Un précurseur qu'il faudrait réactiver
Hier soir, dîner chez Fulvio Pierangelini, au Gambero Rosso, restaurant particulièrement apprécié des guides italiens qui se trouve en bord de mer, à San Vincenzo, pas loin de Bolgheri.
Le chef parle un français impeccable. la cuisine est pointue (cuisson parfaite du homard, du pigeon, de l'agneau local), avec naturellement, comme il se doit ici, des crustacés et poissons de première fraîcheur. Sa version des ravioli à la zucca, sans l'égaler, est assez proche de la référence absolue : celle de Nadia Santini au Dal Pescatore.
Mais ce qui est exceptionnel, c'est la carte des vins. On trouve ici des dizaines et des dizaines de très beaux noms, dans de bons millésimes, à un maximum de 2 fois la valeur d'achat (bien inférieure, dans beaucoup de cas, à la valeur actuelle du marché, telle qu'on peut la trouver sur le site winesearcher.com).
Une telle honnêteté se doit d'être soulignée. Il est hélas trop fréquent de trouver des vins auxquels on a appliqué un coefficient multiplicateur de 5 et plus !
Certes, Sassicaia 85 (qui existe aussi en magnum) se vend à € 1600 la bouteille, mais le très intéressant Granato d'Elisabetta Foradori est à moins de € 40. Les Clos Sainte Hune (une belle série de millésimes) naviguent entre € 140 et € 180. Même en Alsace, cela doit être difficile à trouver à ce prix, non ?

Et on en vient donc au titre de ce post : il n'est que temps, pour les amateurs, de ressortir un Guide des restaurants, mais sous l'angle de l'amateur de vins, comme l'avait fait si bien Bernard Burtschy avec le Guide Malesan.
L'oenophile aura toujours tendance à faire ses choix de restaurants en fonction des opportunités - et des prix - des grands vins en restauration. J'ai ainsi le souvenir d'avoir entendu le nom de "La Mère Germaine" à Châteauneuf du Pape ou du célébrissime La Beaugravière à Mondragon comme des endroits de pélerinage pour tout amateur des grands rhônes chers à Mr Parker qui leur a servi une notoriété mondiale sur un plat d'or !
Le Guide Malesan était particulièrement bien fait : il y avait la mention de quelques crus qui cumulaient des prix plus qu'avantageux, à des crus de référence dans des millésimes ouverts. Comme, dans les belles maisons, la carte des vins occupe souvent des cahiers entiers, voire des livres, et que rien n'est plus agaçant que de faire attendre ses hôtes en lisant seul des pages et des pages de références, pouvoir bénéficier d'informations cruciales avant de réserver, quitte à se faire confirmer les disponibilités par email, voilà qui serait un progrès réel.
Trouvera t'on un heureux Partenaire pour financer un tel Guide et le promouvoir ?
On a le droit d'espérer : merci d'en parler à vos oncles d'amérique : on n'est pas sectaire : on acceptera même ceux des USA, la tradition voulant qu'on pensât plus (Jacques : c'est OK en français ?) aux oncles d'Argentine partis garder des moutons avant de revenir au pays basque avec cadillac décapotable !
Rêvons même un peu plus : pourquoi ne pas envisager un ouvrage collectif où les amateurs perspicaces que nous sommes saisiront, au fur et à mesure de nos expériences, les infos de base sur un tableau excel© ?
Nom du restaurant (avec adresse complète, jour de fermeture)
Nom du cru (et propriétaire ou domaine)
Millésime
Prix.
On concentre tout cela à une adresse sur une base trimestrielle, et hop, un résumé par copier-coller et, soyons en certain, au bout d'un an déjà, on aura une base de données particulièrement utile.
D'autres idées ou remarques ?
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Jacques Perrin dit | François Mauss, c'est "Monsieur une idée par jour"... Rien ne l'arrête, un vrai laboratoire du futur monté sur roues. Une idée à suivre. Mais qu'est-ce que je suis marri que ce Gambero Rosso n'ait plus tout à fait le feu sacré. A propos de feu sacré, François, ce serait bien de mettre en bas de page les références exactes du restaurant visité. Bon, je file deux jours, me mettre au vert, chez Régis Marcon ! |
mauss répond | Ouaips : merci Maître ! |






