Bordeaux Primeurs 2008 : jour 3
Bizeul n'est pas là ? Bon, vite quelques mots sur les discussions qui tournent autour des prix.
C'est simple : tout ce que j'ai écrit sur ce blog depuis quelques jours est faux. Je me suis planté sur toute la ligne. Mon rêve de voir les "premiers" jouer un rôle majeur dans le rétablissement de l'image du bordeaux n'a tenu que quelques jours. Pourquoi resteront'ils au-dessus de € 120 la bouteille ? Oui, je sais : j'ai soutenu cette position au départ, mais avec d'autres arguments. Ceux du jour sont :
a : parce que la récolte 2008 est de bonne qualité
b : parce que la récolte 2008 est très petite en quantité
c : parce qu'on estime en haut lieu qu'il y aura toujours assez d'amateurs pour encaver les noms mythiques. A ce niveau de prix, baisser un vin de € 180 à € 130, par exemple, n'apporte pas une nouvelle tranche d'acheteurs. A l'extrême limite, cela peut éventuellement réduire le nombre de ceux qui vont acheter. Mais il y a tellement de nouveaux marchés en expansion ! On a le droit d'être sceptique, mais on a le droit de réfléchir aussi si cet argument a un peu ou pas du tout de valeur.
d : parce que - c'est un peu paradoxal - des prix "tenus" pour le 2008 aideront à la vente incertaine (euphémisme) des 2007.
J'arrête là : attendons les annonces.
Revenons aux qualités des vins, suite à une journée en rive droite cet après midi. D'abord à La Dominique où, en sus des vins de Mr Thunevin, il y avait quelques autres producteurs, même de régions autre que Bordeaux, comme Trinoro que j'aime beaucoup. Un beau Croix de Labrie, un Valandraud sur la finesse, un Lynsolence presque classique et une démonstration de ce que donne le chardonnay sur des terroirs de Meursault, via deux millésimes présentés par la maison Buisson-Charles.
Second passage à L'A Grappe (château La Gaffelière) où sont présentés tous les vins "conseillés" par Stéphane Derenoncourt. Toujours cette facilité d'une dégustation sur un fruit agréable, sur des vins pas compliqués, vraiment plaisants, souvent avec classe, et dans un équilibre excluant bien des excès constatés sur d'anciens millésimes. J'ai beaucoup aimé Villemaurine repris par Mr Onclin, également propriétaire de Branas Grand Poujeaux (qui sort bien aux sessions du GJE). Le toscan La Novella 2006 ( qui plaisait à Jeffrie Davies, toujours aussi fringant) est frais à souhait et le vin de sa voisine, venue de Virginie, est bien loin de l'image bodybuildée des californiens médiocres qui arrivent en Europe. Pas mal du tout !
En tout cas, beaucoup de monde un peu partout. On croise les mêmes voitures; la maréchaussée reste discrète le jour, attentive la nuit. On se couche tôt, car les journées sont vraiment épuisantes. Malheureusement, on ne se refait pas, et j'ai bien peur que ce petit monde assez angoissé n'arrive pas à surmonter ses égoïsmes, ses habitudes, ses fausses certitudes. Bon sang de bon soir : que faut-il donc pour que de la base au sommet, on se mette enfin autour d'une table pour réfléchir à cette image qu'il est temps de redorer ?
Vinitaly ouvre demain matin. Si des erreurs sont faites ici, soyez certain que là-bas, il y en a qui sauront en profiter.
Ah, c'est bien compliqué tout cela car, il faut bien le dire, Haut-Brion, LMHB, Lafite, Mouton, d'Armailhac, Pape-Clément, Rauzan-Ségla, Lascombes, et tous les autres "bons" que je trouverai encore demain en rive gauche, sont capables de nous éblouir ! Les deux magnums de 1959 dégustés hier soir, Angelus et Montrose, étaient de véritables chefs d'oeuvre. Ce n'est que du vin, certes, mais quels beaux vins ! Bravo aux vignerons de l'époque : ne les oublions pas.
PS : étant bien plus un amateur gourmand qu'un dégustateur professionnel, je me garderai bien d'allonger sur ce blog des notes et des notes de dégustation. Quand mes zozos du GJE auront terminé cette lourde tâche, j'aurai, de leur part, de la matière à publier. Patience, et suivez le blog du Grand Jacques qui va nous dire plein de choses réfléchies, lui !
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Lalau Hervé dit | Je lis sur le site de Decanter que des Grands Crus se négocient à 110 euros. |
1ppy dit | Félicitations François: des opinions toujours franches et une facilité déconcertante pour dire "je me suis trompé", ce sont deux denrées rares surtout chez "les présidents" |
Antoine dit | Je suis plus que d'accord avec vous concernant les prix. |
Alain Bringolf dit | Pour les propriétés assimilées ces dernières années à des produits de luxe, il faut tenir un raisonnement similaire à ces derniers. |
Antoine dit | Francois, |
Mauss répond | Antoine : |
Antoineg dit | Bien note, desole pour la confusion |
Laurent dit | Voila qu'Antoine doit se rajouter une lettre alors que chacun sait que sa mère attend depuis 40 ans passés qu'il se coupe enfin les cheveux. |
Laurentg dit | Laurent, |
Jean Francois dit | Bonjour, |








