Primeurs 2007 (6) : Domaine Clarence Dillon
Mardi 1 Avril 2008, 08:47 GMT+2Par GjeCet article a été lu 295 fois
Quelques mots sur les vins du Domaine Clarence Dillon : La Mission Haut-Brion et Haut-Brion, avec les seconds vins : La Chapelle de La Mission Haut-Brion et Le Clarence de Haut-Brion (nouveau nom, car l'ancien, Bahans Haut-Brion était assez difficile à prononcer dans plusieurs langues étrangères. Mais il y avait - dans le temps - un véritable château qui s'appelait Bahans, maintenant ce sont des vignes).
Sans oublier les blancs : Laville Haut-Brion et Haut-Brion blanc.
Première impression sensible : par rapport aux autres années, on a deux changements sensibles : le taux d'alcool est plus bas, et les proportions de cabernets plus fortes.
Le taux d'alcool plus bas va faire froncer les sourcils à ceux qui aiment les vins puissants, riches, voluptueux. La moindre proportion des merlots (dont on n'était pas satisfait en matière de maturation et d'évolution phénolique) réduit également ce côté rond et souple qui dominait les années précédentes. Bref, on revient à un grand classique qui n'éclatera dans aucun rapport mais dont je parie, qu'avec le temps, et grâce à ce terroir unique qui ne se révèle qu'au bout de dix ans, il apportera de belles surprises.
Certes, il n'est pas sûr qu'il évoluera comme le 1962 (après tout, une belle année) qu'on a dégusté récemment, mais si les célébrissimes arômes de fumée de ce terroir unique de graves se développent, ce sera bon et gourmand. Bien sûr, le prix ne risque pas de beaucoup baisser tant la demande de ce produit de luxe le classe dans une catégorie à part avec 9 autres noms du Bordelais.
On peut dire la même chose pour La Misson Haut-Brion, à peu de choses près.
Ce qui est intéressant, - et Jacques Perrin a noté cela à Ausone - c'est le niveau des seconds vins : vraiment beau pour ce millésime. Une explication, d'ailleurs commune à tous les grands : avec les prix qu'ont atteint les premiers,il devient urgent d'apporter aux amateurs quelque chose en plus que ne peuvent apporter les autres vins. Ici, c'est 36 % de la récolte qui est partie dans un troisième vin. On voit le sacrifice.
On reviendra sur cette évolution des premiers avec des notes sur l'interview de Pierre Lurton à Yquem.
Maintenant, la toute bonne nouvelle : les blancs sont simplement sublimes, particulièrement le Haut-Brion blanc. Certes, on est là encore loin de la puissance voluptueuse des derniers millésimes, mais , mama mia ! , quelle palette aromatique, et cette fraîcheur fabuleuse en fin d'une bouche longue à souhait : un petit chef d'oeuvre ! Un pur bonheur que de plonger son appendice nasal dans ce verre aux couleurs chatoyantes. Véritablement une révélation. Voilà un cru qui va naviguer, chez les grands pros de la dégustation, à plus de 95 points, ou alors, je perds mon latin !

Ce château est la référence absolue dans l'organisation des dégustations "primeurs". Impeccable et hyper pro.

François Rosenfeld et Christian Roger, deux Membres du GJE
Lire d'autres articles de la rubrique






