Un des vins rouges les plus fascinants de ce monde : Vega Sicilia
Pour le passage de notre ami François Wilhelm, accompagnés de nos épouses respectives, petite virée avec le petit Vialette chez ZUBEROA, définitivement un grand d'Espagne (Oiartzun, pays basque).
J'aime cette maison à l'ancienne où il n'y a aucune esbrouffe style cuisine décomposée avec moult mousses et petites portions dont l'identification requiert généralement une puissance d'imagination hors du commun.
Ce fut grand, très grand. Ici, on entre à table vers 14h00 pour en ressortir à 18h00. Vous voyez le tableau.
Parlons d'abord des vins, enfin d'un vin. Comme le petit Vialette a du retard, on consulte la carte des vins et comme nous sommes 6, il ne me semble pas indécent de prendre un Vega Sicilia 1998 que me recommande d'ailleurs chaudement le propriétaire du restaurant. € 375 sur carte : très acceptable à six personnes.
Arrive le petit Vialette - il n'arrive toujours pas à grossir - avec une bouteille qu'il nous offre pour ce déjeuner (il est toujours très généreux, comme Janssen et mes potes italiens). Cela n'a pas loupé et le Grand Jacques aurait apprécié cette transmission de pensée : le vin apporté était exactement celui que je souhaitais commander : la dernière sortie des caves de Vega Sicilia, le millésime 1998.
Du coup, on décide in petto d'engager une "verticalinissima" avec un autre millésime, et après discussion avec le propriétaire, on s'arrête sur le 1966. Nous voilà paré, après un blanc qui agace nos papilles pour un grand moment.
Que dire sur VEGA SICILIA ? D'abord, les deux bouteilles étaient parfaites. A une époque où on a trop eu tendance d'aimer les vins particulièrement charnus et voluptueux en veux-tu en voilà, ce cru mythique a su garder son style intemporel tout en finesse et en harmonie, avec une finale assez unique dans le monde des grands vins rouges. Une subtilité rarissime qui force le respect et le silence. Pas de doute : c'est un chef d'oeuvre. Quelle classe ! Rien qui dépasse, tout qui se fond. Du Monet en bouteille. Que dans un tel pays chaud (nous avions visité le domaine en rentrant de la session du GJE au Portugal cet hiver) on trouve à quelques kilomètres l'un de l'autre ce vin absolument unique et l'énorme et transcendant cru de Peter Sissek, complètement d'un style opposé, Pingus, il y a de quoi se poser des tas de questions sur les méthodes employées ici et là, sans oublier le rôle probablement essentiel du tempranillo, cépage plus que fascinant.
Très certainement, le fait que Monsieur Pablo Alvares ne mette ses vins sur le marché qu'après une longue retraite de dix ans dans ses caves joue un rôle majeur dans ces bouteilles qui arrivent chez l'amateur prêtes à être dégustées.
Sans méconnaître les énormes contraintes financières que cela représente, on se prend à rêver que nos premiers crus classés fassent de même.
Mais le ponpon : en Espagne, en cherchant bien, notamment à Valladolid, on trouve cet UNICO autour de € 150/180 alors que dès qu'il passe les frontières, dans le meilleur des cas, il double sa valeur. Vous me voyez venir : cela vaut absolument le voyage et tout amateur de grand vin se doit d'y aller au moins une fois dans sa vie, comme l'amateur de Parsifal se doit d'aller une fois à Bayreuth.
Quand on constate l'inflation affolante des crus bordelais, on se dit qu'il est temps, vraiment temps, de diversifier sa cave en y mettant soigneusement quelques bouteilles de ce monument national espagnol. Un pur vin d'émotion qu'il faut déguster tranquillement, en silence, en l'écoutant, en le respectant, en l'aimant. Ce fur un moment magique et le 1966 était d'une telle fraîcheur qu'on peut être certain que d'ici dix ans, vingt ans, il saura encore procurer des sensations absolument uniques.
Si avec tout cela vous ne pensez pas qu'il est temps d'en chercher, c'est que vous n'êtes pas sur le bon blog !
Oui, trois fois oui, ce vin fait partie du véritable gotha des plus grands vins rouges de cette planète : cela ne souffre aucune discussion !

Deux Seigneurs et quelques pages

Un très grand, qui mérite largement ses deux macarons

La douceur de la purée d'oignons !

Même s'il ne vaut pas les qualités japonaises, un thon rouge qui va bientôt disparaître !

Composition parfaite de sardines grillées et chair de tomates

Noir, blanc et pierre : une classe folle
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Jacques perrin dit | Je suis heureux de constater que le régime tristounet (salade et poisson grillé) est terminé. Ton descriptif m'a donné l'envie d'aller déplier mes grandes jambes de ce côté-là un de ces jours. Sûr que, sans même qu'on se soit parlé au préalable, Vialette sera ce soir-là dans la salle, déguisé en Kojyu... Comprenne qui pourra. |
Jean-luc taupin dit | Jacques, tu fais erreur, le régime continue: regarde mieux les photos, tu n'y verras que du poisson et de la verdure, enfin presque ! |
Mauss dit | Et voilà de basses questions de pesanteur étalées sur la place publique ! |
Laurentg dit | François, |
Mauss dit | Un point très intéressant avec VS : la distribution. |
Juergen steinke dit | Wow - these dishes looks very very nice. I am hungry! |
Laurentg dit | I stopped in Toro when driving back from Portugal and bought a Pintia 2001. |
Juergen steinke dit | Laurent, |
Laurentg dit | Juergen, |
Christian roger dit | Depuis longtemps je considère le Vega Sicilia dans mon top ten tous millésimes confondus, car je n'ai été déçu par aucune des bouteilles que j'ai eu la chance de boire : grands 1970, 1966, 1960,... fantastique 1962! si on cherche bien on réussit meme à en trouver à des prix pas si chers que cela compte tenu de la race de ce vin. A avoir absolument dans sa cave. |
Juergen steinke dit | Christian, |
Laurentg dit | Juergen, |
Juergen steinke dit | Laurent, |
Laurentg dit | Juergen, |
Re: "Je dois bientôt goûter Pingus 2000 et Diamond Creek Volcanic Hill 2000. | |
Mauss dit | Merci Victor : j'attendais ta réponse, sachant que tu nous apprendrais pas mal de choses. |
Vega Sicilia conserve une petite sélection d'anciens millésimes (le domaine ayant traversé toute sorte de vicissitudes jusqu'à son rachat par la famille Álvarez en 1982, il ne possède pas autant de vieilles références que les propriétaires aimeraient avoir, quoique ils ont pu partiellement les reconstituer en rachetant des bouteilles sur le marché international). Il faudra bien les convaincre de nous céder quelques flacons parmi ceux-là... Les plus grands millésimes de Vega que j'aie connus, c'est le légendaire 1942 (encore si frais, comme s'il n'avait pas 66 ans, mais cinq ou six...), 1947, 1953, 1962, 1968, 1970, 1981, 1985, 1994, 1995. Le 1960, merveilleux en magnum il y a encore six ou sept ans, est maintenant sur le déclin. | |
Mauss dit | Bon, va falloir voir cela de près ! |
Laurentg dit | Victor, |
Laurentg dit | Mes modestes références en superbes vins de la Ribera del Duero : |
Désolé d'avoir une opinion différente sur Dominio de Atauta. Ce domaine est sur un terroir radicalement différent des autres de la Ribera del Duero: à la limite orientale de l'appellation, à plus de 900 m d'altitude, c'est un terroir sévère, froid, qui donne des vins difficiles au début, qui semblent austères, mais qui acquièrent une complexité spectaculaire si l'on sait les attendre. Il est évident que si l'année est un peu plus froide les vins en pâtissent, mais sur de grands millésimes comme 2001 ou 2004 les vins d'éclatent. Bertrand Sourdais, un Ligérien à l'âme bourguignonne, comprend bien ces terrois durs de Soria. Ses vins de cru (La Mala, Llanos del Almendro, Valdegatiles) sont bien sûr les plus personnels, mais à elmundovino.com nous avons quand même donné 16,5 points (dégustation à l'aveugle) à Dominio de Atauta 2001, la cuvée 'de base', qui nous a semblé d'une grande subtilité. | |
Laurentg dit | Victor, |







