Bordeaux Primeurs 2008 : jour 2
Belle journée ensoleillée avec un départ sur les chapeaux de roue à La Mission Haut-Brion pour tous les vins du Domaine Clarence Dillon. Puis Pape-Clément, puis Mouton, Lafite, Ulysse Cazabonne et Margaux.
Pas de possibilité ce jour à Latour, mais comme mes zozos vont y passer, pas de souci : on aura des commentaires circonstanciés.
D'abord à LMHB : pour une fois, c'est simplissime : à titre perso, j'ai simplement envie - c'est bien la première fois - d'encaver chacun des crus du Domaine. Partout une belle matière soyeuse, ronde à souhait, sans mièvrerie, droite dans ses bottes, avec des bottes un peu plus hautes pour La Mission que pour Haut-Brion.
Les vins sont somptueux, parfaitement équilibrés, avec des tanins fins, et des longueurs, je ne vous dis que ça ! La Chapelle est un pur plaisir immédiat tandis que Le Clarence donne l'impression d'une structure plus affirmée. Si mes zozos ont préféré le Laville, j'ai mieux aimé la rondeur voluptueuse du Haut-Brion blanc. Le petit "plus" ? On est vraiment à Pessac-Léognan où les grands vins ont un costume parfaitement taillé sur mesure pour y intégrer plus tard - on en sent les prémices - ces arômes enivrants de fumé qui me fascinent tant. On est parti sur du grand, pas de doute possible. Là encore, comme hier à Ausone et à Cheval-Blanc, on a l'impression d'une fusion assez singulière entre le dégustateur et le cru : tout semble naturel, facile à comprendre, sans aucun besoin de technique ou d'analyse jésuistique des assemblages ou des durées des vinifications. Le plaisir est là, réel, sensible, et de si haute tenue ! Du grand art. Je sais, je suis généreux de nature : aussi je confirme et signe : Haut-Brion à 98 points et 97 à La Mission Haut-Brion. Mais lisez les notes des autres, je ne devrai pas en être très loin !
Pour rester dans les premiers : inouï à quel point Mouton et Lafite semblent la définition parfaite de ce qu'on attend d'un grand Pauillac. Stupéfiant. Si l'ossature de Mouton est plus affirmée, la queue de paon de Lafite est proprement stupéfiante. Ces deux domaines ont réussi à garder leur identité en offrant à l'amateur ces pauillacs qui associent si bien puissance et finesse. Un point de plus pour Lafite (98) qui m'a séduit par sa matière si onctueuse et soyeuse à la fois, le tout tenu par des tanins incroyablement fins : du grand art. Immense respect pour Mouton (97) qui portera loin dans le temps les qualités du travail fait depuis des années par Dalhuin et Berland. Ils ont mis au monde un bébé dont ils peuvent être fiers.
Je craignais un peu pour Margaux, car divers crus de cette AOC dégustés chez Ulysse Cazabonne ne me laissaient point augurer de chef d'oeuvre. J'y trouvais des vins plus maigres, parfois dissociés et surtout avec une dominante de bois qu'on n'avait pas ailleurs. Mais, encore une fois, la magie de Margaux, la bonne fée penchée sur le berceau de ce millésime si miraculeux ont produit des effets magnifiques. La finesse est là, la puissance ne manque pas, et surtout l'équilibre est quasi parfait. Là encore, un très beau cru méritant à l'aise 96 points.
Cette année encore, Pape-Clément fera les gros titres : aucun doute sur l'équilibre puissance-finesse de ce cru de Pessac-Léognan. La race est là, le terroir aussi et on ne peut que dire : "chapeau bas" devant une réussite si particulière. Je ne doute pas qu'en dégustation à l'aveugle au GJE, il viendra titiller sans aucun problème les premiers.
Bon, je dois y aller : grande soirée crus bourguignons et alsaciens chez le meilleur chinois du sud de la France : Au Bonheur du Palais. On sera une bonne vingtaine !
Mama mia !
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Laurentg dit | Marrant, |
Laurentg dit | A noter un très bon pape-Clément 1999 (16,5/20, qui s'en sort très bien dans notre première série de Bordeaux 1999. |
Alain Bringolf dit | Mazette François.. |
Laurentg dit | Salut, Alain, |








