Vacances toscanes (2) : quelques très belles bouteilles
Allez savoir pourquoi les amis italiens du GJE sont autant passionnés par les grands vins de France !
Certes, quand il s’agit de vins italiens, la question est vite réglée avec eux : Gaja, Giacomo Conterno, Giacosa, Sassicaia, Sandrone, Voerzio, Parusso et encore une bonne douzaine d’autres noms de référence. Ils sont bien plus sélectifs que nous le sommes, ça, c’est certain !
Mais quand ils sortent leurs grandes bouteilles bordelaises ou bourguignonnes, on est toujours en altitude perrienne.
En moins d’une semaine, un de ces amis, chirurgien de métier, nous a offert :
Montrachet DRC 2004 : une longueur infinie, un nez, une bouche d’anthologie : du tout grand. Je commence tout doucement à retenir les spécificités si particulières de ce cru unique sur cette planète. J’avoue attendre avec impatience le jugement du GJE qui va comparer en novembre à Villa d’Este, au moins 12 Montrachet à 12 Corton-Charlemagne : vont-ils les identifier sans trop d’erreurs ? Millésime 2006.
Montrachet Jadot 1989 : nettement en-dessous, plutôt court et manque de complexité.
Coche-Dury Rougeots 97 et 98 : de la volupté cochienne à foison : vraiment beau et capiteux. Là aussi, la signature devient évidente pour qui fréquente ses vins de meursault. Toujours une richesse généreuse dans une finesse splendide et un équilibre quasi parfait. Un vin de sorcier ? Non, un vin de tout grand faiseur qui respecte avant tout ses raisins comme personne.
Chambertin 1996 (magnum) de Mortet : à l’époque, Denis Mortet était encore à favoriser la richesse plus que la finesse : mais dieu, que c’est bon. Et cela tiendra encore longtemps ! On comprend pourquoi il n’avait pas que des amis dans sa commune.
Grands Echezeaux 2000 DRC : il y a vraiment dans les vins du Domaine une sorte de fusion des styles Leroy et Rousseau avec cette race supplémentaire des grands vins de Monsieur De Villaine. Si quelqu’un a quelques doutes sur le génie bourguignon, qu’il déguste ce vin. Une splendeur de finesse et tout en retenue d’élégance : bravo !
Vint une expérience fascinante de deux bordeaux 1982 : Mouton et Lafite. Les deux, acquis en même temps et gardés dans la même cave, donc mêmes conditions de vieillissement.
Mouton 82 déploie immédiatement une suavité magnifique, une rondeur époustouflante bien tenue par une palette aromatique où la maturité domine. Un véritable vin gourmand, mais de très haut niveau. Respect.
Lafite 82 : que dire de ce Lafite sinon qu’il avait un nez plus expressif, mais une retenue en bouche d’une rare élégance. Il fallait le déguster doucement, calmement pour en saisir toutes les nuances alors que le Mouton pouvait se boire plus prolétairement. J’ai beaucoup aimé cette bouteille rare. Lafite : le bourgogne du bordelais, bien plus que Petrus ou autres pomerols.
In fine, hier soir à la Chiusa, délicatesse suprême de cet ami chirurgien, il nous offre l’année de naissance de la gamine : Haut-Brion 89. On commence à savoir ici et là que c’est certainement une des plus belles bouteilles du bordeaux d’après 1945. En tout cas, une référence certaine du château.
Le vin est tout simplement stupéfiant : disons : cette bouteille là. On passe déjà bien 5 minutes à le humer, à le chercher, à mettre les mots justes sur un nez si complexe et si particulier où on trouve à la fois les petits fruits rouges bien mûrs, la peau de petits grains de cassis, et tout cela avec des lancées d’épices étonnantes. En bouche, c’est la définition de la splendeur et de la finesse à leurs plus hauts niveaux. On peut sans vergogne y appliquer des épithètes régamiens : immense, stratosphérique. C’est une pure magie.
Mais, avec une question particulière : on n’y retrouve point le classique d’Haut-Brion : goudron et truffe, ce qui fait tant la spécificité du cru. Peut-être d’ici dix ou vingt ans ?
Comme on le voit sur la photo du bouchon (le trouble vient de l’émotion), il n’est pas entamé !! Et le vin a pratiquement 20 ans ! Est-ce qu’il a eu un traitement de paraffine ou autre ? Si quelqu’un a quelques lumières sur cela, merci de nous l’expliquer.
Allez, on l’avoue : ce cru, dans ce millésime, nous a donné autant d’émotions que les meilleurs grands crus de la côte de nuits : c’est dire que Jeff Leve va être content !

Pour un bouchon de presque 20 ans d'âge, l'entame est minime

Mouton 82, Grands Echezeaux 2000, Coche 98, Lafite 82, Montrachet DRC 2004 : des sommets
Cet article a été commenté 9 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas
Fredi dit | Bonsoir François, moi qui commencais a me faire du soucis a ton sujet, durant un bref instant, j'ai bien cru a un one couriser Bis repetita. |
Armand dit | Excuses moi j'avais lu dans le désordre |
Armand dit | Par contre après avoir bu le Haut-Brion, tu ne voyais plus assez bien pour faire la mise au point |
Laurentg dit | François, |
Mauss dit | J'avoue que cette série, sur 2 soirs, a été tout à fait exceptionnelle, d'autant plus que les vins étaient dans un état de totale perfection. |
Laurentg dit | Vireuils n'est pas premier cru |
Laurentg dit | Belle déception en juillet 2008 avec un Charlemagne de Jadot 1998 manquant singulièrement de classe et de vélocité ... |
Serge dit | "Et oui, avec "minéralité", le qualificatif "fruit rouge" constitue, je pense, un concurrent de choix pour la médaille d'or du lieu commun au championnat du monde de la note de dégustation passe-partout... |
Laurentg dit | Serge, |







