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De tout et de rien, même pour les buveurs d'eau, les végétariens et les zwinglistes de gauche. Du vin en général, de la gastronomie souvent, et du reste quand cela semble nécessaire. Mais toujours dans l'esprit de l'éthique internet, dans le respect d'autrui, sans haine, ni racisme, ni crétinerie avancée.

Il est des moments rares dans la vie

Samedi 10 Mai 2008, 09:51 GMT+2Par GjeCet article a été lu 25 fois

Hier soir, superbe soirée à La Pergola, le restaurant de Heinz Beck (*** michelin) au sommet de l'hôtel Cavalieri Hilton, lui-même au sommet d'une colline dominant Rome et le Vatican.

Cet endroit est incontestablement l'un des plus beaux points de vue sur la ville éternelle. La journée était ensoleillée, chaude sans excès, et la lumière du soir avait cette couleur magique qui requiert la langue perrienne pour être correctement décrite. 

Le menu avait été composé avec soin par le chef, et Marco Reitano, le sommelier-chef, avait sélectionné quelques crus en parfaite adéquation avec le menu :

Thon cru à l'amarante et artichauts lyophilisés

Cylindre de langoustines à l'huile d'olive saupoudrée et vinaigrette au tapioca

Maccheroncini al ferretto aux écrevisses rouges,

coulis d'aubergines fumées et croûtons

Millefeuille de calamars, petits pois et légumes de printemps

Grondin sur purée de pois chiches et croûte au jambon de Patanegra

Filet d'épaule de cochon de lait ibérique au réglisse,

accompagné de purée de pommes de terre aux herbes et sauce d'olives Taggiasca

 

Vins choisis par Marco Reitano

Giulio Ferrari Riserva del Fondatore 1997 (100% chardonnay)

Soave Classico La Rocca 1993 de Pieropan

Sauvignon 2006 de Rosa Bosco

Barolo Riserva 1961 de Borgogno

Amarone 2001 de Dal Forno

Scaccomatto 2004 de Fattoria Zerbina

Comment dire ? Simplement, amplement, ce menu, ces vins valaient ce soir là quatre étoiles. Simone, le Maître d'hôtel, et tout le personnel composait un ballet absolument parfait, avec cette élégance italienne à nulle autre pareille.

Heinz Beck traverse une période de forte création et gageons que plusieurs de ses idées vont vite être copiées ici et là, ne serait-ce que sa collection de 22 sels différents en provenance du monde entier, dont un extraordinaire sel noir, légèrement fumé qui a emporté l'adhésion enthousiaste de tous les convives.

Les portions étaient parfaites; les plats se suivaient sans aucune attente pianistique; l'eau minérale - Lazio, (Aqua di Nepi) - renvoie aimablement aux oubliettes toutes les autres, effervescentes ou pas. Et si les fromages étaient un peu violents malgré la rondeur de l'Amarone de Dal Forno, les desserts assuraient une fin de repas en point d'orgue idéal.

 sels1

Quelques sels

 

sels2 

D'autres sels

 

thon

Une version de thon cru qu'apprécierait certainement le grand Maître Mizutani

 

oil

Cylindre de langoustines (les granulés blancs sont de l'huile d'olive !) : simplement géant

 

grondin

Grondin sur purée de pois chiche

 

porc2

Filet d'épaule de cochon de lait ibérique (36 H de cuisson à 62°)

 

vins beck

Barolo de référence, Pieropan émouvant, Sauvignon éblouissant,

Amarone aristocrate, et Scaccomatto très pur

sans oublier la cuvée Giulio 97 de Ferrari

 

amis

Un grand, très grand Chef et en sus, une définition de la modestie !

 

Que l'on me comprenne bien : rien ne peut garantir à quiconque qu'il retrouvera cette même perfection d'un dîner de référence, en cette soirée magique où tout a concouru à l'excellence. Vous y serez peut-être un jour maussade, où quelques plats ne vous seront pas satisfaisants, où quelques vins n'auront pas grâce en votre palais. Vous y connaîtrez peut-être au contraire un enthousiasme encore plus grand que le nôtre.

Mais, à coup sûr, à Rome, c'est l'adresse absolue pour une cuisine de classe créative, goûteuse, magnifique et surtout parfaitement équilibrée. 

 

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Cet article a été commenté 2 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Jacques Perrin dit

Quel menu ! Je constate que Heinz Beck tient une forme olympique et que les mères ont été, pour une fois, de la fête ! Oh là là comme le Frantzle se tient droit ! Mais, diable, pourquoi autant de sels différents ? N'est-ce pas un peu gadget ?

Lundi 12 Mai 2008, 22:40 GMT+2 | Retour au début

mauss répond

Jacques :

Sa collection de 22 sels dont un rarissime sel noir et un sel "fumé" (mais extrêmement délicat) sans oublier un sel étonnant de Bolivie, est présentée en gnama-gnama lors de la dégustation d'huile d'olive dans de petites assiettes en pente faites spécialement par Bernardeau : on la voit sur la première photo.

Oui, la soirée était un moment rare et, pour une fois, on a atteint un sommet à ce jour - pour moi - inégalé avec le repas fait il y a deux ans chez Michel Troisgros.

Heinz Beck est un chef étonnant : par exemple, il sert un poisson qu'il voulait légèrement fumé. Du coup; il "invente" une purée délicate de poivrons, mais ce sont les poivrons qu'il a fumés afin de ne pas trop marquer le poisson.

Bref, tout à l'avenant. Aucune copie de personne pour la simple et bonne raison que Heinz ne va jamais pêcher des idées chez les autres.

De préférence y aller avant de passer au Vatican pour confesser ses péchés de gourmandise.

Je tiens à ta disposition les heures d'ouverture du confessional qui comprend la langue romande.

Best

Mardi 13 Mai 2008, 17:20 GMT+2 | Retour au début