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De tout et de rien, même pour les buveurs d'eau, les végétariens et les zwinglistes de gauche. Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste quand cela semble nécessaire. Mais toujours dans l'esprit de l'éthique internet, dans le respect d'autrui, sans haine, ni racisme, ni crétinerie avancée.

Un des vins rouges les plus fascinants de ce monde : Vega Sicilia

Samedi 20 Septembre 2008, 22:11 GMT+2Par GjeCet article a été lu 607 fois

Pour le passage de notre ami François Wilhelm, accompagnés de nos épouses respectives, petite virée avec le petit Vialette chez ZUBEROA, définitivement un grand d'Espagne (Oiartzun, pays basque).

J'aime cette maison à l'ancienne où il n'y a aucune esbrouffe style cuisine décomposée avec moult mousses et petites portions dont l'identification requiert généralement une puissance d'imagination hors du commun.

Ce fut grand, très grand. Ici, on entre à table vers 14h00 pour en ressortir à 18h00. Vous voyez le tableau. 

Parlons d'abord des vins, enfin d'un vin. Comme le petit Vialette a du retard, on consulte la carte des vins et comme nous sommes 6, il ne me semble pas indécent de prendre un Vega Sicilia 1998 que me recommande d'ailleurs chaudement le propriétaire du restaurant. € 375 sur carte : très acceptable à six personnes.

Arrive le petit Vialette - il n'arrive toujours pas à grossir - avec une bouteille qu'il nous offre pour ce déjeuner (il est toujours très généreux, comme Janssen et mes potes italiens). Cela n'a pas loupé et le Grand Jacques aurait apprécié cette transmission de pensée : le vin apporté était exactement celui que je souhaitais commander : la dernière sortie des caves de Vega Sicilia, le millésime 1998. 

Du coup, on décide in petto d'engager une "verticalinissima" avec un autre millésime, et après discussion avec le propriétaire, on s'arrête sur le 1966. Nous voilà paré, après un blanc qui agace nos papilles pour un grand moment.

Que dire sur VEGA SICILIA ? D'abord, les deux bouteilles étaient parfaites. A une époque où on a trop eu tendance d'aimer les vins particulièrement charnus et voluptueux en veux-tu en voilà, ce cru mythique a su garder son style intemporel tout en finesse et en harmonie, avec une finale assez unique dans le monde des grands vins rouges. Une subtilité rarissime qui force le respect et le silence. Pas de doute : c'est un chef d'oeuvre. Quelle classe ! Rien qui dépasse, tout qui se fond. Du Monet en bouteille. Que dans un tel pays chaud (nous avions visité le domaine en rentrant de la session du GJE au Portugal cet hiver) on trouve à quelques kilomètres l'un de l'autre ce vin absolument unique et l'énorme et transcendant cru de Peter Sissek, complètement d'un style opposé, Pingus, il y a de quoi se poser des tas de questions sur les méthodes employées ici et là, sans oublier le rôle probablement essentiel du tempranillo, cépage plus que fascinant.

Très certainement, le fait que Monsieur Pablo Alvares ne mette ses vins sur le marché qu'après une longue retraite de dix ans dans ses caves joue un rôle majeur dans ces bouteilles qui arrivent chez l'amateur prêtes à être dégustées.

Sans méconnaître les énormes contraintes financières que cela représente, on se prend à rêver que nos premiers crus classés fassent de même.

Mais le ponpon : en Espagne, en cherchant bien, notamment à Valladolid, on trouve cet UNICO autour de € 150/180 alors que dès qu'il passe les frontières, dans le meilleur des cas, il double sa valeur. Vous me voyez venir : cela vaut absolument le voyage et tout amateur de grand vin se doit d'y aller au moins une fois dans sa vie, comme l'amateur de Parsifal se doit d'aller une fois à Bayreuth.

Quand on constate l'inflation affolante des crus bordelais, on se dit qu'il est temps, vraiment temps, de diversifier sa cave en y mettant soigneusement quelques bouteilles de ce monument national espagnol. Un pur vin d'émotion qu'il faut déguster tranquillement, en silence, en l'écoutant, en le respectant, en l'aimant. Ce fur un moment magique et le 1966 était d'une telle fraîcheur qu'on peut être certain que d'ici dix ans, vingt ans, il saura encore procurer des sensations absolument uniques.

Si avec tout cela vous ne pensez pas qu'il est temps d'en chercher, c'est que vous n'êtes pas sur le bon blog ! 

Oui, trois fois oui, ce vin fait partie du véritable gotha des plus grands vins rouges de cette planète : cela ne souffre aucune discussion ! 

 vins

Deux Seigneurs et quelques pages

 

chef

Un très grand, qui mérite largement ses deux macarons 

 

supion

La douceur de la purée d'oignons !

 

thon

Même s'il ne vaut pas les qualités japonaises, un thon rouge qui va bientôt disparaître ! 

 

sardine

Composition parfaite de sardines grillées et chair de tomates

 

restau

Noir, blanc et pierre : une classe folle 

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Je suis heureux de constater que le régime tristounet (salade et poisson grillé) est terminé. Ton descriptif m'a donné l'envie d'aller déplier mes grandes jambes de ce côté-là un de ces jours. Sûr que, sans même qu'on se soit parlé au préalable, Vialette sera ce soir-là dans la salle, déguisé en Kojyu... Comprenne qui pourra.

Samedi 20 Septembre 2008, 23:38 GMT+2 | Retour au début

Jean-luc taupin dit

Jacques, tu fais erreur, le régime continue: regarde mieux les photos, tu n'y verras que du poisson et de la verdure, enfin presque !
Moi qui ai l'honneur d'approcher de très près et très souvent le Président, je t'annonce que je l'ai vu remonter à la main son pantalon qui commencait à s'affaisser sur ses hanches. N'ayant pas l'âme "paparazzi", je n'avais pas mon appareil photo avec moi, hélas ! Je propose de se cotiser pour lui acheter pour Noël une nouvelle ceinture moins longue et avec des trous plus rapprochés de l'anneau. En tout cas, bravo au Président !

Dimanche 21 Septembre 2008, 09:01 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Et voilà de basses questions de pesanteur étalées sur la place publique !
Shame sur les crèmes, beurre, gras double, lardo di colonnata e tutti quanti !
Grand Jacques : ce n'était qu'une parenthèse prévue depuis quelque temps; Dès ce jour, c'est reparti pour en poser encore 10 avec une halte salutaire le 24 où se réunit à Paris le Club de Milan chez Philippe Bourguignon.
Le petit Laurent sera là : c'est tout dire !
Revenons à Vega Sicilia : je rêve de faire une verticale de ce cru mythique. C'est quand même exceptionnel, à une époque où on glorifie (ou plutôt on a glorifié) quelques mastodontes style screaming eagle, ce cru, contre vents et marées, a tenu sa ligne, droit comme un I, sans jamais faillir, sans jamais céder une once de concession à une mode qui le l'a strictement pas touché.
Quelle leçon !
Tout bien pesé, son prix est une véritable aubaine.
Grand Jacques : on t'attend quand tu veux au Pays Basque : c'est bientôt la chasse : aucune excuse ne sera retenue !

Dimanche 21 Septembre 2008, 10:08 GMT+2 | Retour au début

François,

Je dois bientôt goûter Pingus 2000 et Diamond Creek Volcanic Hill 2000.
J'ai bien peur d'avoir affaire à des vins manquant cruellement d'élégance.

Sinon, d'accord sur la classe mondiale d'Unico.
En Rioja et Ribera, il semble que le prix des vins diminue avec la longueur de l'élevage ... :-)

Dimanche 21 Septembre 2008, 10:48 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Un point très intéressant avec VS : la distribution.
La propriété travaille avec un fichier clients depuis des décennies. Elle propose chaque année une allocation et la liste d'attente est incroyablement longue.
Ensuite, l'Espagne de la distribution classique (cavistes) est bien servi et reste l'exportation qui, me semble t'il, n'a qu'une portion congrue de ce vin si particulier.

Dimanche 21 Septembre 2008, 10:57 GMT+2 | Retour au début

Juergen steinke dit

Wow - these dishes looks very very nice. I am hungry!

I agree that Tempranillo is still a bit overlooked. In some wines the wood seems to be too overpowering - but I have learned that with time this element integrates and the wines are round and interesting.

I only had Vega Sicilia Unico twice - vintages 1970 and 1985. Great wines. While Vega Sicilia is a superstar winery a lot of Value wines are available these days.

Vega Sicilia makes a wine called Pintia and this is available for a fraction of the price compared to a Unico. But it is very, very good either.

Dimanche 21 Septembre 2008, 12:31 GMT+2 | Retour au début

I stopped in Toro when driving back from Portugal and bought a Pintia 2001.

A big deception but the bottle was probably not representative.
Not convinced by a modern and heavy Pintia 2003 (see its description on our site).

Don't forget Alion and Valbuena.

Dimanche 21 Septembre 2008, 14:39 GMT+2 | Retour au début

Juergen steinke dit

Laurent,

Pintia is relativ new and it is o.k. to have doubts about it´s evolution. I am not that sceptic but time will tell.

Dimanche 21 Septembre 2008, 18:58 GMT+2 | Retour au début

Juergen,

Of course, time will tell ...
My friends in Bordeaux told me that their firts Pintia 2001 tatsed excellent.
I should soon taste again Cheval-Blanc 2004 ...

My GJE rating at Léoville-Poyferré : 14/20
The pro ranking : 108/150

I think that this wine deserves better ...

Cordially

Lundi 22 Septembre 2008, 16:23 GMT+2 | Retour au début

Depuis longtemps je considère le Vega Sicilia dans mon top ten tous millésimes confondus, car je n'ai été déçu par aucune des bouteilles que j'ai eu la chance de boire : grands 1970, 1966, 1960,... fantastique 1962! si on cherche bien on réussit meme à en trouver à des prix pas si chers que cela compte tenu de la race de ce vin. A avoir absolument dans sa cave.

Lundi 22 Septembre 2008, 16:34 GMT+2 | Retour au début

Juergen steinke dit

Christian,

yes - 1970 Vega Sicilia is superb. But I didn´t know that even 1960 is good. Since this is my year of birth I must look to find one. Actually good 1960 wines are rare. Even Latour isn´t nice so I probably should go a bit south into the sunny State of Spain :-)

Laurent,

well - I hope your next bottle of 2001 Pintia will be better and the 2004 Cheval as well. I guess this wine must be better than 14 because some Cercle Rive Droite wines I tried from the 2004 vintage looked very good. I remember a fantastic Le Gay and some convincing St. Emilion like Peby Faugeres and others.

Best, Jürgen

Lundi 22 Septembre 2008, 18:44 GMT+2 | Retour au début

Juergen,

At poyferré, I found Cheval-Blanc 2004 a bit thin, weak ...
It is true that it was compared to stronger modern expressions.

I read Olivier Poussier in the last french guide : les meilleurs vins de France 2009 : "le 2004 est charmeur mais manque d'intensité aromatique et de densité" ... (et le domaine a été rétrogradé de 3 à 2 étoiles).

We will taste again very soon (Like Petrus 2005, I rated cheval-Blanc 2005 20/20 in may 2006, at the domaine : a perfect full-bodied balaced and fruity wine).

Mardi 23 Septembre 2008, 07:37 GMT+2 | Retour au début

Juergen steinke dit

Laurent,

I sometimes had the feeling that especially in average years Cheval is pretty difficult to judge. As is Haut Brion. Maybe it´s due the Cabernet Franc - I don´t know. I gave both wines sometimes so-so scores blind and loved them when ready. I heared that others made the same experience.

Mardi 23 Septembre 2008, 21:45 GMT+2 | Retour au début

Juergen,

I know that too ... (two thin expressions).
When ready, Cheval-Blanc 1982 and haut-Brion 1989 are both gigantic ! :-)

Mercredi 24 Septembre 2008, 08:26 GMT+2 | Retour au début

Re: "Je dois bientôt goûter Pingus 2000 et Diamond Creek Volcanic Hill 2000.
J'ai bien peur d'avoir affaire à des vins manquant cruellement d'élégance."

Que voilà une curieuse association! Qu'est-ce que Pingus et Volcanic Hill ont en commun? Pingus est un vin d'une belle élégance, qui reflète bien les différences de terroir entre La Horra, au centre de la Ribera del Duero, et Valbuena, à l'ouest de l'appellation, où se trouvent les vignes de Vega Sicilia: plus sec, plus haut, plus ensoleillé, à la composante calcaire plus marquée, le terroir de La Horra donne naturellement des vins plus puissants. (Une note importante cependant: jusqu'à assez récemment, Vega Sicilia n'a pas été strictement un vin de cru, car une partie des raisins était achetée à des vignerons de plusieurs villages de la zone, y compris La Horra).

Vega Sicilia demeure la grande référence de la région, sans doute, mais heureusement cette propriété n'est plus un îlot de qualité au milieu du désert, d'autres domaines (pas trop nombreux quand même, et malheureusement!) étant venus étoffer la panoplie de grands vins dans la Ribera del Duero. Mes préférés: Pago de los Capellanes (où sévit le docteur Régamey...), Alonso del Yerro (le bébé de Stéphane Derenoncourt), Pingus bien sûr où Peter Sisseck fait des étincelles, Dominio de Atauta (Bertrand Sourdais, de la Loire à Soria), Aalto (le garnd Matriano García), O. Fournier, Montecastro.

Dimanche 28 Septembre 2008, 11:20 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Merci Victor : j'attendais ta réponse, sachant que tu nous apprendrais pas mal de choses.
Un bel exemple de ce que peuvent apporter les blogs !

Va falloir organiser un de ces jours en 2009 une session GJE au Laurent avec ces vins de référence !

On en parle à VDE.

Baci

Dimanche 28 Septembre 2008, 11:45 GMT+2 | Retour au début

Vega Sicilia conserve une petite sélection d'anciens millésimes (le domaine ayant traversé toute sorte de vicissitudes jusqu'à son rachat par la famille Álvarez en 1982, il ne possède pas autant de vieilles références que les propriétaires aimeraient avoir, quoique ils ont pu partiellement les reconstituer en rachetant des bouteilles sur le marché international). Il faudra bien les convaincre de nous céder quelques flacons parmi ceux-là... Les plus grands millésimes de Vega que j'aie connus, c'est le légendaire 1942 (encore si frais, comme s'il n'avait pas 66 ans, mais cinq ou six...), 1947, 1953, 1962, 1968, 1970, 1981, 1985, 1994, 1995. Le 1960, merveilleux en magnum il y a encore six ou sept ans, est maintenant sur le déclin.

Dimanche 28 Septembre 2008, 12:57 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Bon, va falloir voir cela de près !
Un gros challenge, pour sûr !

Dimanche 28 Septembre 2008, 13:08 GMT+2 | Retour au début

Victor,

Pas apprécié Dominio de Atauta 2001 dans une série dédiées aux vins espagnols ?!
Nous étions 3 dégustateurs à le trouver raté.
Pour info, les vins les plus réussis de cette série étaient :
* Bierzo – Descendientes de José Palacios – Corullon Las Lamas 2001
* Vino de la Tierra de Castilla y Leon – Leda – Viñas Viejas 2001
* Ribera del Duero – Bodegas Hermanos Sastre – Regina Vides 1998
* Rioja - Benjamin Romeo - Contador 2001

Je pense en effet être sévère sur Pingus, tempranillo modern, et je n'ai en répère que d'assez réussis Flor de Pingus 1996 et 2000.

Il est possible que je tente Pingus 2000 dans 10 jours, suite à votre commentaire ô combien autorisé : est-il prêt à boire ?

Pour le vin californien, je relais l'avis de quelques amis proches bordelais dont l'analyse fut dévastatrice.

J'ai goûté de nombreux grands Unico.
Malheureusement le dernier servi, le 1990, était une bouteille défaillante.
Et contrairement au 1961 découvert à Bordeaux, quasiment imbuvable la veille et splendide le lendemain, celui-ci n'a pas connu de rémission.

Lundi 29 Septembre 2008, 15:08 GMT+2 | Retour au début

Mes modestes références en superbes vins de la Ribera del Duero :
* Astrales 2001
* Emilio Moro Malleolus 2001
* Hacienda Monasterio Reserva especial 1998

Pas d'émotion particulière avec les vins d'Abadia Retuerta.

Lundi 29 Septembre 2008, 15:43 GMT+2 | Retour au début

Désolé d'avoir une opinion différente sur Dominio de Atauta. Ce domaine est sur un terroir radicalement différent des autres de la Ribera del Duero: à la limite orientale de l'appellation, à plus de 900 m d'altitude, c'est un terroir sévère, froid, qui donne des vins difficiles au début, qui semblent austères, mais qui acquièrent une complexité spectaculaire si l'on sait les attendre. Il est évident que si l'année est un peu plus froide les vins en pâtissent, mais sur de grands millésimes comme 2001 ou 2004 les vins d'éclatent. Bertrand Sourdais, un Ligérien à l'âme bourguignonne, comprend bien ces terrois durs de Soria. Ses vins de cru (La Mala, Llanos del Almendro, Valdegatiles) sont bien sûr les plus personnels, mais à elmundovino.com nous avons quand même donné 16,5 points (dégustation à l'aveugle) à Dominio de Atauta 2001, la cuvée 'de base', qui nous a semblé d'une grande subtilité.

Emilio Moro (splendides vins de cru, Valderramiro et Sanchomartín), Hacienda Monasterio (où officie Peter Sisseck), Astrales (un autre terroir froid et intéressant, cultivé par le jeune Eduardo García, le fils de Mariano) sont de très bons producteurs eux aussi.

Samedi 4 Octobre 2008, 17:43 GMT+2 | Retour au début

Victor,

Merci pour votre réponse ...

Il faut bien entendu prendre mon commentaire sur Atauta 2001 avec prudence car je ne l'ai goûté qu'une fois (et je n'ai de ce vignoble qu'un aperçu fugace lors d'un trajet récent vers le portugal).
Pour nous avec une volatile disproportionnée ...

Avez-vous goûté Pingus 2000 récemment ?

Dimanche 5 Octobre 2008, 21:25 GMT+2 | Retour au début