Milan : la vraie "Milanese"
Milan, comme toutes les capitales, est une ville chère et en plus, la circulation en voiture y est quasi-impossible pour quiconque n'ose point braver la maréchaussée locale en faisant semblant d'être un indigène muni de toutes les autorisations qui fleurissent un peu partout sur les pare-brises locaux.
Milan a une cathédrale magnifique, comme Metz.
Milan a d'excellents restaurants et de très bonnes trattoria, mieux qu'à Metz.
Donc, si vos pas vous portent à Milan et que votre compagne, bien au fait des habitudes locales, fonce Via Monte Napoleone pour son shopping hebdomadaire, allez tranquillement au Park Hyatt (pas sot, vous avez gardez la carte de crédit au découvert illimité), un hôtel superbe qui jouxte la Galleria, et allez y pour le déjeuner, plutôt sous la Coupole de verre du lobby que dans le restaurant où vous réserverez pour un soir.
L'hôtel Park Hyatt de Milan a bien des avantages : jouxtant la célébrissime Galleria, à côté de la Scala, à un jet de pierre du Duomo sublimement nettoyé, il est dirigé par Claudio Ceccherelli que le GJE a connu lorsqu'il était encore à Villa d'Este. Nous avons d'ailleurs fait quelques petites manifestations bacchussiennes avec WineTip dans les salons de l'hôtel.
Mais aujourd'hui, j'y suis pour la préparation du WWS. Et comme je ne résiste pas à me faire plaisir (on est en Italie, ne l'oublions pas), j'ai commandé la fameuse "Costoletta di Vitello alla Milanese" qui a été et qui est toujours pour moi la référence indiscutable de ce plat particulièrement dénaturé en Autriche où cela baigne dans bien trop de gras. Ici, il s'agit d'une viande de grande qualité, épaisse, régulière, onctueuse et toujours avec l'os. Bref, ne discutez pas : c'est cela qu'il faut commander sous l'immense coupole de verre du lobby, un endroit magique où vous pouvez grignoter sérieux du matin jusque très tard le soir.

Oui, vous avez une belle petite salade en sus
Comme vous le voyez, la portion est plus que généreuse, et le sommelier vous proposera un vin au verre parmi une belle sélection, dont un Gattinara "Tre Vigne" de Travaglini, une DOCG dans sa fameuse bouteille tordue.
Mais la grande nouveauté de l'hôtel est de proposer dans son grand restaurant (il y a aussi un bar avec sa petite carte) une sélection de beaux vins à un prix forfaitaire de la bouteille établi TTC à € 50.
La sélection change tous les 15 jours, et pour la première, j'ai noté, entre autres crus :
En bulle : la cuvée Annamaria Clementi brut de Ca del Bosco 2001
En blanc : Bibi Graetz Bugia (2005) ; Jermann Vintage Tunina (2006) ; Gaja Rossj Bass Langhe (2006)
En rouge : le barolo de base de Parusso (2004) et un pinot noir assez singulier : Stroblhof (2003)
Bientôt, une sélection de vins français viendra augmenter ces propositions de bouteilles à € 50. Non, ce ne seront pas des vins acquis à moins de € 10. Claudio Ceccherelli - il faut quand même marger si on veut survivre - s'est fixé comme fourchette d'achat des crus entre € 16 et € 20. Plus qu'un bel effort quand on connaît l'endroit, et surtout un exemple que ferait bien de suivre quelques établissements parisiens qui ne vont pas tarder à douiller, eu égard aux prix trop souvent insensés de leurs cartes.
La cuisine du chef Filippo Gozzoli mériterait largement d'être cité dans le Guide Rouge s'il y avait un tant soit peu d'harmonie entre les commentaires d'un Naret qui connaît et apprécie la maison et les mystérieux rédacteurs de l'édition italienne dont les critères de sélection sont aussi opaques que ceux de leurs confrères français. La franc-maçonnerie est-elle aussi puissante en Italie qu'en France ? Mystère !
A notre niveau de client exigeant, je peux simplement dire qu'ici la carne cruda di Fassone (une race de boeuf piémontaise), le risotto, les pâtes, et la cuisson de poissons nobles (très beau "Bollito Misto di Mare"), tout cela est impeccablement servi et bon. Même le délicat Jacques Perrin y trouverait son bonheur avec l'"Insalata di Mare in 5 Cotture" : c'est dire !
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Juergen Steinke dit | This "Schnitzel" looks delicious - it is one of my favorite "Bistrot-Style" meat dishes. Now I am really hungry. |
Armand dit | Objection votre honneur, s'il est vrai que la Wiener schnitzel est issu de ce plat milanais, il ne t'auras pas échappé que s'il y a un os dans ce plat à Milan, il n'y en a plus à Vienne. Ce n'est donc pas tout à fait le même plat. De plus pour vraiment comparer, il faudrait un restaurant de qualité équivalente, et là tu n'auras pas un plat baignant dans le gras. Il faudrait faire un jour l'histoire de ce que la gastronomie européenne doit à l'Italie, par exemple le chocolat qui sans l'Italie n'existerait pas de la même manière en Suisse et en Belgique. |
Mauss répond | Juste, Armand, juste. |
Yves dit | En la matière je suis devenu plus modeste depuis que Nadia Santini a procédé devant moi à une évocation éblouissante sur les pots-au- feu et autres viandes boullies de l'Irlande à la Hongrie et de leurs condiments, maintenant j'évite de frimer, on mesure ses limites! Par contre sur la cuisine des Sumériens et autres Akkadiens grâce à Bottéro j'ai quelques rudiments: je peine juste à trouver les restaurants pour tester les plats. |
Mauss répond | Il y a les peines du coeur… |
Laurentg dit | Sur les 2000 et 2001 de Rousseau bus récemment : évidence de style, grâce racée, irréprochable classicisme n'induisant aucune lassitude (et des crus bien différenciés). |
Laurent dit | François, |
Mauss répond | Laurent : |
1ppy dit | Bordeaux est écrasé mais il s'agit de quelque chose d'absolument volontaire: la luminosité que répandent les vitraux était/est totalement incompatible avec la bonne conservation du vin de messe. :-)) Une simple question de priorités pastorales :-P |
Nicolas Herbin dit | Il y a lulure (comme disait le regretté San Antonio) que je ne suis pas retourné au pays mais les propos sur la gastronomie locale sont un peu durs, non ? Pour ne parler que de Nancy, il y a quand même des trucs sympas : Le Grenier à Sel, Mirabelle, Le Capucin Gourmand, c'est mieux que pas mal, non ? Et ça ne "mitraille" pas trop. |
Mauss répond | Nicolas : |
Nicolas Herbin dit | Non François, ni messin, ni nancéien, bien "pire" que ça. J'ai par compte vécu 2 ans dans chacune de ces deux belles capitales de l'Est, et franchement je les aime profondément. Différemment. |
Yves dit | J'ai vu l'autre jour , un "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause" de ce bon M Audiard absolument top et injustement méprisé qui frôle les tontons avec une Mireille Darc et Girardot Carmet Sim Blier à se rouler par terre |
Mauss répond | C'est-y pas là qu'on entend ces douceurs angevines ? |
Yves dit | C'est surtout là où Mireille Darc joue la Françoise Dolto dans une émission de télé qui reçoit des adolescents en difficulté: la première est enceinte d'un satyre embastillé, rencontré à la sortie de son collège, le deuxième vit chez sa mère avec un adjudant de CRS. A un moment Blier l'air mauvais demande à la Darc"je ne vois pas où vous avez pu apprendre à dire autant de conneries en aussi peu de temps?" : "3 ans de télé!" "Ah bon!" |
Stanislas dit | Merci pour l'info, je suis à Milan le mois prochain et ne manquerai pas d'aller manger au Park hyatt cette cotelette milanaise. |






