course, même après plusieurs années.
En fait, le but principal de cette dégustation est presqu’occulté par la gravissime question des différences monstrueuses pour le même vin, dans le même millésime, selon qu’il est dégusté ici étiquette « ouverte » et là, à l’aveugle totale.
On a lu ici (billet précédent) le juste courroux de Michel Bettane qui ne comprend pas à quel point le même vin peut être à ce point différent. Ne tournons pas autour du pot.
-    soit l’aveugle change si profondément l’appréciation d’un vin que cela revient à dire que le dégustateur qui le goûte étiquette « ouverte » est totalement obnubilé par le prestige du cru. Je n’y crois pas une seconde, et pas seulement pour Michel Bettane, mais bien pour tous les membres du GJE. Mes zozos ne sont pas des perdreaux de l’année, loin de là.
-    Soit la GD (puisque les vins ont été achetés chez Leclerc) prend un malin plaisir à stocker ses grands crus acquis à prix d’or n’importe où et n’importe comment. J’y crois encore moins et je suis certain que Leclerc va vigoureusement  nous dire de quoi il en retourne. Leur réputation est clairement en jeu.
-    Soit la propriété produit différentes cuvées destinées à des acheteurs spécifiques. Certains Membres du GJE ne disant rien, y croient en catimini. D’autres ont des soupçons justifiés sur des expériences réalisées dans l’intimité de chais profonds, avec des propriétaires ne comprenant que couic à ces mêmes vins, de même millésime, qui sont si différents au bout de seulement quelques années.
-    A titre personnel, ma vue des choses, probablement simpliste, est de croire qu’un propriétaire doit avoir une sacrée dose d’inconscience pour faire cela, tant il y a le risque de la dénonciation anonyme par un employé indélicat ou chagriné, comme cela s’est déjà vu dans le passé. Car, réfléchissons un peu : une telle organisation des mises, des ventes, des lots reste quand même un travail complexe difficilement faisable par un homme seul ou une petite équipe solidaire. Suis-je naïf comme me le répètent tant de producteurs ?

Va savoir Charles !

Il n’empêche : le problème est posé. Cela ne servirait à rien de l’occulter. Là encore, le juge de paix sera une nouvelle session de dégustation, entièrement contrôlée par huissier, avec dégustation de chaque cru en double exemplaire, avec localisation certifiée de son origine : château, négoce, caviste. Ce sera fait.

Revenons à nos moutons. Voici donc les 11 vins dégustés dans le millésime 2001, dans l’ordre des résultats dont la saisie des notes, je me répète, a été faite devant l’homme de loi et filmée.


RANG    AOC                             VINS 2001          PRIX TTC
            
1    Saint-émilion GCC                  Angelus                152,13€
2    Bordeaux Supérieur                Reignac                 14,90€
3    Pauillac                                Lafite-Rothschild    209,18€
4    Pauillac                                 Latour                  418,36€
5    Saint-émilion GCCA               Ausone                 747,98€
6    Pauillac                                Mouton-Rothschild  209,18€
7    Pessac-léognan                    La Mission Ht-Brion  117,93€
8    Pomerol                               Petrus                 1 521,31€
9    Pessac-léognan                     Haut-Brion             253,55€
10    Margaux                            Margaux                 272,57€
11    Saint-émilion GCCA             Cheval-Blanc          316,94€



Saluons la victoire totalement méritée d’Angelus, preuve évidente du travail accompli depuis des années par Hubert de Boüard sur cette propriété familiale.  Le classement en GCCB est totalement justifié. Un vins soyeux, élégant, apportant un facteur plaisir qui a été mentionné par plusieurs dégustateurs. Bravo !
En deuxième position, ce fameux Reignac qui va faire jaser, n’en doutons point. Si nous n’avions pas pris les précautions d’objectivité énumérées ci-dessus, que n’aurions nous point entendu comme lazzi et méchancetés profondes. Mais là, pas de bol !  C’est véritablement, uniquement, profondément le résultat infaillible de la dégustation par 14 personnalités compétentes de onze vins dans un contexte d’aveugle totale.
Je ne sais trop si une chaine de TV s’intéressera à notre film, mais les dégustateurs présents vous diront à quel point ce vin les a surpris à tous points de vue : richesse, équilibre, fruité, finale, plaisir. Du grand, du très grand. J'avoue que crânement, les membres du GJE ontpris un uppercut en plein, mais l'ont accepté avec élégance : chapeau à ces messieurs et à des dames ! Ils assument leur choix.
J’ai beaucoup aimé les commentaires sur le Lafite dont chacun a vanté la finesse, la race, la classe naturelle.
Latour a frappé plusieurs dégustateurs par sa cohérence, sa représentativité de l’aoc pauillac.
Ausone, un peu replié en discrétion, sera plus volubile d’ici quelques années, n’en doutons pas.
Mouton a connu quelques remarques sur son boisé encore marqué. On sait que depuis, les choses ont bien changé.
LMHB, puissant à souhait, comme Ausone, semble plus long à se faire apprécier.
Petrus : pour un 100 % merlot, là, immense point d’interrogation. C’est bien simple : personne n’a compris.
Margaux, toujours en finesse, semble lui aussi, comme Mouton, pénalisé par un bois encore trop présent.
Cheval-Blanc, en ces années là, n’était pas au top de sa forme. Tout le monde le sait, à commencer par Pierre Lurton qui a repris les choses en mains comme l’avenir va nous le montrer avec éclat, je n’en doute pas une seconde.

Si je vous dis que je n’ai même pas pu déguster moi-même ! Quelle abnégation, n’est ce pas ! Je me suis vengé avec les deux bouteilles syndicales qui n’ont même pas eu le temps de faire un aller-retour à table, tant c’est parti comme du petit lait. Il est vrai qu’il faisait chaud.

C’est clair : j’ai adoré les principes de cette session. Ce sera refait, mais il va me falloir ruser avec mes zozos car, franchement – et on le voit dans le film – quand j’annonce les couleurs au débriefing, ils ont pour Chimène (bibi) des yeux d’étonnement particulièrement marqués ?

L’aveugle, Charles, l’aveugle totale : le seul juge de paix !

Merci à tous les dégustateurs qui m’ont offert leur temps, à Yves Vatelot qui a financé les coûts, à Wilfred et Kevin qui ont fait l’aller-retour depuis les USA, au Laurent qui  nous a reçu comme d’habitude avec professionnalisme et surtout avec affection (c’est si rare de nos jours).
Merci aux équipes de tournage et à  l’homme de loi scrupuleux comme un grand tabellion !

CLASSEMENT DES 2006 (Reignac éliminé pour défaut de bouchon)

1 - Haut-Brion
2 - Angelus
3 - Ausone
4 - Cheval-Blanc
5 - La Mission Haut-Brion
6 - Margaux
7 - Latour
8 - Mouton-Rothschild
9 - Lafite-Rothschild
10 - Petrus

Il reste intéressant de voir le classement global, les deux millésimes confondus :

    MILL            AOC                                    VINS


1    2001    Saint-émilion GCC                   Angelus
2    2001    Bordeaux Supérieur                 Reignac
3    2006    Pessac-léognan                       Haut-Brion
4    2006    Saint-émilion GCC                   Angelus
5    2006    Saint-émilion GCCA                 Ausone
6    2001    Pauillac                                  Lafite-Rothschild
7    2006    Saint-émilion GCCA                Cheval-Blanc
8    2006    Pessac-léognan                      La Mission Haut-Brion
9    2001    Pauillac                                 Latour
10    2001    Pessac-léognan                    La Mission Haut-Brion
11    2001    Pauillac                               Mouton-Rothschild
12    2006    Margaux                             Margaux
13    2006    Pauillac                               Latour
14    2001    Saint-émilion GCCA             Ausone
15    2006    Pauillac                               Lafite-Rothschild
16    2006    Pauillac                               Mouton-Rothschild
17    2001    Pomerol                              Petrus
18    2006    Pomerol                              Petrus
19    2001    Pessac-léognan                   Haut-Brion
20    2001    Margaux                             Margaux
21    2001    Saint-émilion GCCA             Cheval-Blanc

 

QUELQUES PHOTOS

 ve

Pegouret, toujours au sommet

fra

De saison

se

Ils travaillent dur !

caméra

Une équipe pro pour la mémoire

film

Bourguignon et Poussier, Burtschy et Caroline. Vialette rêve au fond !

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Très belles notes pour moi au GJE Malartic Bordeaux 2006 :
Reignac (16 : cacao, épices, le soyeux d'un noble Pomerol)
Médoc Tour Blanche (15,5/16)
Fombrauge (17)
La Forge (15,5)

En revanche, j'ai mal noté Grands Chênes (13,5)

Vos résultats sont surprenants en effet, iconoclastes.
A suivre.

Mardi 30 Juin 2009, 19:13 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Sérions : les grands chênes n'ont rien à voir ici :-)

Mardi 30 Juin 2009, 20:17 GMT+2 | Retour au début

Bravo François!
Je rêvais de lire un jour l'organisation d'une telle dégustation.

Cependant.. j'approuve la démarche des deux mains et je prends acte du résultat. Mais véritablement, je ne sais pas trop quoi en penser.. et surtout, quelles conclusions en tirer.. :?

Mardi 30 Juin 2009, 22:25 GMT+2 | Retour au début

Vrygi dit

J'ai découvert le GJE il y a quelques mois par l'intermédiaire du rapport de la session de dégustation tenue du 3 juin au 31 mai 2005 à Chamonix qui concernait déjà les Bordeaux 2001.
Reignac était 13ème sur 159 vins dégustés et devançait déjà les grands noms présents dans la session du 29 juin 2009 (à l'exception d'Angélus qui n'était que 33ème en 2005 et qui est aujourd'hui devant).
Comme quoi, 4 années supplémentaires n'y font rien. Le "petit" est encore devant les "grands".... Ce résultat est une nouvelle preuve du sérieux du travail du GJE. Et de son utilité pour les amateurs en mesure d'identifier dans la plus grande transparence des vins de grande qualité à des prix à dimension humaine.
C'est d'ailleurs sur la foi de la session de 2005 que j'ai encavé un bon nombre de Tour Carnet 2001 (trouvé à 15 euros la bouteille) classé 1er en rive gauche (encore bu récemment)et qui constitue un rapport qualité/plaisir/ prix réellement IMBATTABLE.
C'est pourquoi, dans cette dégustation du 29 juin dernier, peut-être aurait-il été intéressant d'intégrer un plus grand nombre de ces crus moins prétentieux, déjà très bien notés en 2005, pour s'assurer 4 ans après de leur maintien au regard des plus grands noms.
Et ainsi de peut-être confirmer que le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est bon on est bon...

Mardi 30 Juin 2009, 23:00 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Alain :

Attendez de voir le film qui sera tiré de l'événement. Il sera disponible en DVD.

Oui, on peut se poser des questions parfaitement légitimes. Que les choses soient claires : les vins ont été correctement appréciés avec un bémol assez sévère sur Petrus.

Ma foi, c'est hélas un fait récurrent au GJE et j'avoue que personne n'y pige que couac. Ou alors, les gens qui le dégustent "étiquette ouverte" sont tellement fascinés par le prestige du nom qu'ils en perdent la quasi totalité de leur aptitude à juger correctement.

Vrygi : un très sincère merci de votre commentaire où l'on ressent l'ardente nécessité pour la critique de se mettre au diapason des amateurs plutôt que de faire des ronds de jambe à la propriété, défaut que j'ai également trop souvent. Nature humaine…

Mais soyez heureux avec vos LTC : un tout beau vin de pur plaisir, quoiqu'en disent quelques grenouilles de bénitiers thuriféraires.

On refera d'autres sessions de ce style, plus larges : promis !

Mercredi 1 Juillet 2009, 01:01 GMT+2 | Retour au début

Bernard dit

J'ai moi aussi acheté LTC 2001 suite à cette session des 2001 . Je les ai pris en magnum car à la même époque O. Poussier expliquait qu'il prenait ses crus bordelais en magnum , sachant que les chateaux mettent leurs meilleurs lots dans les grands formats .
Une autre sélection aussi en fonction des acheteurs ? Intéressant , assurément .

Mercredi 1 Juillet 2009, 09:28 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Bernard :

Essayez aussi de localiser la nouvelle propriété de Mr Magrez en médoc : Château Tour Blanche. Il est sorti remarquablement bien lors de notre dernière grande session des 2006.

D'ailleurs, voiklà la liste de tous les vins qui ont aumoins 5 étoiles (le GJE a dégusté plus de 220 crus) :

Pape Clément ******
Léoville las Cases *****(*)
Mouton Rothschild *****(*)
Lafon - Rochet *****(*)
Prieuré - Lichine *****(*)
Rouget *****
Branas Grand-Poujeaux *****
Haut-Brion *****
Haut-Condissas *****
Tour Blanche *****
Le Petit Mouton *****
Pavie *****
Lascombes *****
Branon *****
Haut-Carles *****
La Mission Haut-Brion *****
Beychevelle *****
Pontet-Canet *****
Palmer *****
Confidence *****
Cos d'Estournel *****
La Violette *****
Domaine de Chevalier *****
La Tour Carnet *****
La Fleur de Gay *****
Monbousquet *****
De Fieuzal *****
Valandraud *****
La Mondotte *****
La Lagune *****
Léoville-Poyferré *****

Mercredi 1 Juillet 2009, 09:52 GMT+2 | Retour au début

Tu devrais plus souvent venir sur ce blog, mon cher Alain ... :-)

J'ai vu que tu as adoré Margaux 83 (100/100 ?).
Moi je l'avais trouvé décevant il y a qq années (on avait dit : trop jeune).
Hier soir, je l'ai pris pour un Pessac de niveau moyen, manquant de plénitude.

Mercredi 1 Juillet 2009, 10:18 GMT+2 | Retour au début

Juergen Steinke dit

Thank you for this interesting report. The ranking of Reignac is stunning and rather unbelievable.

I ask myself: How long will it take until the wide majority of wine drinker realize that the price isn´t a safe indicator for quality.

In many wine circels it is still common to say the top wines can´t be replaced by anything else. The recent GJE-Tasting is another proof that this really untrue.

The unteachable will probably guess that the taster are not good enough. Since I had the pleasure to be with them once or twice at a professional tasting this assumtion is nothing but laughable.

I am courious to know what the wine snobs think about the result.

Mercredi 1 Juillet 2009, 11:03 GMT+2 | Retour au début

Bernard dit

Cher François

C'est la sixième fois que je vais acheter les excellents rapport Q/P qui ressortent de vos sessions ( Aiguilhe , LTC , Rollan de By , Ht Condissas , ... ) .
Ma cave de Bordeaux a récemment subi une influence notable de la part du GJE :-) .

Un grand merci à vous .

Mercredi 1 Juillet 2009, 11:06 GMT+2 | Retour au début

Bernard dit

François

En mai 2008 , vous aviez sorti un excellent classement des meilleurs Bordeaux des millésimes 1998-2004 .

Comptez-vous mettre cette liste à jour maintenant que les 2005 et 2006 ont été dégustés ? ( bien qu'il semblerait que cela n'apporte pas de grands bouleversements mais la confirmation en soi a aussi une certaine valeur )

Merci

Mercredi 1 Juillet 2009, 11:18 GMT+2 | Retour au début

Paganini dit

Bravo pour cette initiative très intéressante bien que je regrette qu'il n'y ait pas eu plus de vins "pirates" et que le pirate soit pris dans la sacro-sainte short liste (Haut Condissas, Haut Carles, Reignac, etc ...).


Lorsque vous dites que Bettane a piqué une colère, de quoi s'agit t-il ?

Est ce de s'apercevoir que les vins achetés n'ont pas la même qualité que les vins proposés gratuitement au chai des plus prestigieux chateaux ?

Dans cette hypothèse, je crois qu'il appartiendra à Bettane et aux dfférents guides et critiques d'en tirer les conclusions ...

Mercredi 1 Juillet 2009, 11:38 GMT+2 | Retour au début

Michel Bettane dit

Je confirme. Un seul point me navre, si on exclut Reignac 2006 pour cause de bouchon on pourrait aussi le faire pour quelques 2001 et 2006 moins généreusement écartés et qui souffraient sans doute du même défaut: une discussion avec les bouchonniers s'impose, tout autant qu'avec les propriétaires et les distributeurs.

Mercredi 1 Juillet 2009, 14:13 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Michel a raison : il a noté, avec son sens particulièrement aigü du vin "touché" que d'autres crus avaient des insuffisances notoires.

Le principe au GJE est que généralement j'écarte les crus où une majorité de dégustateurs a noté le problème.

Je dois dire aussi - soyons honnête jusqu'au bout - que pour cette session, les vins sont vite arrivés à 19°/20°.

Certes, ils étaient tous en égalité sur ce point. C'est un peu de ma faute, car j'avais comme souci premier de laisser du temps aux vins pour une saine oxygénation. Mais voilà, dès que les verres sont servis, porche miseria, la température monte vite. Faudrait que j'offre à mes zozos des cachemires 10 fils pour les faire déguster dans une salle à 16 °.
on voit déjà les factures médicales que ces sympathiques ombrageux seraient capables de me fournier ! Sight, comme dirait Charlie Brown :-( !

Mercredi 1 Juillet 2009, 17:13 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Bernard :

It makes my day ! Mon petit ego est fier pour le GJE.

Oui, je vais refaire cet été une moyenne des crus principaux sur tous les millésimes dégustés par le GJE ces dernières années.

Mercredi 1 Juillet 2009, 17:16 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Après un peu de réflexion, ce qui me dérange le plus, cher François, c'est quand tu dis : "les autres vins se goutaient correctement".

A ce niveau de prix, avec une telle promesse, peut on se contenter d'un "se goutait correctement" ?

Le problème de ces vins (de tous les vins chers) n'est pas le prix. C'est bel et bien la qualité. L'émotion. Le plaisir. On devrait en avoir pour son argent, au minimum, et pour plus, en vérité. Mais là, on dirait que le prix, au final, ne sert qu'à faire payer les vins au prorata de ses moyens financiers, comme on paye ses amendes routières au prorata de ses revenus en Suisse je crois, en Finlande aussi ou un pays Baltique.

Michel me rassure (enfin si on veut) quand il évoque les déviations de toute sorte dues aux bouchons. Les TCA ne font pas tout et il faudra bien se pencher un jour sur la résolution de ce problème qui fait que les bouteilles sont parfois si différentes. Peut-être aussi qu'à rechercher trop de qualités visuelles (bouchons longs, veinage important, fleur sur les bouts), on oubli qu'un bon bouchon doit avant tout boucher, protéger de l'air et surtout rester neutre. Sa "beauté", on s'en fout un peu.

Jeudi 2 Juillet 2009, 08:16 GMT+2 | Retour au début

Hervé Bizeul dit

Il me semble tout naturel de ramener les vins bouchonnés au supermarché qui te les a vendus, au fait. Le produit n'était pas conforme et la contestation serait là imparable. Il y a obligation du code du commerce à fournir un produit conforme.

De même, les châteaux devraient remplacer les bouteilles défectueuses comme le fond les crus moins prestigieux mais plus attentifs à la satisfaction de leurs clients.

L'analyse TCA existe désormais. Sur des bouteilles de ce prix, les choses bougeront sans doute quand un consommateur osera un procès en cas de refus du château. Une simple intervention de la DGCCRF ferait à mon avis bien bouger les choses... Que dire alors de millésimes entiers touchés par le TCA ?....

Jeudi 2 Juillet 2009, 08:22 GMT+2 | Retour au début

Mauss répond

Hervé :

Comme tu pourras le lire par ailleurs sur mon commentaire posté sur erobert, je suis enclin à penser queBordeaux, fondamentalement créateur de marques, est la région où il y a la plus grande inadéquation entre le prix du vin et sa qualité.
C'est un sujet sur lequel on reviendra.

Quant aux questions de TCA et autres défauts, j'ai effectivement reçu des propositions de laboratoires qui me disent avoir maintenant des outils particulièrement performants pour ce type d'analyse, et à prix acceptable.

Si je me lance un jour dans ces analyses, tu imagines bien qu'il faudra bétonner à mort la procédure avec toutes les preuves certifiées par huissier tout le long de la chaîne achat, ouverture de la bouteille, analyse. pas si simple que cela, mais, d'accord avec toi, à faire.

Mais est-ce bien à moi, au tout petit niveau du GJE, de faire cela ?

Jeudi 2 Juillet 2009, 10:01 GMT+2 | Retour au début