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De tout et de rien, même pour les buveurs d'eau, les végétariens et les zwinglistes de gauche. Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste quand cela semble nécessaire. Mais toujours dans l'esprit de l'éthique internet, dans le respect d'autrui, sans haine, ni racisme, ni crétinerie avancée.

Fürtwangler, Michel Bouquet et Radio Classique

Lundi 4 Aout 2008, 19:20 GMT+2Par GjeCet article a été lu 797 fois

Si quelques atrabilaires soucieux de rester les seuls détenteurs de la connaissance musicale, accompagnés par quelques employés de France Musique adorant le bla-bla ésotérique, s'ils portent une petite haine aiguë contre les découpages en rondelles de Radio Classique, il n'en demeure pas moins que cette radio appartenant à Monsieur Bernard Arnaud reste une fréquence tout à fait fréquentable.

 

Radio Classique a une très belle émission où un homme public exprime ses idées sur la musique. C'est souvent remarquable, et, comme aujourd'hui, en ce moment, avec l'immense Michel Bouquet (souvenez vous de sa classe dans La Femme Infidèle de Chabrol), on a un moment rare d'émotion, d'intelligence, de simple et donc pur bonheur. On doit pouvoir récupérer cette réédition en podcast.

Je retiens particulièrement sa défense de Fürtwangler, son chef préféré avec Sergiu Celibidache. A ceux qui reprochent au grand chef allemand d'être resté en Allemagne sous le régime hitlérien, alors qu'un Toscanini avait quitté son pays pour New York, Michel Bouquet essaie de comprendre cette décision d'un homme totalement voué à la musique et surtout à la formation d'un orchestre unique, remarquable. Il le compare à un capitaine ne voulant pas, ne pouvant pas abandonner son navire et laisser ainsi orphelins des hommes qui avaient besoin de lui.

Certes, on peut gloser encore des livres et des livres et incendier ce chef unique, mais merci de ne pas oublier qu'il a fait beaucoup pour ses musiciens juifs et qu'à la réouverture du festival de Bayreuth après la guerre, il a dirigé la 9ème de Beethoven en diminuant volontairement la force de l'orchestre lors du dernier mouvement où il donne alors au choeur une importance, une puissance toute particulière, comme un appel à une paix alors improbable. J'aime cette explication de Michel Bouquet.

Un autre point intéressant sur Fürtwangler : d'après les témoignages de ses musiciens, lorsqu'ils répétaient, le Maître expliquait peu, pour ne pas dire pas du tout. Mais alors, comment faisait-il passer ses messages à son orchestre ? Réponse d'un musicien : on voyait alors qu'il souffrait; on arrêtait; on repartait.

Comme l'explique alors si bien Bouquet par sa voix absolument unique (qui me rappelle ses textes lus à la radio, dans les années 60 et 70 avec Stéphane Pizella ou Jean Topart), il voulait que les musiciens comprennent par eux-mêmes ce qu'il attendait d'eux. Magie de la communication silencieuse. 

Pourquoi ce texte sur ce chef et cette émission ? Probablement en écho au très beau texte de Perrin sur ces chefs qui aimaient les Grisons et y ont laissé une empreinte encore palpable. 

Pour revenir à l'attitude de Fürtwangler pendant la guerre, et, en toutes proportions gardées, je souhaite qu'on ait pour lui le même souci de compréhension qu'on a eu pour les fervents défenseurs du communisme comme Sartre et autres philosophes français passablement aveugles alors qu'un Raymond Aron affichait une lucidité exemplaire.

Bon : on va pas se fâcher sur ces sujets toujours délicats. Disons qu'à un certain moment, il faut savoir mettre une dose d'indulgence et accepter un autre éclairage que celui que nous offre le temps présent, forcément porteur d'éclairages cachés à l'époque où cela se passait. 

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Mauss dit

Pour rester dans la musique, ce soir, mardi, retransmission du Faust de Gounod depuis les Chorégies d'Orange, par Michel Plasson, avec Roberto Alagna.
Un grandiose Cavaillé-Coll en arrière plan qui nous annonce la scène finale frémissante.
Des choeurs à l'aise; cela bouge, cela valse, c'est beau.
Mais surtout, je ne peux m'empêcher de songer à nos anciens qui n'avaient ni télévision pour voir de tels spectacles et ni France-Musique qui retransmets en même temps en haute fidélité.
Quel immense progrès pour les amoureux de l'opéra ! Je pense à toutes ces personnes âgées qui ne peuvent plus bouger, ou aux alités dans les hôpitaux et qui peuvent trouver là une évasion de leurs soucis quotidiens.
Avec l'anesthésie, un des plus grands apports du XXème siècle !
Mais, au-dessus de tout, quelle belle musique nous a concocté Gounod ! On se prend à chanter les airs les plus connus avec les solistes.
Oui, je sais, j'ai encore quelques fausses notes !

Mardi 5 Aout 2008, 22:34 GMT+2 | Retour au début

Armand dit
Juergen steinke dit

As someone who is born In Germany and with a deep study about German history at school I still wonder why so many Germans closed their eyes.

Furtwängler was a wealthy man - if he stopped his career he wouldn´t have been in personal trouble. I understand that many less famous and successful people would have had serious problems if they didn´t cooperate with the Nazis. They had to make money for their own and for their families and they feared to end in a Konzentrationslager.

Furtwängler played the 9th Symphony of Beethoven for Hitler - what a grotesque situation. Especially this piece of music for this beast.

Sorry, Francois - I admire Furtwängler as a musician - but it must be said that he was one of the millions who lost their credibility due to too much cooperation with the Nazi regime.

Due to historic sience it is proofed that almost eberybody knew that the Nazis were criminals. Quiet everybody knew a victim of their crime - if he/she were a Jew, a Kommunist or Socialist, a Gay, a handicaped Person etc.

Who had eyes was able to see - too many closed their eyes. Furtwängler was one of them.

Mercredi 6 Aout 2008, 13:37 GMT+2 | Retour au début

Mauss dit

Dear Jürgen : maybe you did not get the surroundings of my comments : I was explaining the position, no, the feelings of Mr Michel Bouquet which, for as much as I know, did not look so stupid for me, especially the fact that the Maestro feels deeply in charge of his orchestra.

I do not know enough about the real history of the german population versus what was really happening to eliminate just like that the comments of Mr Bouquet.

I am sad if I have bring out this period of your country.

Every country has such bad pages in its history book, like Algeria for us in France.

Nevertheless : many get out in time like Toscanini, Fermi and so many scientists while some others, mabe not so conscient about what was happening, or simply because they did share the general opinion versus National-Socialism did decide to stay.

Maybe I am too indulgent.

Mercredi 6 Aout 2008, 19:04 GMT+2 | Retour au début

Juergen steinke dit

Francois,

no - sorry - it is probably my fault. It is something very emotional to me.

Willy Brandt - the great German Chancellor - wrote a book with the title: "We are not born as heroes".

I know that Furtwängler tried to help some musicians which had trouble with the Nazis. On the other hand he played for Goebbels and Hitler. They used his status for their propaganda. And I guess - as a sensitive person - he knew it.

Mercredi 6 Aout 2008, 23:16 GMT+2 | Retour au début

Mr Fürtwangler a été blanchi dans un procès de dénazification, il est bon de le rappeler.

A la fin d'un concert qu'il dirigeait, et ou le dictateur était présent, il a préféré lui tendre la main (et obliger Adolf Hitler à lui la serrer) plutôt que de faire le salut bras tendu, signe de sa soumission envers l'homme et son régime.

Mais il est aussi vrai que Toscanini est parti à l'étranger, Thomas Mann d'ailleurs aussi, mais combien d'autres se sont réellement perdus ?

Laurent

Jeudi 7 Aout 2008, 07:56 GMT+2 | Retour au début