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Bordeaux : échange fascinant avec un pro du négoce

Jeudi 26 Juin 2008, 16:57 GMT+2Par GjeCet article a été lu 315 fois

Dégustation à Haut-Brion ce jour avec un américain qui commence à être connu dans le monde bordelais : Jeff Leve.

Le cornak du jour est Monsieur Ivanhoé Johnston, de l'illustrissime maison de négoce Johnston. Grâce à ses relations privilégiées avec le Domaine Clarence Dillon, on sera ensuite invité à un déjeuner à La Mission Haut-Brion.

On trouvera sur mon post en anglais de rapides impressions de dégustation. Mais le sujet de ce post est différent.

Lors du déjeuner, nous abordons un moment l'histoire de l'évolution du style des bordeaux depuis les années 80. Si chacun s'accorde à dire qu'il y a eu d'immenses progrès globaux dans la région, on tombe rapidement d'accord sur le fait que cette évolution positive peut se résumer en un concept fondamental : un plus grand souci des maturités.

La question fondamentale devient alors : oui ou non, cette recherche des maturités en tout (sucre, phénolique, pépins, etc.) s'est-elle faite au détriment d'une certaine complexité qui caractérise si bien les grands crus des décennies 60 et 70 ?

Peut-on dire qu'apporter au cuvier des raisins plus mûrs en tout signifie engager des vinifications d'où ressortira une complexité moindre alors qu'apporter, dans le temps, des raisins moins mûrs, obligeait le vigneron à un travail bien plus délicat et compliqué pour obtenir un vin de référence lequel, par ce travail, devenait plus complexe, moins massif, moins simple que ce qui est apporté par une vinification actuelle plus simple, peut-être plus technique ou plus facile ?

Il me semble que voilà une question fondamentale et comme on peut pressentir un retour du balancier vers des vins plus fins, plus complexes, quitte à être moins riches, on devrait retrouver un meilleur équilibre entre les vins dits "de concours" et les vins dits "pour la table".

Allons plus loin : on entendra prochainement des voix de plus en plus fortes qui affirmeront que, définitivement, 2003 est un millésime extraordinaire, dans le sens premier du mot : qui sort de l'ordinaire bordelais, du style "classique" bordelais.

Amateurs : allez y : cherchez vite les meilleurs crus de 2001, de 2002, de 2004 : vous verrez : ils vous étonneront plus tard quand on sera fatigué des vins puissants, trop riches, trop tout.

La Bourgogne l'a compris. Certains au Piémont commencent à le comprendre. Un balancier est fait pour bouger : ça y est : il repart dans l'autre sens : celui de la finesse, du fruit, de la complexité.

 jardin

Le jardin intérieur à La Mission Haut-Brion 

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