Session spéciale du GJE au Laurent à Paris, le 29 juin 09
Pour en avoir discuté à maintes reprises sur des forums et sur ce blog, la dégustation à l'aveugle, telle que la pratique le GJE, a comme inconvénient majeur la difficulté, en absence de visualisation de l'étiquette, de juger la capacité de vieillissement et d'amélioration d'un cru dans le temps.
Cette critique est même souvent "confortée" par le fait que nous dégustons fondamentalement des vins jeunes, bien que régulièrement le GJE goûte des vins ayant déjà 5 ans au moins de bouteille.
On sait également qu'un des buts du GJE est de permettre à des producteurs ± anonymes, moins connus, de confronter leurs vins aux références de la région ou de l'appellation.
Aussi, dans ce cas de figure, lorsque nous associons dans une même session quelques grands noms classés à d'autres producteurs moins connus du public, et cela dans un même millésime jeune, le reproche immédiat qui est fait au GJE est de dire : "certes, X ou Y a battu tel classé, mais vous verrez que dans 5 ans, il sera passé, mort, bref, il ne tiendra pas la route face à l'évolution du grand cru qui lui a besoin de temps (c'est vrai) pour trouver son plein épanouissement".
Combien de fois n'avons nous entendu cet argument quand des Haut-Condissas, des Reignac (et récemment un Branas Grand Poujeaux) caracolent dans le peloton de tête des résultats du GJE. Attention : qu'on ne vienne surtout pas me dire que le GJE est incapable d'évaluer les noms prestigieux et n'octroie ses points qu'aux "bombes" fruités sexy, décadentes, riches, surextraits ou je ne sais quoi de "Monsieur Plus". Il suffit de consulter les grandes sessions du GJE où des noms comme Pavie, Ausone, Mouton, Angelus arrivent en haut du podium.Mes zozos sont des bons, des très bons.
Il me fallait donc organiser une session spécifique où un vin moins connu, et surtout moins prestigieux, soit confronté dans un millésime au moins en début de maturité, aux plus grandes références de sa région.
Ce qui fut fait hier lundi 29 juin au restaurant Laurent, toujours au top des plus belles maisons parisiennes.
J'avais réuni le noyau dur du GJE pour la dégustation de onze vins dans deux millésimes (2006 et 2001), soit un total de 22 crus. Aveugle complète, aucune information n'ayant été communiquée aux dégustateurs suivants :
Marie Ahm
Michel Bettane
Bernard Burtschy
Philippe Bourguignon
Olivier Poussier
Laurent Vialette
Abi Duhr
Caroline Notin
Jacques Perrin
Wilfred van Gorp (venu exprès de Chicago : un grand merci !)
Kevin Shin (venu de Washington : un grand merci !)
Christian Roger
Orazio Vagnozzi
Jean-Pierre Giraud
Tous les vins ont été achetés au Centre Leclerc SOLODIS de Perrusson, aux prix suivants (ttc) (ordre de service):
MILL AOC VINS PRIX
2001 Pomerol Petrus 1 521,31€
2001 Saint-émilion GCCA Ausone 747,98€
2001 Saint-émilion GCCA Cheval-Blanc 316,94€
2001 Pessac-léognan Haut-Brion 253,55€
2001 Pauillac Latour 418,36€
2001 Pauillac Lafite-Rothschild 209,18€
2001 Pauillac Mouton-Rothschild 209,18€
2001 Pessac-léognan La Mission Ht-Brion 117,93€
2001 Margaux Margaux 272,57€
2001 Bordeaux Supérieur Reignac 14,90€
2001 Saint-émilion GCC Angelus 152,13€
2006 Saint-émilion GCC Angelus 157,15€
2006 Pauillac Lafite-Rothschild 443,73€
2006 Pauillac Mouton-Rothschild 469,07€
2006 Pomerol Petrus 1 267,76€
2006 Saint-émilion GCCA Ausone 760,66€
2006 Saint-émilion GCCA Cheval-Blanc 608,52€
2006 Bordeaux Supérieur Reignac 14,90€
2006 Pessac-léognan Haut-Brion 418,36€
2006 Margaux Margaux 418,36€
2006 Pauillac Latour 412,02€
2006 Pessac-léognan La Mission Ht-Brion 418,36€
Cette session a été intégralement filmée et fera probablement l'objet d'une édition DVD-HD après montage (où je dois me rendre fissa ce matin).
La session a été intégralement contrôlée par le Cabinet d'Huissier Benhamou, en la personne assermentée de Monsieur Quentin Duriaud. De l'ouverture des bouteilles jusqu'à la saisie des notes des dégustateurs en passant par la désignation d'un ordre aléatoire de service.
Les règles habituelles du GJE ont été appliquées :
- chaque dégustateur commence sa propre dégustation par le n° du vin qui est le même que celui de sa table
- la moitié des dégustateurs déguste dans le sens des aiguilles d'une montre, l'autre moitié dans le sens inverse.
- un debriefing (filmé en totalité) suivit la dégustation.
Le déjeuner qui conclua cette session spéciale du GJE a été un beau moment de gastronomie et de convivialité avec des vins offerts par Abi Duhr (excellents rieslings de la Moselle luxembourgeoise) et Laurence et Arnaud Mortet dont malheureusement un magnum bouchonné 
On va revenir sur ces problèmes de bouchons pas nets car cela a touché également le Reignac 2006 qui, ouvert alors qu'il était à moins de 14° (température où il est difficile de percevoir ces faux goûts hélas trop fréquents) développait le problème au fur et à mesure que le vin montait en température. Sad.
Je dois aussi remercier Laurent Vialette, LPV, qui nous a offert son nouveau modèle "masterglas" pour cette session : le verre parfait pour les dégustations du GJE dans le mesure où il trouve une meilleure homogénéité entre le nez et la bouche alors que tant d'autres verres privilégient l'un par rapport à l'autre.
Dans le prochain billet, vous aurez les résultats détaillés, mais d'ores et déjà, je peux vous dire que Michel Bettane, Përrin, Burtschy et autres ont été passablement révoltés par l'infime qualité de PETRUS (euphémisme) au point qu'on peut sérieusement se poser des questions inavouables. On ne sera pas langue de bois, je vous le promets.
PS : suivez le blog du Grand Jacques qui en parle déjà, le bougre !
Réponse : Elkabach
C'est ICI
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Jacques Perrin dit | Bien vu, François ! ça me rappelle une fameuse répartie de l'inénarrable Georges Marchais, presque digne de figurer dans les "Tontons" :" Mais taisez-vous donc, Elkabach !" |
Laurentg dit | RVF spécial millésime 2006 : Petrus 2006 au sommet (18,5/19,5). |
Bettane dit | J'ai été aterré par quelques bouteilles de grands premiers (dont Petrus) qui n'avaient rien, mais absolument rien à voir avec ce que l'on goûte habituellement à Bordeaux et même ailleurs. Pour Petrus j'en ai dégusté des vraiments superbes dans ces deux millésimes 2001 et 2006 mais les deux bouteilles d'hier étaient non seulement médiocres mais calamiteuses. Les bouteilles et les bouchons doivent être envoyées au producteur pour qu'il remonte à la source de ceux qui ont fourni à Leclerc les bouteilles en question et leurs conditions de stockage. |
Mauss répond | Effectivement, ce n'est pas la première fois que cela arrive (confer session à la Villa d'Este). |
1ppy dit | La question devient alors: |
Laurentg dit | 1ppy, |
Juergen Steinke dit | Thanks for the report. |
Mauss répond | Ouanepipiouaille : je m'inscrit totalement en faux sur vos commentaires sur Leclerc. |
Nicolas Herbin dit | Mauss a écrit : "Ouanepipiouaille : je....." |
Laurentg dit | Jacques a récemment commenté Margaux et Mouton 2006 sur son blog (en leur accordant la même note de 95/97). |
Laurentg dit | Nous avons visité le Leclerc de Léognan avec Benoit Prevot et Francesco Meggiolaro (François tenant à effectuer une petite vérification sur les vins de la maison Rolland). |
1ppy dit | Ok, il y a eu de ma part une mauvaise interprétation des écrits de Michel Bettane: "Les bouteilles et les bouchons doivent être envoyées au producteur pour qu'il remonte à la source de ceux qui ont fourni à Leclerc les bouteilles en question et leurs conditions de stockage." ne signifie en effet absolument pas que ce soit le Leclerc qui est mis en cause sinon ses fournisseurs. Autant pour moi. |
Maxime 12000 dit | Le trajet effectuer par le vin n'aurait-il pas ses conséquences... |
Laurent dit | Toujours plus grande l'Europe des dégustateurs, puisque deux venaient de Washington et de Chicago |
Mauss répond | Ouanepipiouaille : avec le temps, il est certain que nous allons récolter des infos sur cette question. |
Laurentg dit | "Pourquoi je n'ai jamais ce genre de problème quand on ouvre un Mugnier, une DRC, un Mortet ou un Clos Ste Hune ?" |
Mauss répond | Ces gens qui analysent sans arrêt !!! |
Laurentg dit | François, |
Y dit | Bettane |
Y dit | De(S) vraiment |
Mauss répond | Y : |
Y dit | Je me suis fixé deux missions M Mauss: lutter contre la paresse des voies de chemin de fer entre deux passages de train et éradiquer les fautes des anciens de la rue d'Ulm et croyez moi la seconde n'est pas la plus facile, ni la moins noble!! |
Mauss répond | Purée : va falloir que j'avertisse François Rosenfeld ! |
Armand Dit Brise Menu dit | I ou tout autre grec de même nom (merci Oscar) je vous ai à l'oeil |
1ppy dit | Pourquoi les missions, à l'exception de la HB, consistent-elles toutes à faire changer les autres au lieu de s'améliorer soi-même? |
Armand Dit Brise Menu dit | Ca doit être une question de positionnement |
Y dit | Sans problème 1p je vous confie les voies de chemins de fer vous êtes sûrement the right man in .....juste un détail: restera à vous faire connaître pour que je vous donne la méthode au lieu de jouer de votre perpétuel anonymat |
1ppy dit | Cher Y, ne mélangez pas la discrétion avec l'incognito; Ce n'est pas parce qu'on ne veut pas se montrer qu'on a quelque chose à cacher. |
Bernie Deuxdents dit | Le noyau du GJE est bien dur: www.youtube.com/watch?v=E... |
Y dit | 1p j'ai pas tout compris c'est sans doute parce que je n'ai pas tout lu mais ça semble globalement intéressant: continuez!!! |
Chris dit | J'aimerais bien pouvoir dire tout ce que je pense d'une certaine GD mais hélas les avocats de ce cher "eddy" sont plus puissants que les miens...mais j'ai bien reconnus les barquettes de viandes remballées de cette enseigne dans des reportages en caméra cachée. |







