Bordeaux primeurs 2008 : dimanche 29 mars
D'emblée, un sentiment personnel : ce millésime 2008 est bien plus agréable en dégustation "primeurs" que le 2007. La journée commença pour les membres du GJE par une dégustation des vins du CRD au Château de Pressac, suivie d'une sélection de vins produits ou conseillés par Hubert de Bouard à Angelus, où nous avons eu un déjeuner alerte et très amical, avant de passer par le Gay de Madame Péré-Vergé et Cheval-Blanc que Pierre Lurton a ouvert pour les 18 Membres présents du GJE.
Mais entre Pressac et Angelus, la montée classique à Ausone pour avoir de ce vin mythique une première vision. Vous lirez partout ailleurs des notes précises, complexes, avec plus ou moins des mots savants. Dans mon langage, pas de besoin d'une phraséologie technique tant le vin se donne avec majesté, sans vous compliquer ni le nez, ni la bouche, ni le palais. Il développe un soyeux de référence qui vous donne une notion de plénitude, particulièrement sur une finale de toute beauté, longue à souhait, avec une précision de finesse quasi douloureuse. Ce sera un tout grand qui mérite - à mon avis - un 97/100.
Alors, allons y de suite pour Cheval Blanc, totalement différent, où la structure tannique du vin reste une donnée permanente de la dégustation, avec des tannins serrés, fins, jamais agressifs et toujours présents qui en feront, j'en prends le pari, un millésime de référence pour ce château. En fait, gageons qu'il sera considéré un jour comme "le" millésime d'un certain retour de Cheval-Blanc parmi l'élite de l'élite. Egalement 97/100 mais dans un style très différent d'Ausone.
En vrac : j'ai beaucoup aimé chez De Bouard Fieuzal, le Clos des Jacobins et Angelus (dont le 89 servi à table d'une jeunesse étonnante), un peu moins La Fleur de Bouard qui, certainement, devra s'affiner avec le temps.
Chez Madame Péré-Vergé, un Le Gay parfait et un La Violette qui s'en approche plus que l'an dernier où sa palette aromatique était particulièrement singulière.
A La Gaffelière, nous avions pratiquement tous les vins conseillés par Stéphane Derenoncourt (on en aura un résumé complet sur le blog du Grand Jacques). Nous pouvions déguster dans des conditions parfaites, à table, sans bousculade, comme pour une session exclusive du GJE avec la chance de pouvoir redéguster - ce qui ne sera pas le cas cette semaine pour les autres journalistes eu égard à l'extrême rareté de ce cru (moins de 2400 bouteilles) - Le Domaine de La Passion Haut-Brion. Comme à Paris. Un cru dont on parlera. Dominante cabernet franc, pas de merlot, mais du cabernet-sauvignon.
J'ai aimé en particulier, et sans ordre hiérarchique : Jean Faure, Canon La Gaffelière, Clos de l'Oratoire, La Mondotte, La Gaffelière, Larcis Ducasse, Poujeaux, Dne de Chevalier, Pavie-Macquin (mama mia !), Clos Fourtet, Rol Valentin, Clos des Princes, Vrai Canon Bouché. Partout de la fraîcheur, de l'équilibre, du fruit. En un seul mot ? : agréable.
J'attends de lire quel sera le british qui osera faire la fine bouche sur la qualité de ces vins. L'exercice ne sera pas facile, loin de là !
Bon, ce lundi, les vins Clarence Dillon à La Mission Haut-Brion; puis les vins des Domaines Bernard Magrez et l'après midi les premiers du médoc et quelques autres sur la fameuse D2 que tout amateur de Bordeaux connaît par coeur.
A suivre…
Cet article a été commenté 4 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Laurent dit | Le Ch. de Pressac. Un "vrai beau chateau, dans un non moins beau site. Je l'ai visité il y a dix ans, et les vins promettaient beaucoup. |
Mauss répond | Bravo Laurent : pour compléter le tableau, le propriétaire est actuellement le Président du Syndicat de St Emilion où il a remplacé Hubert de Bouard. |
Essa dit | Bonjour François, |
Mauss répond | Demain ou après demain, on refait effectivement un tour en RD. Y aura du tuff! |






