Guides Vins 2009 : Guide Bettane-Desseauve et Guide de la RVF
Comme chacun souhaite la prime de la nouveauté et donc être le premier en rayon, nous voilà donc, dès le 20 août 2008 avec les deux Guides Vins principaux datés sans état d'âme : 2009.
Vous verrez qu'un de ces jours, ils sortiront avant les vacances d'été pour offrir aux lecteurs passionnés de saines lectures de plage !
Mine de rien, comme on doit quand même compter quelques semaines d'écriture (après dégustations), quelques semaines de relectures, les corrections et les délais d'imprimerie, on comprend que les éditions 2010 vont commencer dès septembre 2008 !!
M'enfin, comme dirait Gaston !
A ma droite, le lourd et encombrant Bettane-Desseauve, dit le "Grand Guide des Vins de France": 29 euros ttc, 1247 pages, soit 43 pages pour le prix d'un euro !
A ma gauche, le Guide RVF : 25 euros ttc pour 703 pages, soit 28,12 pages seulement pour un euro !
On ne va pas dire victoire par KO du BD sur leurs anciens collègues de la RVF, mais à priori, on suspecte plus d'infos chez notre Maître. Et, je peux vous le dire, si quelqu'un travaille dur dans la critique, et avec grand scrupule, c'est bien Michel Bettane !
De la pub pour le RVF, pas de pub pour le BD, mais des pages sur les "Partenaires". Plus classe. Bravo Thierry.
Un accès internet pour le BD, rien pour le RVF.
Un point commun : Poussier pour le RVF et Bettane pour le BD sont tous deux Membres Eminents et Permanents du GJE : on a sa pointe de fierté, n'est-ce pas !
On peut aussi, sans trop d'a priori parler d'un peu plus d'homogénéité pour le BD car si à la RVF chaque collaborateur a été maître de ses attributions d'étoiles (ou plus probablement bénéficiant d'une voix majoritaire), pour le BD, c'est clair : Michel Bettane a mis son grain de sel même si Desseauve, spécialiste du sud, a dû faire quelques tentatives, couronnées de succès ou non, pour imposer quelques notes personnelles. Mais comme nous n'avions point d'espions dans les cuisines, on arrête là les cancans de circonstances que d'autres étaleront sans trop de vergogne.
Venons en aux Lauréats.
On l'avait annoncé : le RVF s'est fait une petite chaleur ici et là en fronçant les sourcils de la sévérité, histoire de remettre un peu les pendules à l'heure et d'avoir de la marge pour le futur. Un peu ce qu'a fait Parker dans son nouveau classement des Bordeaux 2005. Problème que n'a pas eu le BD dont sa première édition, un peu janséniste, était déjà d'une grande sévérité.
Donc, petite chaleur pour le RVF qui ôte quelques étoiles à des triplés et les accorde à des nouveaux, comme Selosse et Egly-Ouriet en Champagne: bravo pour eux, mais il me manque alors Dom Pérignon (on évoque la question ci-dessous) et Roederer qui, par ses volumes et ses exigences qualitatives, mérite aussi bien. Pas grave, MM Rouzeot ont un côté zen particulièrement pointu qui leur permettra de ne donner qu'une juste dimension à cette petite injustice, d'autant plus évidente pour Cristal que les sélections parcellaires sont acceptées pour Chapoutier.
Même raisonnement pour le Clos Ste Hune de Trimbach et, sans que cela soit dit, pour le Grand Jean-François Coche Dury, triplement étoilé pour ses blancs - à juste titre - alors que ses rouges pourraient être notés plus sévèrement.
Mais bon, on ne va pas en faire une pendule !
Ma grosse déception, c'est l'absence sur le podium de Jacques-Frédéric Mugnier dont la finesse des vins est infiniment supérieure aux crus finalement assez quelconques après quelques années, de Dugat-Py (et où est l'immense Claude Dugat dont les vins sont tellement plus fascinants ? : même pas cité. Probablement parce qu'il n'a pas envoyé ses vins gratos à la RVF : confer mon article sur ce problème qui va devenir de plus en plus d'actualité).
De même, il était inutile d'enlever une * à William Fèvre sous le prétexte caché que seules les "petites" maisons familiales peuvent prétendre aux *, ** ou au ***. Ce sont des chablis d'exception, d'une pureté rare et s'ils n'ont pas le style des Raveneau ou Dauvissat, il n'empêche que ce sont de superbes vins de référence.
En bordelais, on savait déjà - pour les lecteurs perspicaces de ce blog - que deux triplés devenaient de simples doubles. Bon, là encore, on sent la punition de circonstance, le bâton gentiment menaçant mais on suspecte que par derrière on a dû mettre des gants pour morigéner les responsables et leur dire : "peut mieux faire". Quand (qui se croit) David gronde Goliath…
Jusqu'à nouvel ordre, plus on recule dans les décennies, plus les qualités tout à fait uniques et exceptionnelles de Haut-Brion dominent de la tête et des épaules les autres prétendants à la couronne impériale. Ma foi, l'avenir nous dira que penser des décennies 90 et 00.
Bien vu : La Mission Haut-Brion désormais seul pessac-léognan *** : du baume ? On espère que non, qu'il y a là des motifs plus nobles. Vu les derniers millésimes, amplement mérité.
Par ailleurs, si on compare les Sociando des années 80 et 90 à ceux de ces dernières décennies, il eut fallu là aussi marquer le coup et montrer calmement à l'ombrageux Mr Gautreau qu'il peut mieux faire, et surtout qu'il a très souvent beaucoup mieux fait.
Bien d'autres notes seront discutées ici et là, et gageons qu'une grande dégustation à l'aveugle sur 10 millésimes récents entre Pavie (**) et Petrus (***) donneraient un résultat opposé : en tout cas, au GJE où nous goûtons à l'aveugle (on ne le dira jamais assez).
On parlera encore des autres vins de Gérard Perse, du Comte de Neipperg, de Stéphane Derenoncourt, de Mitjavile, de JL Thunevin, de Bizeul : plein de choses à dire, à commenter, à discuter.
En Loire, mon courroux va pour l'absence d'* à Marionnet : bof, en a t'il vraiment besoin pour bien vendre ses bons vins ? Le Guide Hachette (tiens, il ne va pas tarder à sortir celui-là), est probablement plus important pour son impact sur les ventes directes que le RVF.
Passons au BD.
D'abord, les quelques pages d'introduction sont à elles seules l'équivalent d'une petite bibliothèque synthétisée avec rigueur, compétence, art littéraire : de la bel ouvrage : bravo Michel et autres rédacteurs, le cas échéant !
Les lauréats : bien plus de rigueur et d'homogénéité que le RVF bien que je sente quand même une certaine indulgence (pour ne pas dire une indulgence certaine) envers Petrus dont le côté mythique continuera encore longtemps à lui accorder des points supplémentaires que lui dénient des dégustations à l'aveugle à répétition. Mais foi, l'homme est l'homme !
L'excellence du classement bourguignon fait référence : c'est incontestable, il y a là une différence de niveau réel entre les CINQ BD (Apple va nous donner une police spéciale pour ce logo ?) et les autres. On en reparlera plus longuement dans d'autres posts.
En Champagne, on y évite l'ostracisme douteux versus Dom Pérignon dont on ne doit jamais oublier cette capacité inouïe du Domaine à produire autant de bouteilles d'un vin d'exception (on parle facilement de plus de deux millions de bouteilles par an). Rine que pour cela, Dom Pérignon mériterait un classement à part, pour lui tout seul. Selosse et Egly-Ouriet ne doivent pas être loin de partager cet avis.
Il me manque cependant Macle en Jura et la mention "productions parcellaires" pour Guigal (oui, je sais, il y a le mot "Ampuis" mais manque alors le mot "Château d' ").
J'aime aussi cet engagement du BD à noter certains vins de pure émotion 20/20 : bravo !, bravissimo pour ces producteurs qui ont atteint le graal de leurs vies.
In fine, le fait pour le BD de partir sur 5 niveaux et non 3 comme le RVF, leur donne bien plus de souplesse. A méditer.
On reviendra sans doute ici et ailleurs sur d'autres commentaires, classements, notes de ces domaines dans l'un et l'autre Guide.
Attendons le Hachette, et pour ceux qui ont besoin d'une franche rigolade, allez y, ne soyez pas pingre : dépensez généreusement de quoi payer (je n'ai pas le droit de recommander le vol) le Dussert-Gerbert. Poilade garantie.
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Juju dit | Attention ! Le RVF note sur 4 niveaux et non sur 3 comme précisé dans l'article (***, **, *, pas d'étoile mais cité). |
Mauss dit | C'est vrai : j'eus dû préciser qu'il y avait aussi la catégorie des cités, sans étoile. |
Armand dit | Gödel disait:"Qui te dit que la pensée n'est pas du calcul" |
Michel bettane dit | Cher François, |
Mauss dit | Va falloir que le costaud Desseauve se penche sur une version allégée, capable de ne pas trop déformer les poches de ses costumes Hugo Boss ! |
Mauss dit | Voilà, j'écris trop vite et cela crée des incertitudes, des erreurs. |
Vins-confédérés dit | Pourquoi ne pas faire comme pour le Compendium Suisse des Médicaments (l'équivalent du Vidal français) une version pour Pocket PC ? |
Mauss dit | Fatalement, cela viendra un jour ou l'autre : pouvoir télécharger sur son portable, style IPHONE des infos en 3 clics de critères de sélection. |
Al. dit | Sinon le BD en 2 volumes...;-D |
Claude Lada dit | Sinon, il y a aussi un GUIDE DES VINS DE FRANCE en chinois et sur Ipad® (la version française est également disponible) class-multimedia.blogspot... |






