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Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste si nécessaire. Mais toujours dans le respect d'autrui. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé : consommez avec modération.

Milan : la vraie "Milanese"

Jeudi 27 Novembre 2008, 11:30 GMT+2Par GjeCet article a été lu 8522 fois

Milan, comme toutes les capitales, est une ville chère et en plus, la circulation en voiture y est quasi-impossible pour quiconque n'ose point braver la maréchaussée locale en faisant semblant d'être un indigène muni de toutes les autorisations qui fleurissent un peu partout sur les pare-brises locaux.

Milan a une cathédrale magnifique, comme Metz.

Milan a d'excellents restaurants et de très bonnes trattoria, mieux qu'à Metz.

Donc, si vos pas vous portent à Milan et que votre compagne, bien au fait des habitudes locales, fonce Via Monte Napoleone pour son shopping hebdomadaire, allez tranquillement au Park Hyatt (pas sot, vous avez gardez la carte de crédit au découvert illimité), un hôtel superbe qui jouxte la Galleria, et allez y pour le déjeuner, plutôt sous la Coupole de verre du lobby que dans le restaurant où vous réserverez pour un soir.

L'hôtel Park Hyatt de Milan a bien des avantages : jouxtant la célébrissime Galleria, à côté de la Scala, à un jet de pierre du Duomo sublimement nettoyé, il est dirigé par Claudio Ceccherelli que le GJE a connu lorsqu'il était encore à Villa d'Este. Nous avons d'ailleurs fait quelques petites manifestations bacchussiennes avec WineTip dans les salons de l'hôtel.

Mais aujourd'hui, j'y suis pour la préparation du WWS. Et comme je ne résiste pas à me faire plaisir (on est en Italie, ne l'oublions pas), j'ai commandé la fameuse "Costoletta di Vitello alla Milanese" qui a été et qui est toujours pour moi la référence indiscutable de ce plat particulièrement dénaturé en Autriche où cela baigne dans bien trop de gras. Ici, il s'agit d'une viande de grande qualité, épaisse, régulière, onctueuse et toujours avec l'os. Bref, ne discutez pas : c'est cela qu'il faut commander sous l'immense coupole de verre du lobby, un endroit magique où vous pouvez grignoter sérieux du matin jusque très tard le soir.

 milanese

Oui, vous avez une belle petite salade en sus

Comme vous le voyez, la portion est plus que généreuse, et le sommelier vous proposera un vin au verre parmi une belle sélection, dont un Gattinara "Tre Vigne" de Travaglini, une DOCG dans sa fameuse bouteille tordue. 

Mais la grande nouveauté de l'hôtel est de proposer dans son grand restaurant (il y a aussi un bar avec sa petite carte) une sélection de beaux vins à un prix forfaitaire de la bouteille établi TTC à € 50.

La sélection change tous les 15 jours, et pour la première, j'ai noté, entre autres crus :

En bulle : la cuvée Annamaria Clementi brut de Ca del Bosco 2001

En blanc :  Bibi Graetz Bugia (2005) ; Jermann Vintage Tunina (2006) ; Gaja Rossj Bass Langhe (2006)

En rouge : le barolo de base de Parusso (2004) et un pinot noir assez singulier : Stroblhof (2003)

Bientôt, une sélection de vins français viendra augmenter ces propositions de bouteilles à € 50. Non, ce ne seront pas des vins acquis à moins de € 10. Claudio Ceccherelli - il faut quand même marger si on veut survivre - s'est fixé comme fourchette d'achat des crus entre € 16 et € 20. Plus qu'un bel effort quand on connaît l'endroit, et surtout un exemple que ferait bien de suivre quelques établissements parisiens qui ne vont pas tarder à douiller, eu égard aux prix trop souvent insensés de leurs cartes. 

La cuisine du chef Filippo Gozzoli mériterait largement d'être cité dans le Guide Rouge s'il y avait un tant soit peu d'harmonie entre les commentaires d'un Naret qui connaît et apprécie la maison et les mystérieux rédacteurs de l'édition italienne dont les critères de sélection sont aussi opaques que ceux de leurs confrères français. La franc-maçonnerie est-elle aussi puissante en Italie qu'en France ? Mystère !

A notre niveau de client exigeant, je peux simplement dire qu'ici la carne cruda di Fassone (une race de boeuf piémontaise), le risotto, les pâtes, et la cuisson de poissons nobles (très beau "Bollito Misto di Mare"), tout cela est impeccablement servi et bon. Même le délicat Jacques Perrin y trouverait son bonheur avec l'"Insalata di Mare in 5 Cotture" : c'est dire !

 

 

 

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Juergen Steinke dit

This "Schnitzel" looks delicious - it is one of my favorite "Bistrot-Style" meat dishes. Now I am really hungry.

Yes - the world needs more Trattorias and Bistrots with serious chefs and good wine programm and service to reasonable prices. I think this couldn´t be said often enough these days.

Jeudi 27 Novembre 2008, 12:33 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Objection votre honneur, s'il est vrai que la Wiener schnitzel est issu de ce plat milanais, il ne t'auras pas échappé que s'il y a un os dans ce plat à Milan, il n'y en a plus à Vienne. Ce n'est donc pas tout à fait le même plat. De plus pour vraiment comparer, il faudrait un restaurant de qualité équivalente, et là tu n'auras pas un plat baignant dans le gras. Il faudrait faire un jour l'histoire de ce que la gastronomie européenne doit à l'Italie, par exemple le chocolat qui sans l'Italie n'existerait pas de la même manière en Suisse et en Belgique.

Jeudi 27 Novembre 2008, 13:15 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Juste, Armand, juste.

Je sors de chez Trussardi où mes commensaux ont commandé ce plat mythique, et je te l'accorde, on doit pouvoir trouver à Vienne une maison qui nous la prépare aussi bien.

Le chocolat via l'Italie : intéressant !

Qui t' a donné autant de temps pour te cultiver dans autant de domaines ? Finalement, comme Michel pour les vins, ou le Grand Jacques pour les philosophes, vous êtes particulièrement énervant par la vastitude (comme dirait l'Autre) de vos connaissances.

Mais bon, comme dirait l'autre dans le poste : "Je l'aurai un jour, je l'aurai !"

Jeudi 27 Novembre 2008, 16:28 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

En la matière je suis devenu plus modeste depuis que Nadia Santini a procédé devant moi à une évocation éblouissante sur les pots-au- feu et autres viandes boullies de l'Irlande à la Hongrie et de leurs condiments, maintenant j'évite de frimer, on mesure ses limites! Par contre sur la cuisine des Sumériens et autres Akkadiens grâce à Bottéro j'ai quelques rudiments: je peine juste à trouver les restaurants pour tester les plats.

Jeudi 27 Novembre 2008, 18:05 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Il y a les peines du coeur…

et les peines d'Yves !

Courage, jeune homme : on sera là au moment propice !

Mine de rien, à midi, chez Trussardi (il m'a promis de venir faire le dîner à Bordeaux en septembre pour notre soirée Puccini à Malartic Lagravière !), deux des pieds nickelés, Orazio et Roberto, ont pris cette milanese ! Magnifique également.

Christian Roger a été tout émotionné : le restaurant avait reçu ses La Tâche 2005. Instruction fut donné in petto de la mettre en réserve à nos noms pour de futures agapes.

Le Mazis 2004 de Rousseau a été exceptionnel sur la Milanese. Il y a vraiment un "style" Rousseau.

Jeudi 27 Novembre 2008, 20:33 GMT+2 | Retour au début

Sur les 2000 et 2001 de Rousseau bus récemment : évidence de style, grâce racée, irréprochable classicisme n'induisant aucune lassitude (et des crus bien différenciés).
Une série de rêve, dans laquelle les CSJ, Chambertin et Bèze survolent sans surprise les débats.

Bon, moi j'ai réellement mangé un correct osso bucco ce midi, d'autant plus correct qu'il était servi dans une cuisine d'entreprise (accord eau du robinet, je me réserve pour le we qui vient).

Jeudi 27 Novembre 2008, 20:52 GMT+2 | Retour au début

François,
à Milan comme à Metz, il y a deux très beaux Opéras théatres.
En Lorraine, il se trouve sur une île et repose sur des pilotis. Il est d'ailleurs le plus vieux de France en activité.
Mais peut-être que la Scala est "un peu" plus connue. Allez savoir pourquoi ?

Ne trouvez vous pas qu'il y a un air de ressemblance entre ces deux théatres(couleur de la pierre, taille des batiments) ?

Souvenir des propos d'un enseignant de l'école hotelière de Metz (il y a près de quinze ans) :

"Metz ? La capitale de la pizza. Hormis trois ou quatre restaurants honorables, c'est un désert gastronomique. Comme Nancy d'ailleurs".

Mais allez aussi écouter les vignerons alsaciens se plaindre des cartes des vins des restaurants de Strasbourg.

Laurent

Vendredi 28 Novembre 2008, 06:31 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Laurent :

Metz est ma ville natale et j'y ai passé toute ma jeunesse avant de partir à la fac de Strasbourg.

Je connais bien ce Théâtre où j'allais, jeune gamin, aux concerts du dimanche en prenant les places les moins chères, et en filant, dès que c'était possible, vers les bonnes places du parterre qui n'avaient pas été vendues. les ouvreuses avaient à l'époque une indulgence qui a probablement disparu de nos jours.

Mais la cathédrale, dont la nef est une des plus hautes de France, a surtout un magnifique record : celui de la plus grande proportion entre la surface vitrée et la surface totale des murs. La seconde après celle de Milan au niveau européen.

De ce côté, Bordeaux est écrasé à plates coutures ! :-)))

Vendredi 28 Novembre 2008, 09:36 GMT+2 | Retour au début

1ppy dit

Bordeaux est écrasé mais il s'agit de quelque chose d'absolument volontaire: la luminosité que répandent les vitraux était/est totalement incompatible avec la bonne conservation du vin de messe. :-)) Une simple question de priorités pastorales :-P

Vendredi 28 Novembre 2008, 11:34 GMT+2 | Retour au début

Nicolas Herbin dit

Il y a lulure (comme disait le regretté San Antonio) que je ne suis pas retourné au pays mais les propos sur la gastronomie locale sont un peu durs, non ? Pour ne parler que de Nancy, il y a quand même des trucs sympas : Le Grenier à Sel, Mirabelle, Le Capucin Gourmand, c'est mieux que pas mal, non ? Et ça ne "mitraille" pas trop.

Sinon j'imagine bien François Mauss - tel Pantagruel - avaler une "marmitte du pêcheur" au modeste restaurant Les Pissenlits, rue des Ponts, arrosée d'un bon coup de riesling choisi sur la carte qui fait honneur à l'Alsace (Kientzler à prix d'ami, avec de vieux millésimes notamment). Ce n'est pas Byzance mais ça bouche une dent creuse, comme on dit chez nous.

Si vous êtes curieux et pas snob pour un sous, allez goûter le couscous "mesfouf" du minuscule restaurant Le Djerba, rue St Nicolas : on mange par gourmandise.

Je serai en la cathédrale de Metz dans un mois pour promenade, je ne manquerai pas d'écarquiller au maximum les yeux, même si je la connais déjà "un peu"...

Vendredi 28 Novembre 2008, 22:00 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Nicolas :

J'avoue humblement qu'à Metz, je déjeune et dîne en famille. Donc ma connaissance des maisons locales, à part Krompholz, est quasi nulle.
Je connais bien mieux Strasbourg.
Seriez vous également messin d'origine ?

It makes my day !

Surtout après 8 heures d'attente que Linate soit débarrassé de la neige pour enfin prendre l'avion… et naturellement louper la correspondance avec obligation de dormir "chaîne" et tutti quanti.
Bref, Hervé : j'ai pensé à toi et vive le Mac, ses films, l'Iphone, et les tontons flingueurs qui passent très bien sur le petit écran.

Vendredi 28 Novembre 2008, 22:45 GMT+2 | Retour au début

Nicolas Herbin dit

Non François, ni messin, ni nancéien, bien "pire" que ça. J'ai par compte vécu 2 ans dans chacune de ces deux belles capitales de l'Est, et franchement je les aime profondément. Différemment.

Vous nous parlez souvent de la cathédrale de Metz mais la version strasbourgeoise vous impressionne-t-elle tant qu'elle vous laisse coi ? le grès vous glace ?

Pour ne parler que vitrail, les tons grisés et orangés de la Collégiale Notre-Dame de Beaune sont à mes yeux très beaux, sobres, épurés, moins chargés que dans d'autres édifices, mais vraiment beaucoup de finesse dans les formes et le dessin. J'adore.

Les bleus de Chartres sont mémorables aussi ; les enchevêtrements colorés de la Sainte Chapelle à Paris également, etc, etc. Le patrimoine religieux français est quand même exceptionnel, il faut bien le dire. Et nul besoin de « croire » pour savoir l'apprécier et le dévorer des yeux, le « beau » parle de lui même.

L'intérieur qui m'a laissé pantois c'est Issoire, en Auvergne. A faire absolument.

En extérieur, j'ai un gros faible pour St Etienne du Mont, à Paris, derrière le Panthéon, à deux pas de Grains Nobles. L'intérieur n'est pas pourri non plus ! Même si certains vitraux ont bien évidemment été abimés par l'Histoire. Juste un lien sur cette dernière pour ceux qui ne connaissent pas : www.ardds.org/html/sortie...

J'arrête là, je suis bavard... et nous sommes bien loin de la Milanese !

Vendredi 28 Novembre 2008, 23:39 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

J'ai vu l'autre jour , un "Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause" de ce bon M Audiard absolument top et injustement méprisé qui frôle les tontons avec une Mireille Darc et Girardot Carmet Sim Blier à se rouler par terre

Samedi 29 Novembre 2008, 10:38 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

C'est-y pas là qu'on entend ces douceurs angevines ?

"Une fille qui fait 95 de tour de poitrine et 32 de tour de tête ne peut pas vraiment être mauvaise. Elle peut seulement être légèrement sotte. "

ou

"Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques là-dessus"

Allez : je ne résiste pas à vous mettre en billet du jour les dialogues de la scène de la cuisine des Tontons, ne sachant toujours pas comment entrer sur le blog des petits films (le jour où je saurai, j'en ai des bons sur le GJE : des petits bijoux !).

Samedi 29 Novembre 2008, 11:52 GMT+2 | Retour au début

Yves dit

C'est surtout là où Mireille Darc joue la Françoise Dolto dans une émission de télé qui reçoit des adolescents en difficulté: la première est enceinte d'un satyre embastillé, rencontré à la sortie de son collège, le deuxième vit chez sa mère avec un adjudant de CRS. A un moment Blier l'air mauvais demande à la Darc"je ne vois pas où vous avez pu apprendre à dire autant de conneries en aussi peu de temps?" : "3 ans de télé!" "Ah bon!"

Samedi 29 Novembre 2008, 14:21 GMT+2 | Retour au début

Stanislas dit

Merci pour l'info, je suis à Milan le mois prochain et ne manquerai pas d'aller manger au Park hyatt cette cotelette milanaise.

Mercredi 25 Mars 2009, 10:42 GMT+2 | Retour au début