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De tout et de rien, même pour les buveurs d'eau, les végétariens et les zwinglistes de gauche. Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste quand cela semble nécessaire. Mais toujours dans l'esprit de l'éthique internet, dans le respect d'autrui, sans haine, ni racisme, ni crétinerie avancée.

Vacances toscanes (2) : quelques très belles bouteilles

Samedi 16 Aout 2008, 18:16 GMT+2Par GjeCet article a été lu 586 fois

Allez savoir pourquoi les amis italiens du GJE sont autant passionnés par les grands vins de France !

Certes, quand il s’agit de vins italiens, la question est vite réglée avec eux : Gaja, Giacomo Conterno, Giacosa, Sassicaia, Sandrone, Voerzio, Parusso et encore une bonne douzaine d’autres noms de référence. Ils sont bien plus sélectifs que nous le sommes, ça, c’est certain !

Mais quand ils sortent leurs grandes bouteilles bordelaises ou bourguignonnes, on est toujours en altitude perrienne.

En moins d’une semaine, un de ces amis, chirurgien de métier, nous a offert :

Montrachet DRC 2004 : une longueur infinie, un nez, une bouche d’anthologie : du tout grand. Je commence tout doucement à retenir les spécificités si particulières de ce cru unique sur cette planète. J’avoue attendre avec impatience le jugement du GJE qui va comparer en novembre à Villa d’Este, au moins 12 Montrachet à 12 Corton-Charlemagne : vont-ils les identifier sans trop d’erreurs ? Millésime 2006.

Montrachet Jadot  1989 : nettement en-dessous, plutôt court et manque de complexité.

Coche-Dury Rougeots 97 et 98 : de la volupté cochienne à foison : vraiment beau et capiteux. Là aussi, la signature devient évidente pour qui fréquente ses vins de meursault. Toujours une richesse généreuse dans une finesse splendide et un équilibre quasi parfait. Un vin de sorcier ? Non, un vin de tout grand faiseur qui respecte avant tout ses raisins comme personne.

Chambertin 1996 (magnum) de Mortet : à l’époque, Denis Mortet était encore à favoriser la richesse plus que la finesse : mais dieu, que c’est bon. Et cela tiendra encore longtemps ! On comprend pourquoi il n’avait pas que des amis dans sa commune.

Grands Echezeaux 2000 DRC : il y a vraiment dans les vins du Domaine une sorte de fusion des styles Leroy et Rousseau avec cette race supplémentaire des grands vins de Monsieur De Villaine. Si quelqu’un a quelques doutes sur le génie bourguignon, qu’il déguste ce vin. Une splendeur de finesse et tout en retenue d’élégance : bravo !

Vint une expérience fascinante de deux bordeaux 1982 : Mouton et Lafite. Les deux, acquis en même temps et gardés dans la même cave, donc mêmes conditions de vieillissement.

Mouton 82 déploie immédiatement une suavité magnifique, une rondeur époustouflante bien tenue par une palette aromatique où la maturité domine. Un véritable vin gourmand, mais de très haut niveau. Respect.

Lafite 82 : que dire de ce Lafite sinon qu’il avait un nez plus expressif, mais une retenue en bouche d’une rare élégance. Il fallait le déguster doucement, calmement pour en saisir toutes les nuances alors que le Mouton pouvait se boire plus prolétairement. J’ai beaucoup aimé cette bouteille rare. Lafite : le bourgogne du bordelais, bien plus que Petrus ou autres pomerols.

In fine, hier soir à la Chiusa, délicatesse suprême de cet ami chirurgien, il nous offre l’année de naissance de la gamine : Haut-Brion 89. On commence à savoir ici et là que c’est certainement une des plus belles bouteilles du bordeaux d’après 1945. En tout cas, une référence certaine du château.

Le vin est tout simplement stupéfiant : disons : cette bouteille là. On passe déjà bien 5 minutes à le humer, à le chercher, à mettre les mots justes sur un nez si complexe et si particulier où on trouve à la fois les petits fruits rouges bien mûrs, la peau de petits grains de cassis, et tout cela avec des lancées d’épices étonnantes. En bouche, c’est la définition de la splendeur et de la finesse à leurs plus hauts niveaux. On peut sans vergogne y appliquer des épithètes régamiens : immense, stratosphérique. C’est une pure magie.

Mais, avec une question particulière : on n’y retrouve point  le classique d’Haut-Brion : goudron et truffe, ce qui fait tant la spécificité du cru. Peut-être d’ici dix ou vingt ans ?

Comme on le voit sur la photo du bouchon (le trouble vient de l’émotion), il n’est pas entamé !! Et le vin a pratiquement 20 ans ! Est-ce qu’il a eu un traitement de paraffine ou autre ? Si quelqu’un a quelques lumières sur cela, merci de nous l’expliquer.

Allez, on l’avoue : ce cru, dans ce millésime, nous a donné autant d’émotions que les meilleurs grands crus de la côte de nuits : c’est dire  que Jeff Leve va être content !

 bouchon

Pour un bouchon de presque 20 ans d'âge, l'entame est minime

 

les vins

Mouton 82, Grands Echezeaux 2000, Coche 98, Lafite 82, Montrachet DRC 2004 : des sommets 

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Cet article a été commenté 9 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Fredi dit

Bonsoir François, moi qui commencais a me faire du soucis a ton sujet, durant un bref instant, j'ai bien cru a un one couriser Bis repetita.
me voila plus que rassuré par le plaisir de te relire.

mes petites papilles qui sont a 100% en voyant les jolis flacons genereusement offert par ton ami chirurgien, me font presque regretter d'avoir choisis mon metier, presque.

je suis un grand admirateur dans l'ombre de Coche, jolis millesimes.

passe de bonnes vacances et a tout bientot.

ps: jolis details que porte cette nappe

Samedi 16 Aout 2008, 22:24 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Excuses moi j'avais lu dans le désordre

Samedi 16 Aout 2008, 23:07 GMT+2 | Retour au début

Armand dit

Par contre après avoir bu le Haut-Brion, tu ne voyais plus assez bien pour faire la mise au point

Samedi 16 Aout 2008, 23:09 GMT+2 | Retour au début

Laurentg dit

François,

Quelle série ...

Haut-Brion 89 est immense, comme Cheval 82.
HB89 a un rival, en plus puissant, qui ne te surprendra pas : il s'agit de Mission 89.
J'ai bu ce vin avec u ami bordelais et je m'en rappelle encore come si c'était hier.

La sapidité des vins de Coche, encore récemment sur un Vireuils 1999.

Dimanche 17 Aout 2008, 12:04 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

J'avoue que cette série, sur 2 soirs, a été tout à fait exceptionnelle, d'autant plus que les vins étaient dans un état de totale perfection.

Vireuils : est-ce un premier cru ou un lieu-dit ? J'avoue ne plus me souvenir. Plus précis et moins capiteux que le Rougeots ?

Dimanche 17 Aout 2008, 12:11 GMT+2 | Retour au début

Laurentg dit

Vireuils n'est pas premier cru

Au domaine en janvier 2008 :
Coche-Dury Meursault Vireuils bas 2002 : 17/20 – 26/1/08
Une forte présence minérale prend ici le pas sur le grillé. Nez fédérant des notes attendues, en trio : végétal (citronnelle), minéral, agrumes. Bouche fermée, concentrée, assez capiteuse, de belle promesse.

Coche-Dury Meursault Perrières 2005 : 18/20 – 26/1/08
Nez sur les agrumes, la menthe, le beurre, le raisin frais, avec un peu de fruits exotiques. Bouche peu causante mais intègre, minérale en diable ; on y devine un potentiel faramineux (acidité indéfectible, longueur). Le Perrières impose sa classe sans ostentation.

Coche-Dury Meursault Rougeots 2002 : 18/20+ – 26/1/08
Un monstre à l’expression parfaitement mûre, mellifère et minérale assez insondable (les notes toastées s’incluent plus discrètement dans cet ensemble racé car le minéral en impose). En bouche, on se régale d’une trame au toucher remarquable, fruitée (agrumes), pierreuse, végétale (sans que ce terme ait la moindre connotation péjorative puisque je parle bien d’infusion – menthe, verveine, de fleurs, …) et réglissée. Expression complète (le terme est de notre hôte), serrée, indubitablement de grande garde. Précision de goût et aspect tactile magnifiques. La masse du vin (à dominante minérale) n’implique aucune lourdeur.

Dimanche 17 Aout 2008, 13:35 GMT+2 | Retour au début

Laurentg dit

Belle déception en juillet 2008 avec un Charlemagne de Jadot 1998 manquant singulièrement de classe et de vélocité ...

Dimanche 17 Aout 2008, 14:56 GMT+2 | Retour au début

Serge dit

"Et oui, avec "minéralité", le qualificatif "fruit rouge" constitue, je pense, un concurrent de choix pour la médaille d'or du lieu commun au championnat du monde de la note de dégustation passe-partout...

C'est un vin rouge, ça sent le fruit, alors, c'est "fruits rouges". Oh, ne vous moquez pas car on l'a tous fait, ce coup là. Et si je vous proposais d'évoluer un peu et d'arrêter de dire des billevesées ? Tout en vous régalant ? Allez, on y va, c'est parti pour l'atelier fruit rouge et la préparation du dessert."

hervé bizeul 08/18/08 eh oui on est toujours trahi par les siens!!

Mardi 19 Aout 2008, 21:48 GMT+2 | Retour au début

Laurentg dit

Serge,

Beaucoup de fruit rouge dans les rouges de Coche en effet ... :-)

Mercredi 20 Aout 2008, 08:26 GMT+2 | Retour au début