Primeurs 2007 (7) : Vive les seconds !? et quelques autres
Mardi 1 Avril 2008, 21:30 GMT+2Par GjeCet article a été lu 599 fois
L'affaire se confirme : les seconds vins des premiers s'annoncent de très beaux produits.
Certes, les prix que certains d'entre eux ont atteint dans ces dernières années de folie, les mettent souvent au niveau de plus d'un cru classé, si ce n'est au-dessus. Mais reviendra t'on vers plus de sagesse ?
Les propriétaires particulièrement gâtés par la rareté de leurs vins - et donc leur valeur luxueuse - vont peut-être donner quelques gages de bonne foi bacchique en offrant ces seconds à des prix acceptables ?
Les sceptiques diront : rien n'est moins sûr. Qu'on me laisse le droit d'espérer ou à tout le moins de rêver.
Le fait est là : de Chapelle d'Ausone à Les Forts de Latour en passant par Les Carruades, le Clarence (ancien Bahans de Haut-Brion), on a là des vins véritablement optimisés pour un plaisir réel qui devrait s'épanouir dans les 5 à 7 ans à venir.
Le ponpon de la haute couture dans ce domaine revient incontestablement au Petit Mouton qui est simplement fabuleux de fraîcheur, d'équilibre, avec aucun creux nulle part, plein d'allant, de l'allégresse à revendre, manifestement un vin "solution" bien loin des vins "problèmes". Que c'est beau et bon !
Il y en a encore beaucoup d'autres à déguster : que ce soit à Palmer avec l'Alter Ego ou à LLC avec le Clos du Marquis qui, en fait, est un autre vin plutôt qu'un second vin.
Pavillon Rouge, bien campé dans un style "margaux" qu'on peut reconnaître (suavité, finesse et rondeur) est un poil en-dessous de Petit Mouton et Les Forts de Latour… comme Margaux est un cran en-dessous de Latour (magique) et de Mouton (my best of the day).
La découverte du jour est Pichon Comtesse de Lalande. Là, on tient un gagnant, un vin parfait dans ce millésime difficile, marqué par tant de vins secs, maigres, avec des points de verdeur décevants. Pichon Comtesse 2007 a une aisance immédiate. Le nez est net, fruité, précis. La bouche se développe dans une parfaite harmonie, pleine de douceur, bien portée par un boisé magique car presque imperceptible, et la finale se déroule non pas avec la majesté d'un Latour, mais avec la coquinerie d'une demoiselle d'honneur presqu'aussi belle que la mariée. Assez le pendant en rive gauche du style qu'on retrouve en rive droite à Ausone : c'est dire !
Vous l'avez compris : étant plus à classer dans les analystes impulsifs que dans les découpeurs de cheveux en 4, j'ai adoré ce cru.
Par contre, à l'aveugle, je l'aurai mis en Saint-Julien alors que Latour est sans problème une définition parfaite de ce qu'on attend d'un Pauillac.
Voilà donc le beau binôme du jour : Pichon Comtesse et Petit-Mouton.
N'ayant point été à Lafite, les Membres du GJE qui y sont passés m'en ont dit grand bien, à mettre entre Latour et Mouton mais là encore avec un Carruades de très haut niveau.
Par contre, j'ai entendu de belles déceptions sur Pontet-Canet et pas mal de vins qui étaient à déguster dans cette grande propriété de Mr Alfred Tesseron : va falloir y retourner pour un deuxième avis.
Sur la route, le matin arrêt dans le village de Margaux aux bureaux de Jean Guyon où, outre ses propres vins, on trouvait quelques autres producteurs comme un bon Domaine de Courteillac, les deux vins de John Kolasa (Canon et Rauzan-Ségla, bien dans le style précis de l'homme), un rigoureux Domaine de Chevalier, et le boisé certain de Lascombes.
Si je dis que j'ai apprécié Rollan de By, Haut-Condissas pour leur grande honnêteté dans cette année où les merlots n'ont pas été faciles, on va me reprocher d'être ami avec Jean Guyon. Bof, peu me chaud, émettre une opinion inverse serait mentir. Le temps le prouvera sans problème.

Le sublime chais de 100 mètres de Mouton : ce fut une première en bordelais : le Baron était un cas !

Quel beau château ! Suffit-il à valider le chèque signé par la famille Rouzeaud ? Oh, que oui !

Ces Membres du GJE ont bien travaillé ce jour et Markus del Monego n'avait pas fini sa journée !
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