Une verticale de Bâtard-Montrachet chez Pharamond
Jean Emmanuel Simond, importateur parisien de quelques très grands noms transalpins comme Giaccomo Conterno, Sandrone, Voerzio, Case Basse, ColleMassari, est un passionné des grands vins bourguignons.
Ancien de Sciences Po, il a réuni hier soir au restaurant Pharamond (24 rue de la Grande Truanderie, 75001 Paris (métro Etienne Marcel) une douzaine de jeunes gamins, déjà bien en poste ici et là après des études qu'on qualifiera de (très) fructueuses.
Invité avec Bernard Burtschy, en très grande forme, le sujet du jour était donc une verticale de Bâtard-Montrachet du Domaine Leflaive.
On connaît Anne-Claude Leflaive, femme de tête s'il en est, douée d'un charisme assez exceptionnel, qui applique sur le domaine familial les principes de la biodynamie lesquels, régulièrement, lui coûtent bonbon.
Mais loin de céder devant les difficultés, Anne Claude Leflaive fait partie de ces gens qui se solidifient chaque fois un peu plus quand l'adversité manifeste ses courroux. Etonnant de voir ce subtil mélange de modestie et de force vibrante.
Les vins étaient servis dans un désordre sympathique, avec 14 millésimes allant de 1985 à 2005.
Grâce à Bernard Burtschy, nous avons appris pas mal de choses sur l'évolution des vins en conjonction avec le développement sur le domaine de la biodynamie, et sous la houlette de Pierre Morey, parti récemment à la retraite.
Si je résume cette biodynamie, c'est l'application d'un principe fondamental : laisser se développer naturellement tout le vivant autour et dans la vigne de façon à ce qu'elle apprenne, au cours des années, comment se défendre seule (ou avec des traitements homéopathiques) contre les multiples agressions naturelles qu'elle peut connaître. Il y a certes beaucoup d'empirisme comme le note aussi Bizeul dans ses 3 papiers sur le sujet, mais le résultat est là, patent dans le millésime 1997 qui, chez Leflaive, revêt une finesse et une fraîcheur assez exceptionnelle.
Mon grand vainqueur du jour était le 1993, simplement somptueux, avec ce velouté si particulier des grands crus de Puligny et Chassagne et développant une longueur exquise à souhait. Un très, très grand millésime chez Leflaive.
Dans un style plus tendu, avec une nervosité époustouflante, le 2004 a obtenu pas mal de suffrages. Puissant à souhait, complexe et équilibré, là encore une très grande réussite.
Le plus étonnant de la soirée : le 1986 qui je plaçai 10 ans plus jeune. Fantastique de fraîcheur et de jeunesse : à se demander comment il peut être ainsi ! Bernard nous explique qu'il y a une acidité tout à fait particulière qui a permis au cru de garder cette jeune fraîcheur aussi longtemps. Quand on dégustait à côté le 85, le jour et la nuit ! Celui qui dit à l'aveugle qu'il n'y a qu'un an de différence, chapeau !
Beau mentholé dans le 2000. Belle rigueur classique dans le 2001. Finesse magnifique du 1998. Aucune oxydation dans le 1997, là où tant de domaines renommés ont fort à partie avec leur clientèle américaine sur des problèmes d'oxydation prématurée.
Tout grand 1999.
Bref, une soirée de belle allure et Pharamond, un restaurant pétri d'Histoire repris par un jeune entrepreneur qui fera parler de lui, nous a concocté une cuisine simple, mais d'une qualité sans faille : un magnifique carpaccio de veau généreux, comme en Italie, et un tronçon de turbot grillé cuit à la perfection, et là encore d'une taille généreuse.
Une belle maison, classée aux Monuments Historiques, qui développe une magie dans ses velours rouges, ses petits salons, son bar et sa terrasse.

Une série assez rare, avec quelques chefs d'oeuvre

Un Bernard Burtschy en forme exceptionnelle et notre hôte, Jean Emmanuel Simond, debout

24, rue de la Grande Truanderie, métro Etienne Marcel : mérite votre visite.
Superbe cave de liquoreux.
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Laurentg dit | J'ai en effet bu 2 fois l'immense Bâtard 1999, assez prodigieux ... |
Herwig janssen dit | Et le 1992 , Francois , il y etait aussi ? Pour moi , le plus grand millesime de Batard de chez Leflaive. |
Mauss dit | Non, on n'avait pas le 92 dont le flagship, pour ma pomme, reste l'extraordinaire Montrachet de Lafon. |






