Nicolas Herbin dit | |
| Intéressant !
Je trouve toutefois que la volonté d'un homme de conserver par devers lui un flacon d'un vin prestigieux peut aussi être touchante (le conservatoire n'appartenant pas qu'aux domaines).
Je tiens à dire qu'il m'est arrivé d'apprécier un Chambolle 1934 (Charmes Grivelet) ou un Pol Roger 1934.
Je ne sais pas si Parker considère ce type de vin comme ancien (on y en tout cas loin du vinaigre, palsambleu).
Cela dit, je ne suis pas fana des vins trop vieux et je suis d'accord pour regretter les caves cimetières (vins oubliés ou vins exhibés et jamais partagés).
Combien de millions de cols ont-ils ainsi été oubliés dans les caves des familles françaises ? Mardi 23 Decembre 2008, 08:06 GMT+2 | Retour au début |
| Je crois que l'adjectif juste est en effet "ostentatoire".
Quand le plaisir consiste à posséder quelque chose et non plus à en profiter (au delà de la simple contemplation de la possession), on perd alors complètement le sens des valeurs.
Pur matérialisme très en vogue qui a changé le "je jouis donc je suis" pour "je possède donc je suis".
C'est con et surtout con-traignant puisque, si bien la jouissance est limitée par les circonstances et le temps - en plus de relativement facile à satisfaire -, l'accumulation matérielle n'a pas de de limite et devient donc rapidement une source intarissable de frustration(s). Mardi 23 Decembre 2008, 09:04 GMT+2 | Retour au début |
Yves dit | Déjà que les relations de repas sur le blog de François Audouze me font penser à une partouze dans une maison de retraite avec Brigitte Bardot et Jeanne Moreau en guests stars, là, on sombre peut être dans la nécrophilie! Mardi 23 Decembre 2008, 09:15 GMT+2 | Retour au début |
Arbre dit | OK. Si le vin est bu par vous ou quelque autre connaisseur / amateur.
Mais je ne peux lui donner tort en imaginant les nouveaux riches russes (ou autre) qui s'assoiffent de ce breuvage simplement parce qu'il est cher.
Et que eux, ils en ont les moyens. Mardi 23 Decembre 2008, 09:20 GMT+2 | Retour au début |
Alfredo dit | |
| La question des vieux millésimes, particulièrement dans le contexte des dégustations de François Audouze, est un sujet récurrent qui rend les gens particulièrement nerveux.
En effet, si nous avons tous déjà dégusté d'immenses vins qui ont passé un âge canonique, la vaste majorité de ces crus sont de belles (parfois) momies.
Ceux qui ont eu la chance de participer à des dégustations d'anciens millésimes chez Bouchard le savent : il y a des crus qui traversent les décennies, les siècles, et qui ne semblent plus bouger, tout en offrant encore des moments de pure émotion. Ils sont rares, très rares.
Le gros problème avec François Audouze - que je connais un peu - c'est qu'il mélange business (ses fameux dîners où il présente quelques très vieux vins à de riches personnes (je ne veux pas dire clients) et donc, fatalement, il y a là un biais majeur qu'il ne veut tout simplement pas comprendre.
Quand LPV organise ainsi des repas qui n'ont rien à envier en qualité à ceux d'Audouze, c'est simple, net, sans bavures : il offre les vins et chacun exprime sa réelle opinion.
Là où Audouze s'enfonce dans ses explications sur le site de Bob, c'est en disant qu'il est largement assez riche pour ne pas avoir besoin de revenus tirés de ces dîners.
On sait qu'aux USA les dîners de ce type sont toujours sous les auspices d'une "charity action" qui, certes, a des avantages fiscaux.
Là où Audouze serait crédible dans ses notes et commentaires, ce serait lors de dégustations offertes. Mardi 23 Decembre 2008, 10:17 GMT+2 | Retour au début |
| …suite :
Chacun d'entre nous a son propre degré de vanité : le nier serait stupide. On aime être complimenté par les crus qu'on offre, qu'on apporte, surtout quand il s'agit de grands noms, de vins rares, de vieux millésimes.
Le problème avec Audouze est qu'il développe chaque fois, particulièrement sur le forum LPV des arguments où il mélange dans un galimatia insensé sa propre vue de la vie, des riches, des pauvres, des grands, du style "name's dropper". Cela fonctionne parfaitement avec certains, mais avec d'autres - qui ne lui répondent plus - c'est la mise en boîte immédiate : comme l'a fait Parker sur son propre site. Seul le très patient Hervé a tenté la semaine dernière de lui dire gentiment son fait sur LPV : peine perdue : le galimatia a repris de plus belle.
C'est bien dommage car l'homme est fondamentalement un joyeux luron quand il sait à qui il a à faire. Qui veut-il donc convaincre ainsi ? Cela reste un grand mystère. Sa politique de repas payants alors qu'il affirme par ailleurs être suffisamment riche pour n'en n'avoir point besoin, est irritante à souhait.
Pour revenir à Chasseuil, Arbre, rien ne l'oblige à vendre à des russes. L'argument ne tient pas : je maintiens, c'est une insulte aux vignerons. Mardi 23 Decembre 2008, 10:29 GMT+2 | Retour au début |
Heeter dit | |
| |
| Cette collection pourrait trouver sa place à Bra, dans celle commencée par Slow Food.
Il n'empêche : je considère comme bien plus valable une collection de bouteilles vides avec un commentaire approprié de dégustation, ce qui sera, pour le futur, une source bien plus intéressante d'infos que la simple vue d'un vin "mort". Mardi 23 Decembre 2008, 11:31 GMT+2 | Retour au début |
| |
Yves dit | |
Jacques Perrin dit | Je connais assez bien M. Chasseuil (dont je t'avais déjà parlé) qui m'a invité à plusieurs reprises à venir voir sa cave près de Poitiers. Je l'ai aidé à la compléter sur certaines régions qu'il connaissait moins bien. Je pense, François, qu'on ne peut pas "juger" cet homme selon des critères "je partage/je partage pas"... Il y a un côté Des Esseintes ou Raymond Roussel dans sa démarche. C'est un homme hors normes, idéaliste et délicieusement "allumé" chez cet homme. Mardi 23 Decembre 2008, 23:34 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | François, toi qui est un un sage (eu égard à tes cheveux grisonnants), toi qui a appris par coeur du Virgile chez les jésuites, tu devrais faire tienne cette phrase de Hegel:"Rien de ce qui est humain ne m’est étranger." Mercredi 24 Decembre 2008, 00:02 GMT+2 | Retour au début |
| Grand Jacques : il n'empêche : amateurs que nous sommes et avant tout respectueux du travail des vignerons, nous nous devons de critiquer cette collection qui est aux antipodes de l'esprit du grand vin.
Cet homme se trompe dans sa démarche. Point.
Je me vois très mal partager une bouteille avec lui.
Un peu comme ce brave homme qui, bénéficiant d'une cave d'exception, m'offre un verre de Cramoisey-Champelure.
Raymond Roussel : l'homme qui avait deux Rolls : pendant que l'une rapportait les légumes frais de la Côte, l'autre descendait de Paris pour le ravitaillement suivant. Il ne faisait qu'un repas par jour et en commençant par une soupe au chocolat. Il louait tout un théâtre pour lui seul, où il faisait jouer ses pièces. Voilà un énergumène de classe : j'aurai aimer connaître un zozo pareil.
Mais tu vois, Chasseuil, ça ne me branche pas, mais alors, pas du tout : me montrer des bouteilles qu'on n'ouvrira jamais de son vivant, bof : fondamentalement, ça veut dire quoi, toi, le docteur des âmes ? Mercredi 24 Decembre 2008, 11:11 GMT+2 | Retour au début |
| Il me semble que l'on ne critique pas la personne sinon la chose: que ce soit une collection stupide ne signifie pas que Mr Chasseuil soit un crétin, loin de là.
Car heureusement pour nous tous, dire des conneries ne nous convertit pas en cons, du moins pas immédiatement: disons que les conneries, c'est comme l'alcohol, il ne faut en abuser. 
Et je rajouterais même que si toutes les conneries du monde ne dépassaient pas celle de ce monsieur, la terre serait un paradis, sauf peut-être pour les amateurs de vins:-D
Ceci dit, je conçoit que les expériences, les amantes (succesives), les souvenirs (dans la tête) voire même les figurines de Elvis sur des étagères me semblent des collections à encourager.
Mais avoir 3.000 photos des vacances dans le disque dur, pleins de tableaux de maîtres aux coffre-fort, des milliers de bouteilles dans des caisses au fond d'une cave et en régle général, des biens vivants que l'on dépourvoit de leur fonction réelle, c'est de la connerie.
De la simple connerie humaine dont nous portons chacun une certaine dose comme il me semble que nous fait justement remarquer Armand. Mercredi 24 Decembre 2008, 12:05 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | Certes François, mais à ton age on devrait avoir appris à séparer l'homme et l'oeuvre. Sinon Wagner, Strauss, Heidegger, Céline etc....
Et justement à propos de Céline, l'éditeur de Roussel (Alphonse Lemerre) avait ses bureaux passage Choiseul, là où la mère de Céline avait sa mercerie. Mercredi 24 Decembre 2008, 12:24 GMT+2 | Retour au début |
| Cela me semble bien dangeureux de systématiquement séparer l'homme de l'oeuvre, d'autant plus que, si tu te souviens Armand, je l'avais fait au sujet de Rebatet.
Bon, dans le Jura, après quelques topettes, on aura des idées plus claires (?) sur ce sujet. Mercredi 24 Decembre 2008, 16:54 GMT+2 | Retour au début |
| Je suis parfois estomaqué quand untel me dit que la cave d'un de ses amis est remplie de flacons superbes jamais partagés (l'avarice n'est pas seulement réservée aux pauvres).
Je suis moins choqué quand je découvre un type se mettant en tête de conserver une série de très vieux Yquem à titre de mémoire. Mercredi 24 Decembre 2008, 17:07 GMT+2 | Retour au début |
Bettane dit | Je connais très bien Michel et comme toujours c'est Jacques le plus perspicace! Michel est un allumé, avec de la suite dans les idées et une vraie générosité et un vrai idéalisme. On peut se moquer de son amour platonique pour les grands crus mais au moins cela en préserve le mystère. Par ailleurs nul doute qu'un jour ces bouteilles seront bues. Dans combien de temps et dans quel état, c'est une autre affaire!
Michel Mercredi 24 Decembre 2008, 18:08 GMT+2 | Retour au début |
Jacques Perrin dit | François, je te réponds :
"Un peu comme ce brave homme qui, bénéficiant d'une cave d'exception, m'offre un verre de Cramoisey-Champelure." Là, tu te trompes, c'est pas Chasseuil, c'est un membre du GJE que tu connais très bien.
"Mais tu vois, Chasseuil, ça ne me branche pas, mais alors, pas du tout : me montrer des bouteilles qu'on n'ouvrira jamais de son vivant, bof : fondamentalement, ça veut dire quoi, toi, le docteur des âmes ?"
Je pense qu'il faut en référer aux Pères de l'Eglise et aux vertus théologales. C'est vrai qu'il y a un petit côté "coïtus interruptus". Enfin, tu vois ce que je veux dire ? Mercredi 24 Decembre 2008, 18:54 GMT+2 | Retour au début |
| |
| Laurent, je ne crois pas que l'avarice soit l'apanage de gens "pauvres".
A titre personnel, dans ce genre de cas de figure, j'ai davantage croisé de personnes pingres ou avares qui avaient les "moyens", que de personnes financièrement très limitées.
Mais, c'est sans aucun doute avant tout un état d'esprit.
Par exemple, je connais des personnes pour qui le téléphone est un objet qui permet de recevoir des appels (et Dieu sait qu'elles sont douées pour les faire durer quand elles ne payent pas), plutôt que d'en donner. Mais lorsqu'il faut vraiment se manifester, preuve qu'elles ont tout compris, la fonction fax est très utile pour informer sans être obligé de risquer de garder la ligne ouverte longuement.
Joyeux Noël.
L'an prochain, on réservera les discussions sur la bassesse humaine, pour ...la Toussaint ou la saint glinglin.
Laurent Jeudi 25 Decembre 2008, 15:07 GMT+2 | Retour au début |
| |
| Eh bien moi, en respectant beaucoup les points de vue de Jacques et de Michel, qui en savent bien plus que moi à ce sujet, je ne peux qu'appuyer, sur le fond, le discours de François. M. Chasseuil (qui m'intéresse depuis que nous nous en sommes occupés à elmundovino, voici six ans, lors de l'affaire Lily Lacoste et de son affrontement avec les Moueix) me semble en effet un personnage très spécial, très passionné et sans doute attachant, mais cela ne l'exempte pas de se tromper! Or, sur le fond, il se trompe.
Ce qui m'en a convaincu, c'est son interview sur The Times, où il manifestait bien nettement qu'il souhaite que ses 20.000 bouteilles ne soient JAMAIS bues, et qu'il souhaitait trouver l'appui de l'Unesco pour créer ce musée où elles seront momifiées pour toujours. Je ne sais pas si c'est de la rhétorique pure; Michel nous dit qu'elles seront finalement bues, quoique il ajoute: "Dans combien de temps et dans quel état, c'est une autre affaire", ce qui n'est pas une vraie consolation. À la mort de M. Chasseuil, peut-être? Mais si d'ici là (et espérons qu'il manque encore beaucoup de temps poir arriver à cette date) elles étaient passées sous la coupe d'une fondation appuyée par l'Unesco, avec la condition officielle de leur préservation, le seraient-elles vraiment?
J'ai lu dans un autre blog Audouze qui assurait avoir essayé de convaincre Chasseuil d'écouler au moins une partie de sa collection, et que celui-ci l'avait refusé tout net... Vendredi 26 Decembre 2008, 09:29 GMT+2 | Retour au début |
| Donc son idée me semble absolument arrêtée. Et là, je m'insurge. Je fais un peu de vin, infiniment modeste, et qui ne figurera jamais dans la collection de M. Chasseuil. Mais si quelqu'un me disait qu'il conserverait mes bouteilles jusqu'à l'éternité pour que la postérité puisse les contempler, sans les boire et sans laisser que d'autres les boivent, je me sentirais frustré et irrité. Pour moi, ce que cette personne montrerait au monde, ce serait des bouteilles faites par Saverglass et des étiquettes imprimées par Disma. Pas mon vin. Vendredi 26 Decembre 2008, 09:32 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | J'ai bien entendu les arguments des uns et des autres, mais j'ai un peu de mal a vous suivre jusqu'au bout. En fait, c'est le collectionneur que vous ne comprenez pas. Rien ne le distingue du collectionneur de flacon (plein) de parfum, de voitures (dont il ne se sert jamais), etc... Le collectionneur de tableau qui garde un tableau dans un coffre, qui le regarde de temps en temps, et qui même s'il est accroché au mur chez lui, en prive le monde. Le peintre n'a pas peint ce tableau pour une seule personne (exception faite peut-être des portraits et des oeuvres de commande). Le collectionneur de vin n'a pas acheté l'intégralité de la production de ce vin, il n'en prive personne. Vendredi 26 Decembre 2008, 10:09 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | |
| Victor : nous sommes sur la même longueur d'onde, c'est clair.
Armand : ton post montre à l'évidence que lorsqu'on écrit, il faut faire très attention aux nuances et donc, dans cette histoire, deux choses sont à discuter, bien qu'elles soient unies :
- le principe même d'une collection de ce type (et là, je pense aussi à la collection absolument fabuleuse de BUGATTI qu'a toujours - au moins en partie - Michel Dovaz; collection qui croupissait dans des endroits improbables (© J. Perrin).
- l'homme qui est à l'origine de cette collection et dont on se doit de respecter sa volonté et son opinion, mais avec le droit, quand même, de le critiquer si on estime qu'il y a là quelque chose de profondément égoïste et non respecteux des vignerons.
Je te promets de faire attention à ce détail d'importance.
Ceci dit, le post de Michel dit bien la vérité ultérieure : un jour ou l'autre, à l'UNESCO ou ailleurs, il y aura un zozo qui ne se gênera pas pour ouvrir quelques uns de ces flacons. Vendredi 26 Decembre 2008, 11:40 GMT+2 | Retour au début |
| Laurent :
Aïe : on va faire rugir Armand. Oui, trois fois oui, c'est Lucien Rebatet, celui qui a écrit la plus belle histoire, et d eloin, sur la musique. Ouvrage régulièrement réédité dans la collection BOUQUINS.
Pour qui aime Wagner, il faut lire, de Rebatet les pages stupéfiantes, quasi douloureuses sur Tristan dans son roman intransigeant : LES DEUX ETENDARDS.
Et ne jamais oublier, qu'en prison (à juste titre, Armand, à juste titre) il a eu des complices qui sortaient son roman, pages par pages ce qui a permis à une génération d'ado, la mienne, de lire ce roman qui vaut largement BELLE DU SEIGNEUR par sa puissance.
Et enfin, ne pas oublier non plus que Rebatet, sous une autre signature, a été longtemps un critique cinématographique de haut niveau pour SPECTACLE DU MONDE et VALEURS ACTUELLES. Vendredi 26 Decembre 2008, 11:51 GMT+2 | Retour au début |
| Je crois que ce monsieur est libre de faire ce qu'il veut, soit. A nous de mettre nos limites à ses ambitions.
Le vin, est fait pour être bu. Je le conçois ainsi. En le partageant, en s'appliquant à le comprendre, en lui permettant de s'exprimer jusqu'à son apogée. N'est-ce pas d'une certaine façon montrer le respect que l'on a envers ceux qui ont travaillé à le produire ?
Bref, montrer que le vin est plus qu'une "bête" boisson désaltérante, mais un vrai produit de société et d'humanité.
On peut, on doit conserver, une toile, dans un musée, mais aussi l'exposer. C'est montrer le savoir-faire, d'un artiste (pour le comprendre c'est tout de même autre chose).
On peut empiler sur des étagères des milliers de vinyles, de CD. Ils seront toujours capables de donner le message qu'ils contiennent.
Mais comment montrer le savoir-faire d'un vigneron, d'un domaine viticole en plaçant une bouteille ad eternam dans un sanctuaire ?
Et que viendrait faire l'UNESCO ici ?
En tant que garant de quoi ? De la somme du travail individuel d'un collectionneur ?
C'est ici que je ne suis pas d'accord. Si une indivitualité à un projet, qu'elle l'assume, jusqu'au bout.
C'est à la collectivité de choisir que projet mérite d'être soutenu, protégé, embelli. Pas l'inverse.
Laurent Vendredi 26 Decembre 2008, 12:01 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | |
| |
| Il neige sur Bordeaux. Quelle plus belle musique à écouter alors que le Requiem de Duruflé ?
Grand Jacques : savais tu que Michel Legrand (Les parapluies de Cherbourg) en avait enregistré une version qui est sortie, à "l'aveugle" (émission sur Radio Classique) comme une des deux versions de références ?
Reçu ce jour le dernier Tast n° 52 de Bettane-Desseauve.
Cela devient de mieux en mieux : abonnez vous !
Allez : je pars grapiller? Vendredi 26 Decembre 2008, 15:24 GMT+2 | Retour au début |
| |
| |
Yves dit | Mais Armand il y a aussi ceux qui pensent q'il y a trois piliers du nazisme : Hitler pour le politique et les égorgements au petit matin , Heidegger pour le métaphysique et Carl Schmitt pour le juridique (qui connaissait bien Léo Strauss) et que donner du petit homme grand esprit pour Heidegger est un honte car il n'y a rien de pire que la trahison des clercs car eux ils savent et ceux là ils savaient plus que les autres!! on ne peut pas faire semblant d'être courageux. Vendredi 26 Decembre 2008, 18:13 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | |
Bettane dit | La collection Bouchard régale quelques initiés avec des bouteilles du dix neuvième éblouissantes,mais cela n'a été rendu possible que parce qu'elles ont été effectivement conservées pour cela! Il est bon que quelque part pour le prochain siècle des vins des grands millésimes des cent cinquante années précédentes existent encore. On peut conseiller à Chasseuil s'il en fait don à l'UNESCO de stipuler qu'à partir de 2100 la fondation organise à titre informatif, de temps à autre des dégustations
MB
Rebatet aimait la musique, certes, mais illustre le mystère humain qui produit des nains capables de s"élever parfois jusqu'au ciel. Samedi 27 Decembre 2008, 17:26 GMT+2 | Retour au début |
| Quelle belle coïncidence, Michel : j'aborde justement le cas "Bouchard" dans le billet suivant.
Rebatet : cela reste assez stupéfiant et demeure un sacré mystère de l'humanité : comment peut-on écrire d'aussi belles pages sur la musique et avoir un côté si vil et surtout si loin de l'humanité apportée par la grande musique ? Samedi 27 Decembre 2008, 17:42 GMT+2 | Retour au début |
Yves dit | Armand je relisais le discours du 22 août 1850 prononcé par Victor Hugo lors de l'enterrement de Balzac et rapporté par Stefan Zweig.
Pour Rebatet, c'est surtout "Je suis partout" et après tout à Buchenwald aussi, certains aimaient passionnément la Musique et si ils n'en parlaient pas aussi bien, ils lui apportaient quand même aussi leur modeste contribution: il la faisait jouer! avec tous les Nobels qui batifollaient dans les allées d'Heidelberg en 1940 comment croire encore en la Culture! Samedi 27 Decembre 2008, 18:41 GMT+2 | Retour au début |
| François, il me semble que tu écoutes beaucoup de Requiem en ce moment ? Si tu veux mettre un peu fulguration au milieu de tout ça, écoute le grand Led Zeppelin.
A part ça, étonnant ce débat. On "cloue au pilori" M. Chasseuil alors que c'est esthète, d'un autre temps, peut-être... Les grands vins sont un patrimoine de l'humanité : à chaque grande bouteille ouverte, c'est un peu de ce patrimoine qui disparaît. Nous aussi, disperseurs de collections, nous avons une responsabilité chaque fois que nous ouvrons une grande bouteille, celle d'être à la hauteur de l'événement. Pas bavards, pas distraits, attentifs, certainement ; recueillis, peut-être. Et c'est plus difficile qu'il ne paraît... J'ai souvent remarqué que, lorsqu'une grande bouteille est ouverte, beaucoup sont déjà à la suivante. Samedi 27 Decembre 2008, 19:31 GMT+2 | Retour au début |
| Honnêtement, Grand Jacques, j'ai écouté tout le DVD du Zeppelin.
Je t'avoue humblement qu'aucun morceau ne m'a vraiment touché comme je l'avais été en son temps par Atom Heart Mother des Floyd.
Mais tu me connais : je donne toujours une seconde chance. Donc je le réécouterai un de ces jours.
Pour revenir à Chasseuil : dans le cas présent, l'homme m'importe peu in fine, mais c'est le principe d'une collection de futurs cadavres que je conteste.
Dis moi simplement quelle différence il y aura pour les générations futures entre visiter une collection de vieilles bouteilles (vides) mais où chacune aurait sa fiche de commentaires signée par Michel ou par toi et quelques pointures, et une collection de bouteilles pleines.
Si tu donnes une préférence à la bouteille pleine, va falloir que tu m'expliques pourquoi au Jura lors de notre séminaire.
L'approche de Michel est intéressante dans la mesure où, probablement, ce Monsieur Chasseuil pourrait mettre par écrit les conditions de dégustations circonstanciées de ses vieux vins. Voilà une idée qu'elle est bonne, et comme tu le connais ce mr Chasseuil, va-y, envoie lui un texto ! Samedi 27 Decembre 2008, 19:58 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | Yves qui vous demande de croire.
Certes, la proximité de Dachau ne perturbait en rien ni la saison musicale, ni les expositions à Munich. Les bibliothèques, les musées, les théâtres fonctionnaient. Heidegger, Heisenberg continuaient de travailler, Hans Franck - gouverneur général de Pologne- un des artisans de la solution finale était un bon connaisseur de Mozart et de Bach, tel directeur de camp d’extermination était un bon père de famille et un excellent interprète de Beethoven. Un siècle plus tôt, Théophile Gautier dont on sait l'admiration que lui portait Baudelaire, écrivait « plutôt la barbarie que l’ennui ».
Je pense que nous sommes dans le même cas que « la grande tragédie grecque qui postule l’existence de problèmes sans solutions et de questions sans réponses. » (Georges Steiner) Samedi 27 Decembre 2008, 20:29 GMT+2 | Retour au début |
Armand dit | |
Christophe dit | |
| Si l'on considère que ce débat ne concerne pas le vin en particulier sinon la gestion de biens en général, je peux alors me permettre de répondre à Jacques Je crois que quelque chose susceptible d'être "patrimoine de l'humanité" se doit d'être conservé en l'état. En son meilleur état.
Or le vin est vivant. Conservez une bouteille au delà d'un certain temps (X) et ce n'est plus une bouteille de vin que vous aurez sinon une bouteille de vinaigre. D'où la question: ¿une bouteille de vinaigre Mouton Rothschild 1XXX a-t-elle sa place dans un musée?
Faîtes un musée du vin. Oui: exposez-y des bouteilles de Romanée Conti centenaires, des verticales sur 75 ans "multitonalitées" de Château d'Yquem, etc. jusqu'à leur possible apogée. Puis organisez tous les x temps un dîner payant (avec reversement d'une partie des bénéfices à une oeuvre de charité par exemple) au cours duquel quelques-unes de ces bouteilles seront bues (= dégustées et appréciées puis commentées) para un pot pourri de professionnels et plein-de-pognon. Ensuite reexposéz-les, vides avec leur carnet de dégustation à la vue, dans une autre salle.
Enfin, il ne vous reste plus qu'à remplacer ces bouteilles bues para d'autres bouteilles d'exception (payées avec une partie des recettes du dîner) qui seront bues à leur tour 30, 50 ou 75 ans plus tard: un musée vivant pour des chef d'oeuvre vivants. Dimanche 28 Decembre 2008, 00:07 GMT+2 | Retour au début |
| "C'est donc par oxydation lente et ménagée, sans excès mais sans restriction, que le vin vieillissant poursuit sa courbe d'évolution et il faut saisir celle-ci lorsqu'elle est à son optimum pour le boire.
On peut théoriquement prévoir cette durée et cette courbe par des mesures chimiques qui sont des indices d'oxydation mais comme la température de garde et la qualité du bouchon jouent un rôle dans la rapidité de cette évolution, la msure chimique n'est q'une appréciation toute relative. Il est fréquent que deux bouteilles d'un même vin, conservées en des lieux différents et dans des conditions différentes, manifestent également une évolution différente."
Max Léglise - La vigne et le vin entre Ciel et Terre Lundi 29 Decembre 2008, 11:52 GMT+2 | Retour au début |
| |
Paul dit | Au delà de l'idée (je rejoins François) que je trouve naviguant entre stupide et incongrue de conserver des vins extraordinaire dans un reliquaire, il perd toute grâce à mes yeux d'amateur pour sa phrase "Ma sélection reste draconienne. Il n’y a ni Sancerre, ni Beaujolais.

On sait que j'y suis sensible mais quelle erreur de jugement, quelle immodestie, une quasi-insulte à l'histoire et à la culture. Lundi 5 Decembre 2011, 20:11 GMT+2 | Retour au début |
| |
Mauss répond | |
Nicolas Herbin dit | |
Oliv dit | |