Fürtwangler, Michel Bouquet et Radio Classique
Si quelques atrabilaires soucieux de rester les seuls détenteurs de la connaissance musicale, accompagnés par quelques employés de France Musique adorant le bla-bla ésotérique, s'ils portent une petite haine aiguë contre les découpages en rondelles de Radio Classique, il n'en demeure pas moins que cette radio appartenant à Monsieur Bernard Arnaud reste une fréquence tout à fait fréquentable.
Radio Classique a une très belle émission où un homme public exprime ses idées sur la musique. C'est souvent remarquable, et, comme aujourd'hui, en ce moment, avec l'immense Michel Bouquet (souvenez vous de sa classe dans La Femme Infidèle de Chabrol), on a un moment rare d'émotion, d'intelligence, de simple et donc pur bonheur. On doit pouvoir récupérer cette réédition en podcast.
Je retiens particulièrement sa défense de Fürtwangler, son chef préféré avec Sergiu Celibidache. A ceux qui reprochent au grand chef allemand d'être resté en Allemagne sous le régime hitlérien, alors qu'un Toscanini avait quitté son pays pour New York, Michel Bouquet essaie de comprendre cette décision d'un homme totalement voué à la musique et surtout à la formation d'un orchestre unique, remarquable. Il le compare à un capitaine ne voulant pas, ne pouvant pas abandonner son navire et laisser ainsi orphelins des hommes qui avaient besoin de lui.
Certes, on peut gloser encore des livres et des livres et incendier ce chef unique, mais merci de ne pas oublier qu'il a fait beaucoup pour ses musiciens juifs et qu'à la réouverture du festival de Bayreuth après la guerre, il a dirigé la 9ème de Beethoven en diminuant volontairement la force de l'orchestre lors du dernier mouvement où il donne alors au choeur une importance, une puissance toute particulière, comme un appel à une paix alors improbable. J'aime cette explication de Michel Bouquet.
Un autre point intéressant sur Fürtwangler : d'après les témoignages de ses musiciens, lorsqu'ils répétaient, le Maître expliquait peu, pour ne pas dire pas du tout. Mais alors, comment faisait-il passer ses messages à son orchestre ? Réponse d'un musicien : on voyait alors qu'il souffrait; on arrêtait; on repartait.
Comme l'explique alors si bien Bouquet par sa voix absolument unique (qui me rappelle ses textes lus à la radio, dans les années 60 et 70 avec Stéphane Pizella ou Jean Topart), il voulait que les musiciens comprennent par eux-mêmes ce qu'il attendait d'eux. Magie de la communication silencieuse.
Pourquoi ce texte sur ce chef et cette émission ? Probablement en écho au très beau texte de Perrin sur ces chefs qui aimaient les Grisons et y ont laissé une empreinte encore palpable.
Pour revenir à l'attitude de Fürtwangler pendant la guerre, et, en toutes proportions gardées, je souhaite qu'on ait pour lui le même souci de compréhension qu'on a eu pour les fervents défenseurs du communisme comme Sartre et autres philosophes français passablement aveugles alors qu'un Raymond Aron affichait une lucidité exemplaire.
Bon : on va pas se fâcher sur ces sujets toujours délicats. Disons qu'à un certain moment, il faut savoir mettre une dose d'indulgence et accepter un autre éclairage que celui que nous offre le temps présent, forcément porteur d'éclairages cachés à l'époque où cela se passait.
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Mauss dit | Pour rester dans la musique, ce soir, mardi, retransmission du Faust de Gounod depuis les Chorégies d'Orange, par Michel Plasson, avec Roberto Alagna. |
Armand dit | Ah! la Castafiore! |
Juergen steinke dit | As someone who is born In Germany and with a deep study about German history at school I still wonder why so many Germans closed their eyes. |
Mauss dit | Dear Jürgen : maybe you did not get the surroundings of my comments : I was explaining the position, no, the feelings of Mr Michel Bouquet which, for as much as I know, did not look so stupid for me, especially the fact that the Maestro feels deeply in charge of his orchestra. |
Juergen steinke dit | Francois, |
Laurent dit | Mr Fürtwangler a été blanchi dans un procès de dénazification, il est bon de le rappeler. |






